L’Hadopi n’est qu’un cheval de Troie ! Demain, Big Brother sera là ! Source : Agoravox.

Ce n’est curieusement pas la mesure la plus décriée du projet de loi, mais le spyware que les internautes devront installer sur leur PC pour s’exonérer des foudres de l’HADOPI est un pied dans la porte (et dans l’ordinateur) que place le gouvernement en direction d’une surveillance automatisée des données personnelles de tous ses citoyens.

C’est le fantasme de tout gouvernement totalitaire et même la tentation de tout gouvernement démocratique : pouvoir à chaque instant tout savoir de ses citoyens, connaître ses opposants et leurs projets, pouvoir devancer leurs actions, détenir leurs petits secrets pour les réduire au silence…
 
28 avril 2009
Même le gouvernement chinois, peu connu pour s’embarrasser du respect des individus, n’est jamais allé jusque là… mais la France est bel et bien en train de poser le premier jalon. La loi « Création et Internet », dite HADOPI, sous couvert de protéger les artistes et les ayants droit, préconise l’installation volontaire par les internautes d’un spyware officiel, destiné à surveiller leur connexion Internet et leur permettre de démontrer qu’elle n’est pas utilisée pour télécharger illégalement.
 
De ce spyware, on sait peu de chose, sinon qu’il devra être actif en permanence et communiquer avec les serveurs de l’HADOPI pour protéger l’internaute des foudres automatisées de la loi. Comme il semble fort improbable que son code soit ouvert, qui connaîtra au juste l’étendue de la surveillance à laquelle il procède ? Qu’est-ce qui l’empêchera en effet de scanner tous vos fichiers, vos mails, vos correspondants, les sites que vous consultez, vos photos, vos vidéos, vos fichiers cachés, d’activer votre webcam ou le micro intégré de votre portable… Absolument rien ! Qu’est-ce qui l’empêchera d’intercepter, d’effacer, de modifier ou de retransmettre vos données ? Absolument rien non plus ! Bien sûr, il y aura les assauts de bons sentiments d’un gouvernement qui jure déjà n’avoir strictement que le seul intérêt des artistes en tête et la création. Mais quoi de plus et surtout quoi de concret ?
 
Et demain, lorsque ce même gouvernement proposera d’étendre les fonctions du spyware à la détection d’images pédophiles, aux indices de complot terroriste, qui osera se dresser pour s’y opposer ? Et après-demain ? Le gouvernement nous tiendra-t-il informé du contenu des évolutions du logiciel alors qu’il refuse ne serait-ce que d’indiquer la liste des sites interdits (imité en cela par d’autres gouvernements occidentaux) ? Il y a d’ores et déjà des précédents de sites censurés… dont le seul tort était de donner la liste des sites censurés.
 
Et quant à ceux qui refuseraient d’installer ce spyware ? Outre que l’HADOPI ciblera ses attaques sur eux pour les « convaincre », au risque de les priver de connexion Internet, ils pourront faire l’objet d’une surveillance plus ciblée de leur trafic Internet, donc plus efficace et moins coûteuse.
 
À tout le moins, on ne pourra pas reprocher à ce gouvernement d’avoir avancé à couvert : Nicolas Sarkozy ne cache pas son souhait de mettre en place un filtrage du net, hors contrôle judiciaire précise-t-il. Et puisqu’on lui serine que le filtrage par les FAI est facilement contournable, voilà bien l’argument qui lui permettra de justifier le filtrage dès l’utilisateur !
 
Déjà il y a 18 mois, l’auteur relevait le risque de dérive sécuritaire, après un fait divers pédophile sordide. Il est vrai que ce type d’argument fait mouche à tout coup dans l’opinion, qu’il faut un caractère solidement trempé pour oser se dresser contre. C’est l’impossible mais nécessaire opposition.
 
Alors tandis qu’on s’étrille sur la nécessité très discutable de protéger les artistes et les ayants droit, sur les multiples bonnes raisons de rejeter cette loi, dont l’inconstitutionnalité, le véritable objectif de cette loi échappe à la plupart d’entre nous. C’est bien notre liberté d’expression, et même notre liberté tout court, qui se trouve menacées à court terme. Le risque est très réel que la loi HADOPI soit votée ce 29 avril. Dès lors, le spyware sera rapidement disponible (sans doute déjà en version bêta dans un laboratoire officiel).
 
En guise de conclusion, il semble pertinent de vous révéler qu’une base de données gigantesque, légale, répertoriant vos mails, vos documents, vos rendez-vous, vos déplacements, vos images, vos recherches Internet, la photo de votre domicile, vos mots de passes reçus par mail, … existe d’ores et déjà. Son contenu fait rêver les sites de renseignements du monde entier. Son nom ? Google !
 
 
N’hésitez pas à contacter votre député pour lui faire part de vos inquiétudes et de votre vigilance quant à son vote !!

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