Lacapelle-Cabanac. La mairie installe deux agriculteurs bio

La Dépêche. 21 avril 2010 par Bernard Hugues Saint Paul


A. Duwer, I.Lauthier, J. Pochoy et T. Simon devant une orchidée  sauvage, gage de qualité des terres./DDM, B.-H. S.-P.

Fervent défenseur de l'Environnement et du développement durable, Thierry Simon fut précurseur de la viticulture bio avec 20 hectares depuis 2001. Il est aussi président de l'association « Lot AB né ». Lui et ses colistiers ont été élus à la mairie de Lacapelle-Cabanac en 2008 avec, parmi les promesses du programme électoral, l'installation de maraîchers bio. Promesse tenue !

Le 8 avril dernier, Jérôme Pochoy, 39 ans, originaire des Alpes-de-Haute-Provence et Aude Duwer, 32 ans, du Vaucluse, ont eu l'aval de la CDOA (1) pour créer le GAEC « Les Paysbio » (2) sur 3 hectares où ils entendent produire des légumes (aubergines, tomates, courgettes, choux, pommes de terre, carottes…) et quelques fruits (melons, fraises). Et hier, l'organisme certificateur Ecocert effectuait sa visite initiale.

Les premières serres sont arrivées, déchargées avec l'aide d'habitants de Lacapelle-Cabanac, signe d'une bonne intégration. « Nous avons passé une annonce dans le bulletin municipal pour trouver des terres, un bâtiment et un logement. Une fois la promesse de vente faite, les terrains et les bâtiments sont en cours d'acquisition par l'association-société foncière « Terre de lien » qui les loue aux exploitants. La mairie a signé un bail emphytéotique de 40 ans afin d'assurer l'entretien des bâtiments. L'opération ne coûte pas un sou à la commune », expliquent Thierry Simon et Isabelle Lauthier, conseillère municipale.

La qualité des terres, non cultivées depuis des années et où poussent des orchidées sauvages, permet l'espoir de voir la certification validée dès la première production, cet été.

Vers la création d'une AMAP

Aude et Jérôme réfléchissent déjà à la commercialisation : outre une rencontre avec la population, ils entendent créer des groupes de consommateurs, de type AMAP (3), ouvrir un point de vente à la ferme (le jour et heures d'ouverture à définir) et être présents sur les marchés. But : répondre aux besoins locaux en favorisant les circuits courts.

De leur côté, Thierry Simon et son équipe souhaitent promouvoir le projet via une inauguration officielle. Avant de se concentrer à finaliser une deuxième promesse électorale : la création d'un « éco-hameau », toujours en concertation avec la population.

(1) Commission départementale d'orientation agricole. (2) Les Paysbio, le Malabrout 46 700 Lacapelle-Cabanac. 05 65 22 68 03 et lespaysbio@orange.fr (3) Association pour le maintien d'une agriculture paysanne.


Structurer la filière locale

L'agriculture bio reste encore marginale dans le Lot, avec seulement 2 % des surfaces agricoles cultivées. Néanmoins, Grégoire Mas, technicien bio à la chambre d'agriculture du Lot constate « un net engouement : en 2009, iil y a eu une quinzaine de conversions. Cette année, ce sera entre 40 et 50 ». Une production encore largement insuffisante pour répondre à la demande locale, notamment pour couvrir les besoins découlant du Grenelle de l'Environnement : 20 % de bio dans les cantines des lycées et sans doute bientôt dans les collèges. Par ailleurs, le conseil général du Lot, l'association « Lot AB né » et la chambre d'agriculture ont signé un « plan bio » calé sur la demande, via un programme d'actions de 2009 à 2011 (état des lieux, formation, promotion…)

Si le critère premier de la conversion est la viabilité de l'exploitation, apparaît la nécessité de structurer une filière locale : « Il y a un danger à vouloir absolument caler la croissance sur le marché. Car cela ne sert à rien de produire bio si c'est pour envoyer les produits ailleurs. Il faut structurer une filière locale pour privilégier les circuits courts et un développement durable. Produisons dans le Lot ce que consomment les Lotois ! », conclut Thierry Simon.

Commentaires (2)

1. Antonin (site web) 24/04/2010

plus que le greenwashing, les français craignent l'écoblanchiment.
Je suis sûr qu'il y a un mot patois pour ça, mais je ne le connais pas !

2. DOM 23/04/2010

Bravo,
Pour cette initiative enfin un élu qui se mouille.
Les propos de Mr Simon sont très intérressants et me parraissent aller dans le bon sens en fait rendre à un territoire la capacité à nourrir sa population me semble primordial.

Mais que dire de ce partenariat avec le département, même si je trouve plus que nécessaire de proumouvoir la cantine BIO, je me demande se trafiQUE DOM Miquel.
J'espère que cela n'est pas un coup de "green washing"

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