Les charognards de la sécu

Plume de presse. 30 octobre 2009 par Olivier Bonnet


ew lpD’où le déficit de la sécurité sociale provient-il ? De la baisse des recettes. C’est le ministre du Budget, Eric Woerth lui-même (ci-contre photographié avec sa copine du Medef, Laurence Parisot), qui l’analyse dans Le Figaro : "Nous nous attendons à un déficit de 23,5 milliards en 2009 et entre 30 et 31 milliards en 2010. (...) L’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie) va être quasiment respecté en 2009 et, pour la première fois, nous parvenons à maîtriser la progression des dépenses deux années de suite un peu au-dessus de 3%. Mais la récession a provoqué un effondrement des recettes. C’est ce qui explique 65 % du déficit 2009 et 75 % du déficit prévisionnel 2010." Donc en clair, pas de problème avec les dépenses mais pas assez de recettes. Et que décide le gouvernement ? Pas d’augmenter les recettes mais de diminuer encore les dépenses ! Autant dire que le remède s’apparente à la pose d’un sparadrap sur une jambe de bois, que le bénéfice sera dérisoire et le coût social exorbitant, avec ces nouveaux déremboursements de médicaments - vous n’avez plus intérêt à vous brûler, 15% pour la biafine ! - et la hausse du forfait hospitalier à la charge du patient, alors que de plus en plus de Français renoncent désormais à se soigner faute de moyens financiers, jusqu’à 39% d’après un sondage. Et pendant ce temps, on ne fait rien pour résoudre le vrai problème, la baisse des recettes, qui ne va pas s’arranger avec l’explosion du chômage et la stagnation salariale. Alors que c’est pourtant simple : 23,5 milliards de déficit en 2009 et 30 à 31 en 2010 ? Connaissez-vous le montant des exonérations de cotisations patronales ? mt31,5 milliards d’euros en 2010. L’Humanité conclut : "Derrière l’apparente tranquillité du gouvernement devant la dégradation des comptes, Marisol Touraine (députée PS, Nda) suspecte que l’on «  prépare une transformation du système solidaire  » en faveur d’organismes privés. Députée PCF, Jacqueline Fraysse fait observer, elle, que, si la crise pèse, le déficit est surtout « lié au refus obstiné de mettre à plat la structure du financement de la Sécu  ». Et d’appeler à écouter la Cour des comptes qui invite à remettre en question les exonérations de cotisations patronales (31,5 milliards d’euros en 2010). Mais les privilèges aveuglément accordés au Medef sont bien gardés." Voilà comment le gouvernement, pour le plus grand bénéfice du patronat, s’apprête à achever de livrer le cadavre de notre sécurité sociale solidaire aux charognards.

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