Le Front de gauche à la porte du Kremlin

L'Humanité, 13 mai 2009

Marie-George Buffet, Jean-Luc Mélenchon, Patrick Le Hyaric et Christian Picquet dialoguent sur l’alternative politique avec les hospitaliers du Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne.

Le discours de Nicolas Sarkozy n’a pas fait un tabac au centre hospitalier universitaire du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne. « Force est de constater qu’au-delà des effets d’annonce, la santé n’est pas, pour ce gouvernement, une priorité sociale », explique Bruno Francesci, infirmier-anesthésiste aux urgences venu discuter, hier, avec ses collègues et sous un soleil printanier, avec les candidats du Front de gauche devant les portes de l’hôpital. En ce jour de débat au Sénat sur la loi Bachelot, ils étaient tous présents - Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, et les candidats du Front de gauche : Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, et Christian Picquet, de la Gauche unitaire -, comme pour dire leur volonté de soutenir les luttes et de relayer les exigences populaires au plan politique. C’est d’ailleurs ce qu’affirme Marie George Buffet : « Les luttes sociales pour l’emploi, les salaires, les services publics interpellent les politiques sur les solutions et sur l’unité à gauche. » Et elle précise : « Le Front de gauche est justement né de cette volonté d’offrir dans l’union une véritable alternative. » Et le dialogue se poursuit avec Bruno Francesci, qui explique : « Trois semaines de lutte nous ont permis de gagner des emplois à plein temps en plus et que 10 % des lits de l’hôpital soient réservés aux urgences en cas de besoin. Le 14 mai, nous serons à nouveau dans la rue pour refuser une gestion comptable de l’hôpital. » Pour Patrick Le Hyaric, qui conduit la liste du Front de gauche en région parisienne, « le discours de Sarkozy ne vise qu’à masquer sa volonté d’appliquer la loi Bachelot, qui correspond aux orientations libérales de l’Europe actuelle », et d’en appeler « à utiliser le vote du 7 juin pour s’opposer à ces déréglementations ».

Pour Jean-Luc Mélenchon, « il y a un appétit grandissant vis-à-vis de (notre) démarche, celle d’une gauche unitaire plutôt que d’une gauche solitaire ». Ce que confirme de son côté Marie-George Buffet : « Le mouvement social a su se rassembler, la gauche doit le faire sur une alternative, et c’est ce que nous faisons. » Alors que Christian Picquet expliquait que la démarche répondait sur le fond « à une volonté majoritaire du peuple de gauche qui avait voté non au projet de constitution libérale », Marie George Buffet se disait raisonnablement optimiste. « Si la campagne de proximité amplifie, estime la dirigeante communiste, nous pouvons, comme en 2005, avec le "non", contrecarrer les pronostics et gagner des élus. » De nombreux élus étaient présents aux côtés des salariés de l’hôpital, dont Christian Favier, président du conseil général du Val-de-Marne, et Pierre Gosnat, député communiste de la circonscription, fortement impliqué dans les luttes hospitalières. « Je me retrouve bien dans le Front de gauche, dit-il, car le PCF trouve sa place dans le contenu et cela permet d’élargir le rassemblement de gauche sur une position anticapitaliste. »

Max Staat

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