L’université d’Harvard démontre que le P2P serait bénéfique à la création artistique

Source : Agoravox. par Pierre Jean Duvivier (son site) lundi 22 juin 2009

L’Harvard Business School a publié un essai qui démontrerait que le P2P est largement bénéfique à la création artistique dans le monde et que le piratage a globalement un impact positif sur la variété et le nombre d’albums vendus. Cette étude produite par une des plus prestigieuses universités au monde vient largement écorner le mythe du P2P qui porte préjudice. Notons que les maisons de disque n’ont, elles, réussies à produire aucune étude démontrant le lien de causalité entre téléchargements et pertes supposées de revenus. Au contraire l’université de Rennes [1] en France avait sorti une étude cette année démontrant que les « p2peurs » étaient les plus gros acheteurs de bien culturels.

C’est encore la Ligue ODEBI [2] qui vient de dénicher cette étude confidentielle au sein de la prestigieuse université américaine. L’étude est librement accessible sur le site de Harvard à cette adresse : Etude sur le P2P de Harvard.
 
Elle a été dirigée par deux professeurs de l’université de Harvard et l’université du Kansas aux Etats-Unis.
 
Ce n’est pour l’instant qu’un "working paper" c’est à dire un essai avant une étude plus approfondie.
 
Le nombre d’albums commerciaux et de films a explosé entre 2002 et 2007
 
" Since 2000, the annual release of new music albums has more than doubled, and worldwide feature film production is up by more than 30% ".
 
Les deux professeurs scannent l’argumentaire des majors qui prétendent que les années P2P ont contribué à un appauvrissement des artistes et surtout à une baisse du nombre d’albums produits.
 
Malheureusement pour eux, depuis 2000, le nombre d’albums sortis dans le monde a doublé et la production de film a progressé, elle, de plus de 30 %.
 
En d’autre terme, les années 2002-2007 qui correspondent aux années de progression du P2P, ont vu une augmentation substantielle du nombre d’albums ou de films produits donc de la variété offerte au public.
 
S’il y a crise dans le secteur c’est due certainement à une mauvaise gestion et de mauvais choix manageriaux ; les internautes ont bon dos.....
Les chansons payées ne sont pas écoutées dans la majorité des cas.
 
L’étude s’attarde aussi sur les comportements des utilisateurs et la logique rétributive derrière liée.
... To appreciate the impact of file sharing, we first need to know whether the technology did in fact reduce the profitability of creating, marketing, and distributing new works...."
 
Pour apprécier l’impact des échanges P2P, il faut déterminer comment les technologies ont un impact négatif sur la capacité à créer et à distribuer de nouveaux travaux.
 
Nous savons que des millions d’internautes téléchargent...en regardant ce qu’ils ont téléchargé, nous pourrons peut-être en déduire le préjudice subit.
 
Hors sur un panel de 5600 consommateurs de Itunes "payant" disposés à partager leur listing Ipod, nous notons qu’ils ont en moyenne 3500 chansons téléchargées et parmi celle-ci seules 36% ont été écouté au moins une fois ce qui veut dire qu’ils ont payé "trop" pour 64 % des musiques achetées. 
 
Hardard en conclut qu’il serait simpliste de vouloir lier la demande en titre sur les réseaux P2P au préjudice éventuelle, et non prouvée, subit par l’industrie du disque

".. , there is no doubt that trade groups such as the Business Software Alliance vastly exaggerate the impact of file sharing on industry profitability when they treat every pirated copy as a lost sale
(Economist, 2005). The demand for titles is not completely price inelastic......
"
 
Ce qui signifie que lors des procès actuellement intenté en France, le fait de dire "j’ai téléchargé 10.000 morceaux donc j’ai évité de payer 10.000 morceaux" n’est pas tenable intellectuellement. Sur ces 10.000 morceaux peut-être que 36 % auraient été, selon l’étude d’harvard, réellement payés....et encore.
 
J’achéte un album car un morceau téléchargé en p2p me plait....
 
."... An even larger group (80%) claimed they bought at least one album because they sampled it first on a file-sharing network....."
 
Une autre piste intéressante de l’étude qui rejoint complètement les études menées à l’université de Rennes montre que 80 % des internautes adeptes des réseaux P2P achètent un album parce qu’ils ont écouté gratuitement un morceau qui leur plaisait....morceau téléchargé par les réseaux P2P.
 
En d’autre terme les réseaux P2P sont un nouveau canal de promotion des artistes et leur sont donc bénéfiques.....vu qu’ils augmentent leur nombre de clients potentiels. En effet la même étude montre que 65 % des gens n’achètent pas d’albums après avoir téléchargé les morceaux présents dessus. Il y a donc un différentiel de 15 % de clients "en plus".
 
L’étude est à lire et à relire en attendant les conclusions définitives.
 
Je vous laisse avec la conclusion de la Working Copy :
 
" As this essay has made clear, we do not yet have a full understanding of the mechanisms by which file sharing may have altered the incentives to produce entertainment. However, in the industry with the largest purported impact – music – consumer access to recordings has vastly improved since the advent of file haring. Since 2000, the number of recordings produced has more than doubled. In our view, this makes it difficult to argue that weaker copyright protection has had a negative impact on artists’ incentives to be creative. "
 
Cette essai rend évident que nous n’avons pas une compréhension compléte des mécanismes par lesquelles les réseaux de partage de fichiers viendraient à altérer négativement la production artistique. Bien que les consommateurs aient un accès de plus en plus facilité à des moyens d’enregistrement ou de diffusion, le nombre d’albums produit a plus que doublé. Dans ces conditions et à notre point de vue, il est compliqué de conclure que l’affaiblissement de la protection des droits d’auteur a un impact négatif sur la capacité des artistes à créer.
 
 

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