Les plus beaux mensonges politiques de 2009

Libération. 30 décembre 2009 par Cédrix Mathiot

Le président a apporté son lot de bobards à l'année 2009. Mais il n'est pas le seul, à droite comme à gauche. La rubrique Désintox vous offre ses préférés.

 

Nicolas Sarkozy le 14 décembre 2009 à l'Elysée

Nicolas Sarkozy le 14 décembre 2009 à l'Elysée (Reuters)

En janvier, la rubrique Désintox fêtera son premier anniversaire. Un an de bobards, de chiffres biaisés, d’omissions… L’occasion de livrer un best-of des plus beaux mensonges de 2009. En douze mois, Libération a «désintoxiqué» près de 80 affirmations farfelues ou approximatives. Depuis septembre, la rubrique est illustrée par le coup de crayon caractéristique d’Alain Brillon. Nous avions promis de faire un traitement égal de la parole de gauche et de droite. La droite a été un peu plus taclée que l’opposition. Une des bonnes résolutions de l’année sera de respecter mieux encore cette parité.

Parmi les hommes et les femmes politiques épinglés, certains ont peu apprécié d’être ainsi pris en flagrant délit. Le ministre de l’Immigration, Eric Besson, dont nous avions contesté l’affirmation selon laquelle la France était devenue championne du monde du droit d’asile, s’est proposé de faire du «Désintox de Désintox». Il a fallu que, à notre demande, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU se fende d’une lettre officielle pour que le ministre admette la vérité de nos chiffres. Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, coupable d’une grossière exagération du nombre d’emplois «sauvegardés» en 2009, a tenté de s’en sortir en affirmant qu’il n’avait jamais prononcé les mots que Libération lui avait prêtés…

Mais la Toile constitue désormais une mémoire infaillible de l’expression publique. Enfin, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a préféré répliquer par l’ironie. Lors d’un meeting, il a brocardé le «grand apport à la démocratie» que faisait Libération en consacrant de l’espace à rectifier de si petits mensonges. On peut s’inquiéter de voir un ministre s’arranger ainsi de ses propres fables et banaliser l’inexactitude de la parole politique. Mais on peut aussi décider d’en rire avec lui. Après tout, Brice Hortefeux contribue généreusement à ce palmarès 2009.

Les plus gros mensonges de Nicolas Sarkozy

-«Sur les Champs-Elysées, ils ont trouvé le moyen de mettre un trottoir en zone touristique et un qui ne l’est pas. Il y a un trottoir où on a le droit d’être ouvert le dimanche et l’autre où ce n’est pas possible.»

Indigné par la fermeture des magasins le dimanche, Sarkozy n’a eu de cesse de dénoncer la complexité ou l’absurdité des règles qui étaient en vigueur avant sa réforme pour un assouplissement des règles du travail dominical. Le Président a ainsi répété à l’envi une anecdote sur les trottoirs des Champs-Elysées. «Sur les Champs-Elysées, ils ont trouvé le moyen de mettre un trottoir en zone touristique et un qui ne l’est pas, affirme ainsi le Président lors d’une conférence de presse fin 2008. Il y a un trottoir où on a le droit d’être ouvert le dimanche et l’autre où ce n’est pas possible. Je vous assure que cela fait drôle quand on vient de l’étranger.» Un propos répété à chaque discours avec force mimiques et effets comiques. Sarkozy brocarde les techniciens «qui ont imaginé un truc pareil». «C’est quand même extraordinaire», raille-t-il.

Mais c’est faux. L’avenue des Champs-Elysées, comme d’autres lieux de la capitale classés «zones touristiques à affluence exceptionnelle», bénéficiait simplement d’un régime autorisant l’ouverture de certains magasins le dimanche (activités culturelles et de loisirs). Ce qui n’a rien à voir avec les trottoirs.

-«Le principe selon lequel l’Etat n’a pas le droit de prélever plus de 50% de l’argent gagné par un contribuable, les Allemands y sont tellement attachés qu’ils l’ont inscrit dans la Constitution.»

