Les manifestants de Copenhague se voient dans la lignée de Seattle

Les nouvelles news. 13 décembre 2009 par Arnaud Bihel

 

Avant d'entrer dans la deuxième phase de négociations de la COP-15 – où interviennent, avant les dirigeants, les ministres de l'environnement – on ne peut pas dire que de grands progrès on été faits cette première semaine. Les tensions sont toujours aussi fortes entre les pays industrialisés et ceux en développement. Dans la rue, ce samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Copenhague pour la « justice climatique ».

A l'issue de cette première étape de négociations, la présidente danoise de la COP-15, Connie Hedegaard, évoque « des progrès considérables »... au sujet des transferts de technologies vertes et la prise en compte des forêts. Mais pour ce qui est des réductions d'émissions, des financements, le fossé reste immense entre les demandes des pays pauvres et les concessions des pays riches.

Pour José Bové, présent à la manifestation et aux débats du Klimaforum, c'est le rôle de la rue de soutenir les premiers dans le bras de fer :

 

 

Et le fossé existe aussi entre les tractations du Bella Center et les appels des manifestants.

Ce que demandaient les milliers de personnes dans les rues de Copenhague ce samedi, c'est que les responsables politiques « agissent maintenant », mais pas seulement avec des chiffres. C'est avant tout la « justice climatique », mot d'ordre de la manifestation pour appeler les pays industrialisés à assumer leurs responsabilités.

 

 

Et en toile de fond, toujours, les appels à changer les règles du jeu mondial pour faire passer les peuples avant l'argent. « Changeons de système, pas de climat », pouvait-on lire aussi sur les pancartes. Le mouvement altermondialiste, 10 ans après Seattle où il avait donné un coup d'arrêt à l'OMC, veut croire en sa force à Copenhague. Comme des milliers de personnes venus du monde entier dans la capitale danoise, José Bové fait le lien entre les deux manifestations :

 

 

En prélude au défilé, Vandana Shiva ne disait pas autre chose : il faut « construire un nouveau monde » :

 

 

Et ce qu'il faut retenir de cette manifestation, très dense et colorée, c'est que les revendications étaient festives. A l'avant du cortège, pas la moindre casse, le moindre accrochage. Les forces de l'ordre, elles, étaient relativement discrètes. Les trouble-fêtes sont restées en marge et n'ont cassé que quelques vitrines, pas l'ambiance ni le moral. Seul bémol, plusieurs manifestants se plaignent d'arrestations arbitraires.

Entre 30 000 et 100 000 manifestants, les chiffres sont à la hauteur des espérances. Mais en attendant de changer le système, les gouvernants gardent la main et les négociations vont se poursuivent au Bella Center, que la manifestation n'a fait qu'approcher.

Reste à savoir si les gouvernants auront entendu la voix de la rue. Kumi Naidoo, le directeur de Greenpeace International et de la campagne Tck Tck Tck, ironisait au départ de la manifestation sur la « surdité des dirigeants ». Mais attend toujours qu'il s'accordent, le 18 décembre, sur un traité « juste et ambitieux et juridiquement contraignant, pour protéger nos enfants et petits enfants » :

 

 

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