La Cour suprême allemande conteste leTraité de Lisbonne

Marianne2. 6 juillet 2009 par Edouard Husson. Une contribution de Pierrette.

L'information est passée assez inaperçue, mais le Tribunal Constitutionnel de Karsruhe a jugé la semaine dernière que le traité de Lisbonne remettait en cause la souveraineté du peuple allemand. Ce qui confirme qu'en l'état, l'Europe doit tourner le dos à sa supposée vocation fédérale.



Ule (www.flickr.com/photos/ule) - Flickr - cc -
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Mardi 30 juin -mercredi 1er juillet 2009 - La souveraineté du peuple allemand solennellement réaffirmée
Circulez, il n'y a rien à lire. Le Tribunal Constitutionnel de Karlsruhe vient de déclarer que l'Allemagne ne peut ratifier le Traité de Lisbonne qu'à condition que les droits du parlement allemand, du Bundestag, soient mieux garantis. La cour constitutionnelle allemande est sans équivoque dans les attendus de son jugement: s'il s'agissait de faire émerger une Europe fédérale, il faudrait totalement réécrire la Loi Fondamentale; mais, pour les juges constitutionnels, il n'est pas question d'abandonner la souveraineté du peuple allemand. Celle ci doit être protégée et cela passe par le renforcement des droits du Bundestag au sein du processus européen. En gros, c'est la même argumentation que celle qui avait été utilisée pour laisser à la République Fédérale la possibilité de sortir du Traité de Maastricht (communiqué de presse n°39 de 1993). Le jugement rendu par le Tribunal Constitutionnel Allemand est particulièrement important, deux semaines après la faible participation de la population allemande aux élections européennes. Il y est réaffirmé que le fondement de la construction européenne ne peut être que la souveraineté populaire de chacune des démocraties partenaires.
On aura finalement, cette semaine, voulu traiter comme un non-événement, ce qui est une réaffirmation spectaculaire de la souveraineté du peuple allemand et de l'importance du parlementarisme sur lequel est fondée la République Fédérale.

Vendredi 3 juillet 2009 - Le degré zéro de la pensée historique
L'Assemblée de l'OSCE vient de publier une Résolution sur la réunification de l'Europe divisée qui produira exactement l'inverse de son objectif proclamé. Pour promouvoir « les droits de l'homme et les libertés civiques dans la région de l'OSCE au XXIè siècle », l'assemblée parlementaire de l'organisation basée à Vienne, réunie à Vilius la semaine dernière, s'est appuyée sur une résolution du Parlement Européen demandant que le 23 août, jour anniversaire du pacte Ribbentrop-Molotov, devienne une « journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme ». Et elle réclame, entre autres choses, que « les gouvernements et les parlements des Etats participants s'assurent que les structures gouvernementales et les comportements qui résistent à une pleine démocratisation ou bien perpétuent ou idéalisent ou cherchent à revenir à ou à faire progresser dans l'avenir une direction totalitaire soient totalement démantelées »" (sic). Le style épouvantable de ce texte exprime la confusion de la pensée européenne actuelle, qui a substitué une mythologie à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. 
Le pacte germano-soviétique fut la réponse de Staline aux Accords de Munich, par lesquels les puissances occidentales l'avaient exclu du jeu européen. Le totalitarisme n'a rien à faire dans cette histoire. Si l'on parle de la guerre et de la paix entre les nations, le communisme soviétique fut, au XXè siècle, largement stabilisateur. Et ce sont les peuples d'Union Soviétique qui ont sacrifié 13 millions de soldats pour abattre la bête immonde, le nazisme, qui voulait faire de l'Est du continent européen un  quasi-désert humain (sans Juifs, sans Slaves et sans Tsiganes - le Plan Général pour l'Est prévoyait la mort de 50 millions d'Européens de l'Est). Le totalitarisme soviétique fut un totalitarisme de la guerre civile, fondé par Lénine et auquel participèrent tous les peuples de l'ancien Empire des tsars (pas seulement les Russes, comme on voudrait le faire croire aujourd'hui - la première nationalité, en nombre, dans la Tcheka, dans les années 1920, était les Lettons). Une tendance très dangereuse se répand aujourd'hui, sous l'impulsion, en particulier, des pays baltes - ce n'est pas un hasard si le texte a été voté à Vinius -  consistant à renvoyer Staline et Hitler dos à dos et à réhabiliter la guerre menée aux côtés de Hitler contre l'URSS entre 1941 et 1944. Au nom des droits de l'homme, on a réhabilité, ces dernières années, des collaborateurs est-européens
La génération signataire des Accords d'Helsinki (celle de VGE et d'Helmut Schmidt) en août 1975 savait encore que le communisme n'a été combattu efficacement que par la stabilisation des relations internationales et l'absence d'ingérence dans les affaires des Etats (tout en engageant les Etats communistes à signer des accords internationaux sur les droits de l'homme). Et que les peuples de l'Est européen avaient appartenus à la communauité des nations unies pour combattre le nazisme. Aujourd'hui, les leçons de l'histoire sont oubliées.
Ce texte camoufle mal sa russophobie - et il est bien précisé que tous les Etats-membres de l'OSCE ne se reconnaissent pas dans le communiqué de l'Assemblée parlementaire. Parler du stalinisme, c'est faire comme si seule la Russie était la seule, aujourd'hui, à devoir rendre des comptes. Et puis, que signifie « démanteler les structures totalitaires qui restent. » Est-ce que ce sont de nouvelles « révolutions oranges » que l'on nous prépare?    
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