Les pêcheurs refusent de lever le blocage

Ci dessous l'article paru dans Le Monde le 15 avril dernier. Juste après vous trouverez un article daté du 18 avril paru dans le journal "L'union".

LEMONDE.FR | 15.04.09 | 20h15  •  Mis à jour le 15.04.09 | 22h45

 

Le blocage de trois ports du Nord-Pas-de-Calais – Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque – se poursuivait mercredi soir 15 avril, alors qu'une table-ronde réunissait à Paris les marins-pêcheurs et leur ministre de tutelle, Michel Barnier. Entamées à 19 heures, les discussions se poursuivaient tard dans la soirée au ministère de l'agriculture.

 

Dans l'après-midi, le président du comité local des pêches de Boulogne-sur-Mer, Marc Perrot (CFTC), avait prévenu que les pêcheurs ne lèveraient pas leurs barrages en dépit d'une décision de justice ordonnant leur déblocage. Le tribunal de Boulogne-sur-Mer a ainsi enjoint aux pêcheurs, qui réclament une révision des quotas de prise, de cesser leur action sous peine d'astreintes.

Les requêtes avaient été déposées notamment par les compagnies de ferries LD Lines, à Boulogne, et P&O, à Calais, dont les bateaux sont bloqués à quai au détriment des touristes, notamment britanniques.

Les marins-pêcheurs ont dépassé dans la Manche, depuis début avril, leur quota de pêche au cabillaud et à la sole. L'UE avait autorisé pour 2009 une augmentation de 30 % des quotas par rapport à l'année précédente.

A leur arrivée au ministère, les membres de la délégation, forte d'une douzaine de personnes,

ont répété qu'ils ne voulaient pas des indemnisations évoquées par le gouvernement français. Plus tôt dans la journée, Michel Barnier s'était dit prêt au "dialogue" sur des mesures "d'accompagnement économique" des entreprises de pêche en difficulté, rappelant toutefois qu'il n'était pas possible de renégocier les quotas.

"ON VEUT TRAVAILLER"

"On ne veut pas de l'argent public, on veut travailler. Le blocus est maintenu, on verra ce qu'il en sera après la réunion", à déclaré Jacques Pinto, représentant de la CFDT à Boulogne-sur-Mer. "On va revendiquer notre droit au travail et nous, notre travail c'est de pêcher les poissons et de les vendre", a ajouté M. Pinto. "On sort, mais on est obligé de rejeter des poissons morts à la mer" à cause de quotas déjà épuisés, déplorait mercredi Vincent Malfoy, un pêcheur boulonnais en grève, exprimant son "dégoût" de devoir rejeter ces poissons, "alors qu'il y a plein de gens qui meurent de faim à terre".

A l'unisson du ministère de la pêche, une porte-parole de la Commission européenne a indiqué qu'"il n'y a pas de marge de manœuvre sur les quotas", en rappelant qu'ils avaient été négociés et adoptés par les 27 pays de l'UE en décembre, alors que la France présidait l'UE. "La France gère son quota, ce qui impose évidemment des contraintes pour les pêcheurs", a indiqué Nathalie Charbonneau, porte-parole de la Commission.

es faits La justice demande aux pêcheurs de libérer les ports de Boulogne et Calais

 

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