La marche des chômeurs et des précaires

Communiqué. 24 octobre 2009

LES CHÔMEURS ET PRÉCAIRES EN MOUVEMENT

Les années 1990 avaient vu l’éclosion d’un mouvement de chômeurs. La marche des chômeurs de AC! en 1993 puis en 1994, les mobilisations avec occupation de 1997 et 98, les grandes manifestations de Marseille pour la prime de Noël, plus récemment la mobilisation des recalculés et la manifestation annuelle de début de décembre sont autant d’étapes dans cette lente construction. Les organisations AC!, APEIS, MNCP, CGT-Privés d’emploi sont largement issues de ces années.
En parallèle, depuis quelques années, par des actions souvent plus médiatiques, de nouvelles générations confrontées à la précarité se mobilisent comme Génération Précaire, Stop Précarité, Coordination des Intermittents et Précaires (CIP-Ile de France), mais aussi des collectifs locaux où se rassemblent, dans les villes, des jeunes et moins jeunes contre le nouveau visage du chômage. Dans les quartiers populaires aussi des associations se mobilisent contre les discriminations. C’est sous l’angle des précarités que se mobilisent principalement ces nouvelles couches du salariat, par exemple pour l’accès au logement, aux stages et contre les contrôles-flicage de Pôle Emploi. Surtout qu’avec la crise, cette précarité a été déstabilisée par la raréfaction des CDD et des missions d’intérim
Aujourd’hui, l’accélération de la crise économique se traduit par des centaines de milliers de licenciements et, là encore, les résistances dans certaines entreprisesmontrent ce refus de la mise au chômage.
Trois époques, trois dimensions de la résistance. Ce sont ces trois «générations» que nous visons à rassembler dans «lesMarches contre le chômage, les précarités et les licenciements». Ces trois composantes sont essentielles pour reconstruire un mouvement des chômeurs et précaires unifié, à la mesure des enjeux. Car le chômage ne va pas se réduire tout seul, et les droits des chômeurs, gagnés peu à peu au fil des luttes et des résistances, se retrouvent remis en cause. L’instauration du RSA, par exemple, à travers le brouillage de la frontière entre le chômeur et le salarié pauvre, est l’occasion pour accentuer le contrôle social et remettre en cause les transports gratuits, l’accès aux soins, à un logement décent, etc.
L’avenir, c’est un grand mouvement de chômeurs et précaires, moteur de la mobilisation, mettant en avant des droits pour tous les chômeurs et chômeuses, un droit à vivre dans une société qui ne soit plus celle du profit.

