L'épidémie de grippe A recule aux Etats-Unis

Nouvel-Obs. 1er décembre 2009

Le taux d'infection aux virus de type H1N1 reste important, mais les mutations seraient sensibles aux antiviraux, selon le CDC, qui rappelle que l'épidémie a fait 3.900 morts depuis avril alors que la grippe saisonnière tue 36.000 Américains chaque année.

Le Dr Richard Besser, qui dirige les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis (Reuters)

Le Dr Richard Besser, qui dirige les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis (Reuters)

Le recul de l'infection par le virus de la grippe H1N1 se poursuit aux Etats-Unis pour la quatrième semaine consécutive et ce après un mois de forte augmentation, selon les dernières statistiques fédérales publiées lundi 30 novembre.
Malgré ce recul du taux d'infection dans l'ensemble du pays, le nombre de visites chez le médecin liées à des infections grippales H1N1 reste encore élevé, soulignent les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans leur dernier bulletin portant sur la semaine du 15 au 21 novembre.

"Tous ces virus restent sensibles aux antiviraux"


Durant cette période, 32 Etats ont fait part d'un nombre étendu de cas d'infection comparativement à 43 Etats pendant la semaine précédente et 48 en octobre, précisent les CDC.
Le taux de mortalité pédiatrique (moins de 18 ans) ayant résulté de la grippe H1N1 est resté élevé pendant la semaine du 15 au 21 novembre avec 27 nouveaux décès confirmés par les laboratoires, portant le total à 198 depuis l'émergence de ce nouveau pathogène en avril aux Etats-Unis.
Les hospitalisations dues au virus H1N1 ont continué à être nombreuses durant cette même semaine avec le taux le plus élevé chez les enfants de la naissance à quatre ans.
"Presque tous les virus H1N1 analysés jusqu'à maintenant continuent à être identiques à la souche (A) H1N1 identifiée en avril" et "tous ces virus restent sensibles aux antiviraux oseltamivir (Tamiflu) et zanamivir (Relenza) à de rares exceptions", écrivent les CDC sur leur site, ne mentionnant aucun cas de mutation du virus.
Deux premiers cas de mutations du virus grippal H1N1, identiques à celles signalées auparavant en Norvège, ont été identifiés en France la semaine passée chez des patients qui sont décédés. Mais les autorités sanitaires ont assuré n'avoir pas observé pour le moment de signe de propagation de ce virus mutant.

L'apogée de l'épidémie atteinte ?


Malgré le recul des infections durant quatre semaines consécutives, les CDC n'évoquent pas pour autant la possibilité que la pandémie puisse avoir atteint son apogée. Le Dr Anne Schuchat, directrice du centre national d'immunisation aux CDC avait récemment dit lors d'un point de presse qu'il était "impossible de prédire ce qui va se passer au cours des prochaines semaines ou des mois à venir et si ce déclin va persister" notant que "lors des épidémies de grippe saisonnières précédentes on a observé parfois de multiples augmentations et reculs du nombre de cas".
Elle avait aussi rappelé que lors de la pandémie de grippe de 1957, une seconde vague d'infections s'était produite après le 1er janvier avec une mortalité importante.
De ce fait, "nous pourrions encore avoir des semaines et des mois avec de nombreux cas de grippe (H1N1) devant nous", avait-elle mis en garde.


3.900 décès depuis avril


Concernant le nombre de décès, les CDC expliquent que le nombre confirmé par les analyses de laboratoire dans le pays sous-estime très largement la réalité.
Les CDC avaient publié il y a quelques semaines des estimations basées sur un modèle informatique donnant une idée plus exacte de la mortalité provoquée par ce virus à savoir quelque 3.900 décès dont ceux de 540 enfants depuis l'apparition du nouveau pathogène en avril et ce jusqu'à la fin octobre.
A titre de comparaison la grippe saisonnière tue 36.000 Américains chaque année.

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