L’hommage du vice à la vertu

Plume de Presse. 23 juillet par Olivier Bonnet


mg"Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière", écrivait à ses hommes le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, le 29 mai 1968. Jolie phrase du jour. L’homme est décédé le 16 juillet dernier et les hommages pleuvent de la part des sarkozystes, à commencer par le président lui-même, qui le décrit comme "Passionnément républicain, profondément humaniste et admirablement tolérant" et ajoute : "Grâce à son action et malgré la complexité des événements, les opérations de maintien de l’ordre dans la capitale ont été menées à bien sans drame". Quant à l’actuel ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, il a fait part de sa "grande tristesse", ajoutant que Grimaud a "servi la France avec honneur, rigueur et sens de l’Etat", louant son "sang-froid exemplaire" en mai 68, qui lui a permis d’ "éviter toute issue tragique", grâce à "sa capacité de dialogue et de concertation". Tout cela est bel et bon. Seulement voilà : on attend toujours que le "premier flic de France" s’exprime sur l’affaire Joachim Gatti, comme sur les quatre précédentes qui ont vu des jeunes gens perdre un œil à la suite d’une malencontreuse rencontre avec les forces de police. Pour Hortefeux, faire preuve de "capacité de dialogue et de concertation", comme il en adresse le compliment à Grimaud, est-ce viser la tête à bout portant au flashball sans sommation ? Parce qu’en l’état, faute de volonté de tenir davantage ses troupes et de combattre le sentiment d’impunité qui autorise toutes les bavures, l’hommage de Sarkozy et Hortefeux au préfet défunt ressemble à celui du vice à la vertu.

 

Commentaires

  • PHILIPPON Gérard
    • 1. PHILIPPON Gérard Le 01/08/2009
    c'est bien vu...
    pour tout le reste: bravo!!
    "pourvou que ça doure"

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