Les bonobos

Vous savez quoi ? Je viens de me faire prendre sur le fait, les doigts dans la confiture, pour délit d’ignorance et surtout d’Inculture, vous allez comprendre pourquoi…
Une lectrice attentive m’a déballé mon fait, m’a renvoyé au coin, avec un triple bonnet d’âne sur la tête, assorti d’allusions ironiques pour me punir de ma méconnaissance profonde des questions qui touchent au monde rural en général et à la pratique avicole en particulier.

IL y a un mois, je vous faisais part de mes expériences culinaires et me targuais de vous enseigner la préparation du coq au vin de Cahors.

Afin d’apporter une touche d’humour, je fanfaronnais sur les exploits sportifs de certains coqs et croyais benoîtement que ces derniers engrossaient leurs femelles de poules, et que celles-ci pondaient ensuite des œufs. Erreur fatale, je le concède et j’en bats ma coulpe de petit parisien snobinard, qui n’eut pour seul contact avec la basse cour, durant une jeunesse délicieusement frivole et bitumée, que les escapades dominicales au parc des Buttes Chaumont, avec distribution obligée de pain sec aux canards grassouillets qui disputaient avec acharnement les morceaux jetés à la volée, aux nobles cygnes blancs, qui à coups de  becs rageurs, tentaient de disperser la valetaille.

Voici donc ce qui m’attira les foudres justifiés de notre lectrice qui telle Sœur Anne  au sommet de sa tour, scrute, guette et dépiste le moindre manquement à la vérité scientifique qui préside au règne de nos chères Gatinaises, Sussex ou autres Faverolles.
En effet, dixit notre Fouquier Tinville en jupons, «  les poules n’ont pas besoin de coq pour pondre, seulement pour les fertiliser afin que les œufs puissent donner des poussins. »
Honteux et confus, comme le corbeau de la fable, qu’un coq actif ne manquera pas de convoiter, ainsi qu’il vous fut jadis narré, je décidai de retourner à l’école et je me permets de vous exposer les leçons glanées de ci de là, sur la vie affective et surtout sexuelle de nos chers gallinacés.
La poule a pondu ses œufs, toute seule comme une grande, et les couve jalousement. Le coq, chaud comme un geyser islandais, tendu comme un string de danseuse de samba, pointe ses attributs érectiles et colorés.
Il entame sa technique d’approche et de séduction. Roulant de la prunelle, les ergots bien plantés dans le sol meuble du poulailler, il déclare d’une voix enjôleuse :« T’as de beaux œufs tu sais ! » (Je sais, elle est facile, mais je n’ai pas pu résister !).
La poule, flattée et orgueilleuse, glousse de contentement, se dandine pour montrer ses œufs, soulève la croupe et Hops ! Le coq, rapide come l’éclair, s’immisce entre le nid et le bas du dos de l’être désiré, sort son bistouquet en forme de tube de dentifrice, ( Et oui, c’est comme ça chez le coq ! Le cochon l’a en forme de tire bouchon, très pratique pour boire le Beaujolais nouveau, et le dindon en forme de guidon de bicyclette, mais la nature est ainsi faite…)
Il s’introduit, s’épanche après quelques soubresauts nerveux, se retire promptement et sans un regard pour son éphémère partenaire, se meut d’une démarche chaloupée, qu’un Aldo Maccione ne renierait sûrement pas, vers le nid suivant.
La poule, à peine troublée par l’événement, car avec le fils du fermier et ses copains bourrés, elle en a vu d’autres, secoue ses plumes et se rassoit délicatement sur ses tendre œufs.

Et c’est là que la magie de la nature opère ! L’action dynamique et calorifugeuse du coq, qui a chauffé le fin duvet autour du périnée de la poule, permet à cette dernière de communiquer, en se rasseyant, cette force vitale, ce surplus énergétique à la coquille de ses œufs, qui instantanément deviennent féconds.
Un petit embryon, gros comme une tête d’épingle, subitement se forme à l’intérieur du jaune de l’œuf, commence son développement pour donner, 14 mois, 56 jours, 35 heures plus tard, un ravissant petit poussin qui pépiera d’impatience, sous l’œil attendri et inquiet de sa chère maman.
Je tiens à stipuler à notre adorable lectrice, que si des fautes apparaissaient de nouveau, qu’elle n’hésite pas à nous le faire savoir et à apporter les corrections nécessaires, «  car il serait dommage que des erreurs sans importance puissent donner prétexte à certains pour remettre en cause l’exactitude d’articles beaucoup plus sérieux. » pour reprendre les termes de notre Procuratrice Générale.

Car l’Heure est grave, et la Plaisanterie n’est pas de mise. Non mais il ne manquerait plus que le Lot en Action ressemble au Figaro ou à l’Express ! Pourquoi pas au Journal des Echos pendant qu’on y est, journal racheté par l’impayable et facétieux Bernard Arnault, grand copain à Stéphane Guillon et à Moustique, faut il le préciser...

Puisque nous en sommes au registre reproduction, cela vous intéresserait il de savoir comment d’autres espèces deviennent fécondes ? Les bonobos par exemple. Les bonobos sont des panidés, membres de la famille des hominidés et de l’ordre des primates, dotés d’une longue queue, souple et musclée, (Calmez vous les filles !) qui leur permet de s’accrocher aux branches des arbres et de conserver leurs deux mains libres.
Ainsi Madame fait la vaisselle, tricote ou feuillette le catalogue des 3 Suisses. Monsieur, pragmatique et responsable, installe un nouveau doseur sur la bouteille de pastis, surveille les cours de la Bourse ou joue au Poker en ligne, le tout d’une seule main, car le bonobo mâle est très habile de ses doigts.

