Les agriculteurs bloquent des plateformes de la grande distribution

LEMONDE.FR avec AFP | 11.06.09 | 06h51  •  Mis à jour le 12.06.09 | 10h15

Quelque sept mille agriculteurs, selon la FNSEA, bloquaient, vendredi 12 juin au matin, près d'une quarantaine de plateformes d'approvisionnement des grandes surfaces dans toute la France pour dénoncer les marges de la grande distribution, un mouvement qui, dans la soirée de jeudi, a pris plus d'ampleur que prévu initialement.

Le mouvement de protestation, enclenché depuis plusieurs jours dans le Grand Ouest à l'initiative d'éleveurs en colère ayant devancé le mot d'ordre de la FNSEA, s'est élargi à toutes les régions, à l'exception de l'Ile-de-France et notamment de Rungis. Les agriculteurs ont prévu de bloquer deux nouvelles plateformes dans la journée.

La mobilisation est plus importante que prévu. La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), à l'origine du mouvement, avait évoqué dans un premier temps une petite trentaine de plateformes logistiques, soit environ la moitié des bases présentes sur le territoire.

Dans la journée de jeudi, le syndicat agricole avait décidé la poursuite du mouvement en dépit d'un geste du gouvernement. Les agriculteurs sont "en train d'être entendus par le gouvernement", mais ne vont pas lever dans l'immédiat le blocage des plateformes, avait déclaré Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA.

TOUTES LES RÉGIONS TOUCHÉES

M. Lemétayer réagissait à une déclaration du ministre de l'agriculture, Michel Barnier, assurant que le gouvernement était disposé à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances dans les grandes surfaces ne jouant pas "le jeu de la transparence" sur les marges des produits agricoles. "Nous attendons de voir que c'est bien l'ensemble des membres du gouvernement" concernés par ce dossier "qui va se mettre à l'œuvre", a averti M. Lemétayer.

Jeudi soir, la mobilisation en Bretagne restait la plus importante. Depuis la signature la semaine dernière d'un accord sur le prix du lait jugé très insuffisant, les éleveurs ont multiplié les actions sur le terrain. Ils ont été rejoints par d'autres agriculteurs dont les productions (porc, fruits et légumes...) connaissent aussi des difficultés. Au fil de la journée, après les Côtes d'Armor, le Morbihan, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire, les blocages se sont étendus dans l'Oise, l'Eure et le Calvados. L'est du pays est également entré dans le mouvement. Après le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Meuse, la Franche-Comté s'est jointe à la protestation.

Dans le Sud-Ouest, les agriculteurs se sont donné rendez-vous sur des plateformes à Saint-Paul-les-Dax (Landes), Beautiran (Gironde) et Saintes (Charente-Maritime). A Beautiran, une soixantaine de manifestants se sont rendus ensuite sur le parking d'une grande surface de l'agglomération bordelaise, où ils ont renversé l'ensemble des chariots devant la porte du magasin. A Saint-Paul-les-Dax, les agriculteurs, venus des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, ont monté une tente et déployé une banderole – "Politiques, bougez-vous !"– devant une plateforme d'approvisonnement avant d'être reçus par la direction de la base logistique.

En Midi-Pyrénées, près de deux cents agriculteurs venus des huit départements de la région ont bloqué dans la soirée, dans le calme, les deux entrées de la plateforme de supermarchés à Fenouillet, près de Toulouse.

Plus de 400 producteurs de lait manifestent en bloquant l'entrée de la centrale d'achat Leclerc-SCA OUEST, le 11 juin 2009 à Nantes. | AFP/FRANK PERRY
Source : AFP/FRANK PERRY

Denis Ramspacher, producteur de céréales, de lait et de viande à Kienheim (Bas-Rhin), et président de la FDSEA du Bas-Rhin, participe, jeudi 11 juin au blocage d’une plate-forme logistique de Lidl, près de Strasbourg. Il explique pourquoi il dénonce les marges de la grande distribution.
Propos recueillis par Laetitia Clavreul

Source : LeMonde.fr

 

L'accord sur le prix du lait contesté de toutes parts

LE MONDE | 11.06.09 | 14h34  •  Mis à jour le 11.06.09 | 14h34

Une semaine après la signature d'un accord sur le prix moyen du lait en 2009, la contestation ne faiblit pas. Signé par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), une branche de la FNSEA, il a été critiqué par sa base et par tous les autres syndicats. Les producteurs ont repris les actions. Depuis le 10 juin, des blocages de laiteries ont été relancés par la Confédération paysanne, qui exige la réouverture des négociations. Côté entreprises non plus, l'accord ne passe pas. Entremont, selon Les Echos du 11 juin, ne l'appliquera pas. Lors des blocages des centrales d'approvisionnement des grandes surfaces, prévus vendredi et samedi à l'appel de la FNSEA pour dénoncer leurs marges, beaucoup de producteurs de lait sont attendus.


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Laetitia Clavreul

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