Marches régionales en novembre et décembre 2009

Les organisations réunies le 10 octobre à Paris font le constat accablant que la précarité, le chômage et les licenciements explosent: 40% de jeunes de moins de 25 ans sont au chômage dans les quartiers; 4 millions de personnes sont inscrites au Pole emploi, dont 40 enchainent des petits boulots précaires; 8 millions de travailleurs pauvres dont 80% sont des femmes. Et combien souffrent de la difficulté d’accès au logement, aux papiers, à la santé. Tant de souffrance conséquences de la dictature de l’argent et de la loi du profit.
Les organisations sont réunies pour la préparation des Marches régionales contre le chômage, les précarités et les licenciements du 20 novembre au 5 novembre 2009, marches qui annoncent la manifestation nationale du 5 décembre appelée par les quatre organisations de chômeurs et précaires.
Elles soutiennent l’appel des quatre organisations de chômeurs et précaires pour la manifestation du 5 décembre: contre le chômage et les précarités, pour un emploi de qualité, librement choisi et correctement rémunéré ou un revenu décent pour tou-te-s, avec ou sans emploi; et dans l’urgence, pour la revalorisation des différents revenus des chômeurs et précaires, pour l’arrêt des sanctions, radiations et indus par Pôle Emploi.
La situation actuelle de crise nécessite une mobilisation la plus large possible contre le chômage, les précarités dans toutes leurs dimensions qui renforcent le chômage, les licenciements qui augmentent indéfiniment le nombre de chômeurs. Dans les régions, on ne peut dissocier la lutte contre le chômage, les précarités et le refus des licenciements.
L’affaiblissement des droits des chômeurs se traduit par l’affaiblissement des droits de tous les salariés.
Des Marches régionales ou entre villes-étapes contre le chômage, les précarités et les licenciements s’organisent dans plusieurs régions (Lyon, Lille, Marseille, etc), marches dont l’organisation est laissée à l’initiative des collectifs locaux qui se réunissent pour les préparer de façon unitaire.
De nombreuses autres villes préparent des actions concrètes pour la défense des droits dès la fin octobre (28-29-30 octobre) et dans les semaines précédant le 5 décembre. Les manifestations du 5 décembre, dans de nombreuses villes, seront l’occasion de rassembler largement les chômeurs, les précaires, les salariés en lutte, les sans papiers, les mal logés.
Ces Marches sont le début d’une mobilisation qui se déclinera à la manifestation du 5 décembre et se poursuivra en 2010: il faut coordonner des actions contre le chômage. Chaque fin de mois, la diffusion des chiffres du chômage doit être l’occasion de mouvements coordonnés partout en France. Il faut dès maintenant affirmer que la lutte contre le chômage, les précarités et les licenciements n’en est qu’au début, il faut reconstruire un mouvement unitaire contre le chômage à la mesure de la période qui s’ouvre de crise économique et d’offensive gouvernementale contre les droits des chômeurs:
- Le droit à un emploi de qualité pour toutes et tous. Nul ne peut être privé d’emploi et de revenu! Contester les licenciements est légitime, nous exigeons une nouvelle législation sociale qui rende le droit à l’emploi effectif et soit fondée sur la continuité des droits : contrat de travail, obligation de reclassement, et financée par un fonds patronal mutualisé. Cette loi doit aussi contenir la réduction du temps de travail permettant le travail de tous, l’Interdiction des contrats précaires subis, la réintégration des salariés précaires licenciés depuis des mois.
- La discrimination sous toutes ses formes (raciste, sexiste…) dans l’accès à tous les droits et à la progression professionnelle doit être combattue par une loi-cadre nationale et les sans-papiers doivent être régularisés. Suppression des inégalités hommes / femmes en matière de formation, de salaires, d’accès aux métiers, de retraite.
- L’accès de tous les chômeurs, précaires et étudiants à un statut de vie sociale et professionnelle=garantissant dans tous les cas un revenu individuel et inconditionnel décent dès 16 ans, ayant au minimum pour référence le SMIC revalorisé, et non diminué des prestations sociales et de logement. Ce statut de vie sociale et professionnelle sera à la charge du patronat.
- La continuité des droits sociaux afférents à ce statut (logement, santé, formation, points de retraite, progression de carrière, papiers…), la possibilité de tout-e travailleur- se à temps partiel de passer sur demande à temps plein.
- Pour des services publics au service des citoyens et des plus démunis: nous exigeons l’arrêt de toute suppression d’emploi et la résorption de la précarité dans les services publics, l’annulation de toutes les privatisations et le contrôle services publics par les salariés et les citoyens.
Les services publics doivent être étendus à la petite enfance et aux personnes âgées et dépendantes. Nous exigeons la création d’emplois socialement utiles et écologiquement soutenables.

RESISTONS, AGISSONS,MARCHONS!


A Marseille, la campagne contre le chômage, les précarités et les licenciements a été lancée par une conférence de presse le 14 octobre; la définition des villes-étapes où passera une marche arrivant à Marseille le 5 décembre et les modalités de cette manifestation du 5 décembre seront annoncées, elles, fin novembre.
Le collectif unitaire contre le chômage et la précarité salut tout d’abord la lutte des sans-papiers en région parisienne en donnant la parole à Momo, du Collectif des Sans-Papiers de Marseille.
Au cours de cette campagne, pendant un mois et demi, nous allons réaliser des actions avec des salariés en lutte contre les licenciements (Altmel, ST MICRO,Legré Menthe), des actions dans les PE, contre l’accueil et la gestion catastrophique des PE, les contrôles et les discriminations et contre le RSA dans les CAF, à la direction de l’insertion et au conseil général, enfin sur logement, qui représente à Marseille le plus grave problème pour la population pauvre de cette grande ville.
Le vendredi 6 novembre, nous déposerons sur le bureau du centre des impôts les dossiers de demande de remise gracieuse de la taxe d’habitation. Lamunicipalité deMarseille augmente la taxe d’habitation de 4,9 %. Pour les personnes percevant le RSA (ex-rmi) la remise en cause de son exonération provoque colère et sentiment d’injustice.
Agir ensemble contre le chômage et la précarité ouvre trois permanences hebdomadaires pour recevoir la population précaire. Nous listons ci-dessous les organisations qui composent ce collectif unitaire, et nous espérons pendant cette campagne que ce mouvement de chômeurs et précaires va pouvoir se reconstruire et se déployer pour enfin faire basculer le rapport de force au profit des plus démunis.
Collectif unitaire contre le chômage et la précarité Tél: 06 60 41 82 14.
AC! Marseille, Comités chômeurs CGT et les associations suivantes: Amis de la
Terre, Article 13, Cimade, Droit au logement, Fondation Copernic, Mission ouvrière de Marseille, Portail des luttes, Solidaires 13, SUD Culture, Sud étudiants,
Témoignage chrétien, Vie et Terre, VLD, un militant du CRIP... Avec le SOUTIEN
DE:Alternative libertaire, Collectif anti-libéral Marseille Est, la Fédération, les Alternatifs,

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