Mais que fait-il de son autre main ? C’est là que la magie de la nature opère une 2ème fois ! D’une manière nonchalante, il lève le bras, index tendu, et l’enfonce négligemment dans l’anus d’une bonobo femelle qui se trouve sur la branche supérieure.
Tous les bonobos mâles font de même, de branche en branche, jusqu’à la canopée. C’est ainsi que les bonobos femelles deviennent fécondes, car le mâle aurait beau, dans la moiteur du crépuscule qui enveloppe la forêt congolaise, s’escrimer sur sa femelle, aucun fruit ne naitrait de ce coït arboricole, s’il n’y avait eu au préalable l’exercice incontournable du doigt dans le cul.
Je précise au passage que les bonobos ne descendent jamais de leurs arbres et qu’ils exécutent toutes les tâches qu’il est donné de réaliser à un singe évolué, entre feuillage et branchage, car au sol, la panthère rôde…

Mais je sens qu’une question vous taraude l’esprit ! Le bonobo qui se trouve à la dernière branche de l’arbre, a-t-il besoin lui aussi de tendre l’index, alors qu’aucune femelle ne se trouve au dessus de lui ?
Et bien, répondant à un comportement instinctif venu du fond des âges, il le fait quand même, car comme le dit si bien un proverbe bonobo :  «  Mets ton doigt dans le cul de ta femme tous les matins. Si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle sait pourquoi ! ».
Et pour la 3ème fois, la magie de la nature opérera ! Ce doigt pointé qui dépasse de la cime des grands arbres, va servir de déclencheur de fécondité pour d’autres espèces qui vivent sur la canopée, tels les oiseaux migrateurs, les batraciens lubriques, emportés par une tempête tropicale, en route vers le Lot, les poissons volants, Nicolas Hulot, qui survole la forêt africaine à bord d’un ULM solaire en kéflon et fécule de pomme de terre ionisante, pour nous ramener un reportage poignant sur la fragilité de notre planète.

Certaines scènes seront coupées au montage. Mais revenons à nos volatiles. La poule  caquette quand elle pond, claquette, cloque quand elle parle à ses poussins dans l’œuf, clousse quand elle couve, glousse quand elle parle à ses congénères.
Les femmes aussi ont des émissions sonores différentes selon les circonstances de la vie. La femme grogne et couine quand elle regarde seule un film avec Brad Pitt, Georges Clooney, ou les deux à la fois.
Elle pousse des «  Ah qu’il est beau ! » quand elle regarde le même film, mais en compagnie de ses meilleures copines. Elle feule quand un bonobo mâle pénètre de son index pointé, son orifice anal. Elle hurle quand son cochon de mari, usant de la technique précédemment citée du bonobo mâle, la surprend en pleine nuit et pousse plus loin ses investigations, à l’aide d’un objet cylindrique, de taille, diamètre et dureté appropriés.
Elle hurle plus fort quand le même cochon de mari essuie son objet cylindrique, fraîchement utilisé, dans les rideaux de la chambre à coucher.
Elle ricane quand sa meilleure copine se prend un râteau avec le nouveau serveur de la pizzéria, avec son accent italien, ses petites fesses fermes et bien moulées dans son pantalon de tergal noir.
Elle pouffe quand elle ausculte le slip qu’elle portait le jour du film avec ses deux acteurs préférés, avant de le jeter dans la machine à laver.
Elle souffle de dégoût quand elle ausculte le slip que portait son cochon de mari, le jour du cassoulet chez Tati Germaine, avant de le jeter à la poubelle.
Elle lâche de longs soupirs en contemplant le slip qu’elle portait quand elle a accosté le nouveau serveur italien et qu’elle a pris un râteau, avant de le cacher dans le fond de sa commode.( le slip, pas le serveur italien !)
Voilà donc quelques unes des manifestations audibles qu’une femme normalement constituée peut développer au cours de son existence d’être supérieur évolué.

A noter qu’une femme accrochée à une branche, l’anus titillé par l’index d’un bonobo mâle nonchalant, qui vient de regarder un film avec ses deux héros préférés, est beaucoup plus féconde qu’une autre femme, vautrée sur un canapé, à côté d’un cochon de mari assoupi, après un cassoulet chez Tati Germaine, et qui vient de se taper un épisode de l’inspecteur Derrick.
Mais la nature est ainsi faite et ses mystères restent impénétrable. J’en ai donc fini de mes errances scientifiques et je vous le répète :  Si vous notez des erreurs ou des approximations, n’hésitez surtout pas à nous le signaler, afin que nous puissions procéder aux rectifications.

Au fait, à ce jour, aucune réaction de nos amis cheminots de Biars, des phoques allemands ou flamands, des socialistes languedociens amateurs d’anguilles, des actionnaires de BMW et de tous les écorniflés au fil de ces chroniques.
Peut être simplement qu’ils n’y connaissent rien en science avicole…
Allez pour conclure : Pourquoi les coqs n’ont pas de mains ? Parce que les poules n’ont pas de seins…                                                                                                                                                                                                          
Salut mes cailles, salut mes poulets

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