A propos d’un prétendu bouclier fiscal allemand le 24 mars à Saint-Quentin (Aisne)

Pour dégonfler la fronde contre son bouclier fiscal, Sarkozy a pris l’habitude de s’abriter derrière un prétendu bouclier fiscal que les Allemands auraient inscrit dans leur Constitution. «Le principe selon lequel l’Etat n’a pas le droit de prélever plus de 50% de l’argent gagné par un contribuable, les Allemands y sont tellement attachés qu’ils l’ont inscrit dans la Constitution», affirmait par exemple le Président à Saint-Quentin (Aisne) le 24 mars. Un propos encore répété le 14 décembre.

C’est faux. Un arrêt de 1995 de la cour constitutionnelle de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg) dit que l’impôt sur la fortune ne peut s’ajouter aux autres impôts dus que si le poids total des impôts acquittés représente environ une moitié des revenus. Mais en janvier 1999, un couple imposé à hauteur de 57% de ses revenus a échoué à obtenir une révision de son imposition. La section fiscale de la Cour suprême fédérale avait alors estimé que l’arrêt de 1995 ne concernait que l’impôt sur la fortune et n’avait pas de valeur contraignante, expliquant que la loi fondamentale allemande empêche seulement une taxation «excessive» des biens, sans fixer aucune limite quantitative à l’imposition.

 

-«Quand le président démocratiquement désigné [de Mauritanie] a été retenu, moi-même je l’ai appelé.»

A propos de l'assignation à résidence du chef de l'Etat mauritanien après son renversement par une junte lors d'une conférence de presse donnée en mars à Niamey (Niger)

Paris a été jugé plutôt accommodant avec la junte qui a pris le pouvoir lors du putsch qui a renversé le président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, assigné à résidence après le coup d’Etat.

Mais c’est en particulier une conférence de presse donnée par Sarkozy à Niamey (Niger) en mars qui a suscité la polémique. Interrogé sur la position française sur le dossier mauritanien, Sarkozy assure alors sur un ton d’évidence : «Quand le président démocratiquement désigné a été retenu, moi-même je l’ai appelé.» Gros bobard.

Jointe par Libération quelques jours plus tard, la fille du président déchu, Amal Mint Cheikh Abdallahi, s’étrangle : «Le président Sarkozy n’a jamais appelé le président Abdallahi. On est tombés des nues en l’écoutant dire le contraire lors de la conférence de presse.» La surprise a dû être d’autant plus saumâtre qu’Abdallahi, premier président démocratiquement élu du pays en mars 2007, avait sollicité un tel échange. En vain, raconte sa fille : «Après le putsch, le Président a reçu l’ambassadeur de France en Mauritanie et lui a fait savoir qu’il souhaitait s’entretenir avec le chef de l’Etat français. Sans succès.»

 

- «Le Conseil des ministres propose un nom qui est envoyé au CSA. Si le CSA dit oui […], ce nom part aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat où, tenez-vous bien, il doit être accepté à la majorité des trois cinquièmes.»

A propos de la nomination des patrons de l'audiovisuel public, début février aux JT de TF1 et de France 2

Aux premiers jours de février, Sarkozy fait son show sur TF1 et France 2. David Pujadas l’interroge sur le malaise créé par la réforme de l’audiovisuel public, qui verra le Président en nommer les patrons. Comme souvent, quand Sarkozy est attaqué, il contre-attaque avec véhémence : «C’est factuellement faux ! C’est tellement facile de dire des choses inexactes», tonne le Président, qui explique doctement : «Le Conseil des ministres propose un nom qui est envoyé au CSA. Si le CSA dit oui […], ce nom proposé part aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat où, tenez-vous bien, il doit être accepté à la majorité des trois cinquièmes. C’est-à-dire, et j’y ai tenu, que l’opposition doit être d’accord avec la majorité pour accepter le nom.» Et de conclure : «Vous voyez qu’on est bien loin de la caricature d’un président de la République seul dans son bureau qui va nommer le président de France Télévisions.»

Magistrale démonstration, sauf que Sarkozy a tout faux : c’est pour s’opposer au nom proposé que les commissions doivent avoir la majorité des trois cinquièmes… non pour l’accepter. Les journalistes présents de l’audiovisuel avalent le bobard sans piper mot.

 

- «Si c’était si étrange que cela de baisser la TVA, je vous pose la question : pourquoi Mme Merkel, à la tête de la première économie d’Europe, vient-elle de décider de faire la même chose ?»

A propos de la baisse de la TVA dans la restauration, le 14 décembre lors d'une conférence de presse.

En 2009, Sarkozy a également réussi à inventer une baisse fantôme de la TVA dans la restauration en Allemagne.

Interrogé le 14 décembre lors d’une conférence de presse sur les retombées décevantes de la baisse de la TVA sur la restauration, Sarkozy s’en est vertement pris à l’auteur de la question, en invoquant à nouveau l’exemple allemand, n’hésitant pas à appeler la chancelière à la rescousse :«Si c’était si étrange que cela de baisser la TVA, je vous pose la question : pourquoi Mme Merkel vient-elle de décider de faire la même chose ? Si c’était un tel échec, pourquoi Mme Merkel, à la tête de la première économie d’Europe, vient-elle de décider de baisser la TVA sur la restauration à 7% ? Mme Merkel est quelqu’un de sensé, quelqu’un qui réfléchit.» Et Sarkozy de finir son sermon à l’imprudente journaliste sur cette note condescendante : «Essayez d’élargir votre réflexion aux autres.»

Quitte à ouvrir sa réflexion aux autres, autant se renseigner : c’est uniquement pour l’hôtellerie que l’Allemagne a décidé de baisser le taux de la TVA à compter du 1er janvier 2010. Et pas pour la restauration.

 

- «Le 9 novembre au matin […], nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l’événement qui se profile. Arrivés à Berlin-Ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du Mur.»

A propos de la chute du Mur, dans un post publié sur Facebook le 8 novembre

Un jour avant les célébrations des vingt ans de la chute du Mur, la page Facebook des Sarkozy s’enrichit d’un message affirmant qu’il était à Berlin dès le 9 novembre au soir. «Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et qui semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l’événement qui se profile. Arrivés à Berlin-Ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du Mur.»

C’est Alain Auffray, journaliste à Libération et correspondant à Berlin en 1989, qui met le premier en doute l’affirmation. S’ensuit une piteuse série de mensonges pour ne pas fragiliser la version présidentielle : Alain Juppé modifiera même son blog. Mais les archives sont épluchées et livrent leur verdict : c’est beaucoup plus probablement le 16 novembre que le Président s’est rendu en Allemagne.

Catherine Pégard, conseillère de l’Elysée, invoquera finalement sur RTL le droit au trou de mémoire pour clore l’affaire.

Best of, avec Besson, Hortefeux, Royal, Mélenchon...

Olivier Besancenot porte-parole du NPA, à propos du plan d'aide au secteur financier :

«La Cour des comptes vient d’expliquer que sur les 360 milliards d’euros prévus pour les banques, 100 milliards ont été effectivement donnés.»

A l’automne 2008, Nicolas Sarkozy annonce un plan d’aide au secteur financier de 360 milliards d’euros. La somme est colossale, mais elle agrège essentiellement des garanties et des prêts. Les intérêts que verseront les banques doivent même rendre le plan indolore pour la collectivité. Mais la tentation démagogique de dénoncer les «cadeaux» faits aux banques est forte. Ségolène Royal s’indigne que l’Etat, qui «trouve 360 milliards», ait dû «augmenter les impôts pour trouver un seul milliard pour financer le RSA». Olivier Besancenot achèvera ce travail de désinformation en octobre. A sept reprises, le leader du NPA livrera une lecture tout à fait fantaisiste d’un rapport de la Cour des comptes  : «On a donné 360 milliards d’euros aux banques. Sarkozy a dit que ce n’était pas un don, mais la Cour des comptes vient d’expliquer que […] 100 milliards ont été effectivement donnés.»

 

Eric Besson ministre de l'Immigration, dans une interview à Libé le 20 octobre :

«La France n’est pas un pays fermé, ni une forteresse. En matière d’asile, la France est le pays le plus demandé et celui qui a le taux d’acceptation le plus élevé.»

On peut passer du PS à l’UMP et être fidèle à ses bobards. En 2009, le ministre de l’Immigration, Eric Besson, a affirmé vingt fois (selon notre décompte pas forcément exhaustif), que la France était passée du troisième au premier rang mondial en nombre de demandes d’asile reçues.

Il ajoutait aussi que l’Hexagone était le pays offrant le taux de reconnaissance des demandeurs d’asile le plus élevé au monde.

Les deux affirmations sont fausses. Une première fois, la rubrique Désintox a corrigé Besson. Lequel a continué comme si de rien n’était.

Il a fallu que Libération publie un courrier de mise au point du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU pour que Besson reconnaissance son erreur. Version officielle : le ministère avait mal interprété les statistiques du HCR.

 

Ségolène Royal présidente socialiste de la région Poitou-Charentes :

«La région Poitou-Charentes est la première d’Europe sur le plan photovoltaïque.»

Et quelle est verte ma région ! Invitée sur France 2, l’ex-candidate à la présidentielle a fini son année en répétant une de ses affirmations favorites :«La région Poitou-Charentes est la première d’Europe sur le plan photovoltaïque.» Un satisfecit réaffirmé à tous les micros en 2009, mais totalement farfelu.

La région de Ségolène Royal a certes obtenu un prêt conséquent de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour développer l’énergie solaire, mais cela ne fait pas de Poitou-Charentes la première région d’Europe. Les statistiques françaises montrent que, fin 2008, la région Poitou-Charentes ne se classait qu’en septième position, bien loin derrière le Languedoc-Roussillon ou la région Rhône-Alpes.

Rochelyne Bachelot ministre de la santé , à propos de la hausse du forfait hospitalier, en septembre

«L’idée d’une hausse [du forfait hospitalier] provient d’un certain nombre de préconisations de l’assurance maladie […] qui datent du mois de juillet.»

Une réforme passe mal ? Autant en refiler la paternité à d’autres. C’est ce qu’a fait en septembre la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, à propos de la hausse du forfait hospitalier. Pour dégonfler la polémique, Bachelot assure que l’idée d’une hausse provient d’un «certain nombre de préconisations de l’assurance maladie qui étaient sans doute passées inaperçues dans la torpeur de l’été parce qu’elles datent du mois de juillet».

Bien tenté. Mais les partenaires sociaux réagissent illico : «L’augmentation du forfait ne figure absolument pas parmi les propositions remises au gouvernement en juillet par les conseils des caisses d’assurance maladie», rectifie Michel Régereau, président (CFDT) de la Caisse nationale d’assurance maladie. Morale de l’histoire : le forfait hospitalier augmentera bien de 2 euros en 2010.

 

Eric Besson ministre de l'immigration, à propos du renvoi de trois migrans vers l'Afghanistan en octobre

«Les trois personnes que nous avons choisies pour être reconduites sont originaires de la zone de Kaboul, une région où il n’y a pas de risques pour leur intégrité physique.»

Dans la nuit du 21 au 22 octobre, la France expulse trois Afghans dans leur pays en guerre. Le matin du 22, sur Europe 1, le ministre de l’Immigration se justifie en évoquant des conditions de retour«sûres».«Les trois personnes que nous avons choisies pour être reconduites sont trois personnes qui sont dans la zone de Kaboul, originaires de la zone de Kaboul, ce qui explique qu’ils ne soient pas plus nombreux. C’est une région où il n’y a pas de risques pour leur intégrité physique.» Sur place dans la capitale afghane, Luc Mathieu, correspondant de Libération, révélera que la vérité est autre. L’un des trois exilés vient de la région de Paktia, au sud-est du pays, l’une des provinces les plus dangereuses d’Afghanistan. Les deux autres viennent de provinces au nord de Kaboul, régions plus calmes, mais où la sécurité n’est pas garantie.

 

Brice Hortefeux ministre de l'Intérieur, à propos de sa proposition d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs délinquants de moins de 13 ans

«La part des mineurs dans la délinquance a augmenté de près de 5% en un an, pour atteindre 18%»

Parfois, exagérer des chiffres ne suffit plus… Il faut alors en inventer. Invité à justifier sa proposition d’un couvre-feu pour les mineurs délinquants de moins de 13 ans, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, livre début novembre cette statistique : «La part des mineurs dans la délinquance a augmenté de près de 5% en un an, pour atteindre 18%» Tremblez, braves gens.

Sauf qu’en réalité, la part des mineurs dans la délinquance diminue. Les mineurs mis en cause sont passés de 18,04% de la délinquance globale en 2007 à 17,73% en 2008. Et ce chiffre est globalement à la baisse depuis dix ans (il était de 20% en 2002).

Chistian Estrosi maire de Nice, secrétaire général de l'UMP, le soir de l'élection de Barack Obama à la maison Blanche

«Pour moi qui représente l’UMP, la grande formation politique du président de la République, nous voyons que l’impulsion que Nicolas Sarkozy a donnée ces dernières semaines aura sans doute quelque part pesé sur le comportement des Américains.»

Le bobard le plus flagorneur, le plus abracadabrantesque de l’année 2009 a été prononcé le 4 novembre 2008, mais il ne nous a été révélé que deux mois plus tard, par le biais du blog du maire de Nice et secrétaire général de l’UMP. Présent à Miami (Floride) lors de l’élection de Barack Obama comme président des Etats-Unis, Christian Estrosi avait trouvé le moyen de passer un coup de cirage à son patron et ami Nicolas Sarkozy.

 

Jean-Luc Mélenchon président du parti de gauche, citant fin novembre Nicolas Sarkozy

«Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police-population. Ils s’appuieront sur des "volontaires citoyens de la police nationale".»

Fin novembre, Jean-Luc Mélenchon, le président du Parti de gauche, révèle que Nicolas Sarkozy, lors de son déplacement en banlieue du 24 novembre 2009, a proposé la création des milices citoyennes. Et de citer le Président : «Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police-population. Ils s’appuieront sur des "volontaires citoyens de la police nationale", c’est-à-dire des habitants dont je veux engager le recrutement pour qu’ils s’impliquent dans la sécurité de leur propre quartier".» Sur son blog, Mélenchon s’étonne qu’aucun média ne reprenne son scoop. La raison en est simple, comme le relève Slate.fr : la phrase de Sarkozy n’a pas été prononcée le 24 novembre 2009… Mais en février 2008. Presque deux ans plus tôt.

 

Chistian Estrosi ministre de l'industrie, le 26 novembre à Nice

«Si à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris de s’interroger sur ce qui fonde réellement l’identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être aurions-nous évité l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.»

Christian Estrosi (encore lui) a trouvé une justification des plus saugrenues au débat sur l’identité nationale : à l’en croire, un bon débat sur l’identité nationale allemande avant 1939 aurait été à même… d’éviter la Seconde Guerre mondiale !

 

Ségolène Royal sur France Info, à la Guadeloupe le 24 février

«Depuis que Nicolas Sarkozy est élu, les ministres ont vu leur salaire augmenter de 150 %.»

Présente en Guadeloupe pour les obsèques du syndicaliste Jacques Bino, tué le 17 février par balle, Ségolène Royal dénonce le départ précipité de l’île d’Yves Jego, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, pourtant «grassement»payé. «Le rôle du gouvernement, c’est d’être là. Les ministres sont payés pour ça, ils sont même grassement payés pour ça. Je vous rappelle que depuis que Nicolas Sarkozy est élu, les ministres ont vu leur salaire augmenter de 150%.» Royal s’est en réalité «grassement» trompée, confondant l’inflation salariale du Président avec celle des ministres et des secrétaires d’Etat, dont les rémunérations, elles, sont parfaitement stables depuis 2007.

Photos Jean-Michel Sicot; Dessins Alain Brillon
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