Le festival d'Assier victime d'une politique barre-de-fer du Conseil Général

Le festival d'Assier (46) s'est vu annoncé par le Conseil Général du Lot la suppression de 50% de sa subvention, ce qui le condamme à la cessation de cet événement qui depuis 23 ans anime le causse de Gramat.

Est-il utile de rappeler que l'accès à la culture n'est pas réservé aux urbains ?  Et quand on dit culture il ne s'agit sans doute pas uniquement de productions validées par la sphère marchande et intellectuelle qui garantit une fréquentation importante d'un événement.

Créé à l'origine par Jean-François Prigent avec la présence du jazzman français J.M Padovani, le festival bénéficiait d'une vraie notoriété dont la résonnance dépassait largement les frontières de notre département...

Suite au départ de la star (en effet il le mérite) le festival « Assier dans tous ces états » proposa une programation basée sur la création, sans tête d'affiche, des arts plastiques, du spectacle vivant, des inovations culturelles et artistiques dont la lisibilité peut apparaître à certains esprits, pétris de cette pensée unique lénifiante, comme difficile voire carrément incomprehensible.

Et c'est bien là le fond du problème. En effet les décideurs locaux ont pris le pretexte de cette non lisibilité des actions de ce festival et donc, de fait, de son non positionnement sur la scene culturelle locale, pour condamner ce joli bouquet de créations décalées, effectivement innovant, en supprimant le « carburant » de toute démarche culturelle non économiquement viable que sont les subventions.

Alors meme que quelques semaines avant le CG, sous condition que le région suive, avait confirmé le maintien de son aide...Néanmoins les ressources financières consacrées à l'aide à la création ne manquent pas (500 000 € ) puisque le président du Conseil Général fait voter l'acquisition d'une sculpture de 160 000€ , soit 20 ans de subvention pour Assier, pour orner le nouveau bâtiment qui accueille le Conseil Général. Sculpture réalisée par Bernard Pagés, dont la notoriété et donc la lisibilité ne font cette fois aucun doute, du moins dans l'esprit de notre décideur.

Comment envisager l'émmergence de nouvelles têtes d'affiche culturelle? Comment penser permettre à nos artistes d'accéder à une certaine notoriété si nos propres élus ne soutiennent pas les rares scènes qui leur permettent un minimum d'expression. Une politique culturelle locale se doit justement de laisser des espaces d'expression et de création hors du champs de la rentabilité et de la « lisibilité » subjective.

La vie des territoires ruraux subit déjà durement les conséquences des Accords Généraux sur le Commerces des Services (AGCS) qui privatisent et dédruisent les services publics notamment en milieu rural. Il est donc indispensable que soit mis en oeuvre une vraie politique de vie en milieu rural, notamment culturelle, soutenus par les pouvoirs publics locaux et non pas le contraire!

Gilles Pradelle

 

«Assier dans tous ses états :  Sur le Causse de Gramat, en Midi-Pyrénées, Assier village du Lot accueille depuis 1986, (...) un festival de jazz, d'improvisation et de théâtre Assier dans tous ses états cultive son verger d’arts hybrides sur un terrain fertile. Le rock’n’roll et les expérimentations impertinentes s’invitent et portent le jazz et l’improvisation à ébullition. Les jardins accouchent d’étranges végétaux sonores et visuels sous forme de musique, gastronomie, inspirations villageoises et interventions polymorphes. Comestibles ? Reste à croquer le fruit… En faisant le choix de la découverte, « Assier dans tous ses états » propulse les curieux vers une avalanche de questions, d’innovations et de surprises. » http://assier.festival.free.fr/

 

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau