La Hausse de l’immobilier est un désastre pour les classes moyennes

Source : Agoravox. 04 mai 2009

La hausse de l’immobilier est populaire, le propriétaire est ravi de voir son capital virtuel augmenter. Mais c’est un leurre dramatique dont les effets dans le temps paupérisent la classe moyenne.


1/3 du revenu pour le logement
 
Dans toutes les sociétés développées les ménages dépensent environ 1/3 de leurs revenus pour se loger.
 
La hausse de l’immobilier est populaire
 
La hausse de l’immobilier est populaire, le propriétaire est ravi de voir son capital virtuel augmenter.
 
Hausse de l’immobilier : de l’argent virtuel 
 
Cette vision est un leurre car cet argent est virtuel. Il ne peut servir le pouvoir d’achat. Il est « Collé » dans un investissement très peu liquide. Je dirais même que l’intérêt objectif de la majorité des français serait de voir l’immobilier baisser massivement.

En effet, la matérialisation de cet argent n’intervient que lors de la vente du bien.

Dans quel cas on vends le bien immobilier ? Observons les divers scénarii possibles dans le cas d’une hausse de 100% de l’immobilier.
 
   1- Si la famille est locataires, son loyer suit, voire anticipe la hausse de l’immobilier, il doit donc
  • Soit obtenir une augmentation équivalent
  • Soit accepter une perte de pouvoir d’achat

    Dans la réalité les deux phénomènes coexistent. Le ménage est souvent perdant.
   2- Pour acheter plus grand ? La famille s’est agrandie et le besoin d’une chambre supplémentaire se fait sentir pour accueillir le nouveau bébé ? Dans ce cas la pièce supplémentaire coutera plus cher en valeur absolue.
 
Hypothèses : Le bien vaut initialement 100, la hausse est de 100 %, il faut 20% de taille supplémentaire, dans ce cas il faut acheter un bien coûtant 240 au lieu de 120, les frais de notaires et autres commissions d’agences sont proportionnels dans il s’agit d’un besoin de financement supplémentaire de 20++. Le ménage est fortement perdant.

   3- Pour cause de mutation ou de changement de travail ? Dans ce cas la hausse est neutre (si le ménage vise un bien équivalent). Mais les frais de notaires auront quand même augmenté ainsi que les commissions d’agences. Le ménage est perdant.
 
   4- Décès du propriétaire. Les enfants touchent la succession.

      a- Si ils réinvestissent dans l’immobilier voir cas N°1. Le ménage est perdant.

      b- Si ils dépensent l’argent de la vente : Le ménage est gagnant.
 
   5- Le ménage vend la maison pour aller se loger en location. Il a acheté 100 et vends 200. Le ménage est gagnant

Locataire ou propriétaire, dans la plupart des scenarii Le ménage est perdant voire fortement perdant. 
Seul celui qui réalise ou hérite et dépense le fruit de sa vente est gagnant. 
 
Perte de compétitivité Induite proportionnelle a la hausse

Le problème ne se limite pas à l’intérêt court terme des ménages car le prix immobilier a un impact fort sur les niveaux de salaires. 

La hausse de l’immobilier est source gigantesque de perte de compétitivité pour le pays. En effet par effet mécanique, (le budget immobilier représente 1/3 des dépenses), toutes choses égales par ailleurs, un doublement des prix du logement correspond a un besoin d’augmentation de salaire de 100%.
  
   * T0 : Revenus de Base : 100 Euros, donc 33% logement soit 33Euros
   * T1 : Prix immobilier : 66Euros (33x2) doit être 1/3 du budget soit Revenus nécessaires : 200Euros (66/0,333 soit 3x66= 200 (aux approximations près dues aux décimales))

Conclusion, soit les familles perdent du pouvoir d’achat, soit les salaires sont doublés. (En fait les deux cohabitent) 

Cela explique ce qu’ont ressenti les français depuis dix ans, soit leurs revenus ont augmenté et ils se demandent pourquoi ils ne vivent pas mieux. Soit leurs revenus n’ont pas ou peu augmenté et ils constatent leur perte de pouvoir d’achat.
Augmentation de toutes les dépenses annexes assises sur l’immobilier.
 
La hausse de l’immobilier permet une hausse de toutes les dépenses annexes relatives à l’immobilier :
 1. Les frais d’agences (% du prix de vente)
 2. Les frais de notaires (Proportionnels)
 3. Les impôts locaux (Basés sur la valeur locative)
 4. ISF le cas échéant (Basé sur la valeur locative)
 5. Les charges d’appartement (Ils sont comparés au prix du bien ou au prix de location)
 6. …
Un exemple pour illustrer mon propos et les dérives en 35 ans :
 
J’ai débuté ma carrière en 1983 comme jeune ingénieur commercial.
 · Mon salaire Brut était de 11 000 FRF moins 295 FRF de charges sociales (2,68% !!!) - C’était un très bon salaire pour l’époque !! -
 · Mon Loyer a Paris était de 3100 FRF, les charges de copropriétés : 120 FRF (3,9 %)
 · Mes impôts locaux s’élevaient a 324 FRF par an (0,87% de mon loyer annuel)

Vérifiez vos impôts locaux, vos charges de copropriété et vos charges sociales je pense que cela parle de soi-même. 

Conclusion

L’inflation rampante non mesurée (L’achat du logement n’est pas pris en compte dans l’indice IPC Insee) a rogné le pouvoir d’achat des français. Ils sont ravis de voir l’immobilier grimper en pensant que cela les enrichit.  

Indice IPC (Indice des Prix a la Consommation) Insee : www.insee.fr/fr/themes/indicateur.asp
 
C’est un mauvais calcul car :

   · Pour la plupart ils ne verront jamais la couleur de cet argent.
   · Cette hausse est catastrophique pour la compétitivité du pays en provoque la désindustrialisation, les délocalisation, chômage et insécurité de l’emploi par l’augmentation du coût du travail.

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