La grève des chômeurs s’invite à la télé

Mécanopolis. 22 avril 2010 par Frédéric Courvoisier

Intervention en direct sur France 2 : Ni culpabilisation, ni emploi forcé, ni management, grève des chômeurs !

Ce mercredi 21 avril, l’émission «L’objet du scandale» sur France 2 (dont les lecteurs auront pu suivre le remarquable travail préalable de casting/formatage, voir Il est beau, mon chômeur, il est beau !) a été interrompue.

 

 

Le texte  :

On en a marre de la culpabilisation et de la mise au travail forcée.

Nous avons besoin d’inventer ensemble une grève des chômeurs, une grève de tous les précaires. Nous appelons à commencer dès le 3 mai.

Ce n’est pas parce que nous n’avons pas d’usine où nous retrouver qu’on ne va pas s’organiser. Mais ce serait quoi une grève des chômeurs ? Ça commencerait par un mouvement de refus. Refus de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force.

Les réformes de Pôle Emploi ou du RSA cherchent à nous coincer, un par un, pour nous faire accepter des emplois de 10 heures par semaine payés une misère dans les secteurs les plus difficiles.

Il faudrait accepter n’importe quel travail sous peine de perdre une allocation de survie. Et qu’en plus nous soyons reconnaissants. Devrions-nous avoir honte de ne pas savoir nous vendre à n’importe quel employeur, honte de ne pas vouloir déménager pour un boulot, honte de ne pas accepter tout et n’importe quoi, de ne pas plier, en somme, devant la raison économique ?

Pas de honte qui tienne : franchement nous avons mieux à faire. Nous avons mieux à faire que chercher des emplois inexistants, mieux à faire que ce que l’on exige de nous. Voilà pourquoi nous refusons d’être suivis, contrôlés, managés, culpabilisés, radiés.

Pendant ce temps on renfloue les banques avec de l’argent public et on ose nous dire qu’il va falloir se serrer la ceinture.

Nous serons en 2010 un million supplémentaire de chômeurs sans droits. Une fois de plus nous servirons de prétexte à des débats d’experts sur les travailleurs pauvres, qui décideront à notre place ce qui est bon pour nous.

La grève des chômeurs et précaires ce serait — dès maintenant — ne pas rester isolés, sortir des eaux glacées du calcul égoïste dans lesquelles on nous plonge. La grève des chômeurs et précaires ce serait décider ensemble d’enrayer une machine à précariser faite pour nous manager à mort.

Nous appelons tous les travailleurs précaires, les intérimaires en colère, les intermittents du spectacle et de l’emploi, les saisonniers, les stagiaires démotivés, les étudiants désorientés, les retraités en mal de revenu, les sans-papiers, les licenciés preneurs d’otages, les travailleurs forcés, les volcans fraîchement réveillés à se rencontrer, à discuter dans les queues des CAF et des Pôle Emploi, dans la rue, partout.

Déjà, à Rennes, Brest, Paris, Montreuil, Tours et dans d’autres villes des précaires et chômeurs s’organisent.

Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.

Inventons ensemble la grève des chômeurs et précaires.

Jeudi 22 avril, des actions régionales contre les «boîtes de coaching» sont organisées ;

À Brest, rdv devant la Carène (port) à 9h ;

À Rennes, rdv à 14h place Saint-Anne ;

À Paris, rdv à 10h, place de la République, terre-plein central, près du manège.

CIP-IFD

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