Manifestation des apiculteurs ariégeois. Avril 2009. Source : Arège News TV

Une cinquantaine d’apiculteurs ariégeois ont organisé  une manifestation pour sensibiliser le grand public aux problèmes qui les touchent depuis quelques mois, à savoir l’importante mortalité des abeilles.

Selon eux, plus de 2500 ruches seraient mortes, engendrant d’importants problèmes de trésorerie pour la prochaine campagne de miel. Les apiculteurs dénoncent «une intoxication des abeilles par les traitements insecticides rendus obligatoires dans les élevages infectés de FCO», car les ruchers touchés se trouvent à proximité d'élevages (voir notre article du 11 février 2009).

Ils ont saisi les services de l’Etat et demandent aujourd’hui «l’arrêt total des désinsectisations et une indemnisation pour reconstituer le cheptel décimé»

C’est en tenue de travail, enfumoirs à la main et banderoles déployées, que ces apiculteurs au départ de la Chambre d’Agriculture, se sont rendus devant la Mairie de Foix pour une opération de sensibilisation.

En effet, allongés sur la chaussée, certains ont bloqué la circulation sur les allées de Vilotte alors que d’autres distribuaient des tracts sur le marché.

Après un passage devant les fenêtres des services vétérinaires, les manifestants se sont rendus à la préfecture et ont demandé à être reçus par le préfet.

Celui-ci a délégué son chef de cabinet ainsi que Marie Schann, de la DDSV 09, afin d’entendre les revendications de la délégation. «C’est au préfet et non à ses représentants que nous souhaitons nous adresser, indiquait Bertrand Théry, leur porte-parole.

Nous voulons bien faire une demande écrite mais si nous n’avons pas de rendez-vous avant la fin de la semaine prochaine, nous manifesterons officiellement dans quinze jours !»

Retour sur l’actualité: depuis le mois de janvier, date à laquelle les apiculteurs ariégeois ont commencé à tirer la sonnette d’alarme face à la mortalité anormale de leur colonies d’abeilles, les coupable sont clairement désignés et identifiés par la profession:

«Les désinsectisations massives dans la lutte contre la FCO (fièvre catarrhale ovine) rendues obligatoires par arrêté préfectoral ont tué la moitié de nos colonies», expliquait Bertrand Théry, apiculteur à Serres-sur-Arget, membre de la Confédération Paysanne.

Celui-ci organisait, il y a quelques semaines à peine, une visite de presse dans ses ruchers pour évaluer l’importance de ces «dégâts collatéraux»

De son côté, au même moment, la direction départementale des services vétérinaires a réalisé des prélèvements en zone de piémont envoyés au CNRS de Solaize pour recherche des pesticides (Cyperméthrine, Fenvelate, Phoxim, Perméthrine), deux sont revenus positifs à des concentrations en Perméthrine, comprises entre 10 et 50 nanogrammes/G d’abeilles.

Dans ses conclusions, la DDSV indiquait que «ce principe actif rentre dans la composition de produits de désinfection connus pour leur toxicité vis-à-vis des abeilles» mais elle a demandé dans le même temps une mission d’évaluation composée de deux enquêteurs de la BNEVP (brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire) afin «d’effectuer la corrélation entre les effets observés et les pratiques de désinsectisation mises en œuvre dans le cadre de la campagne FCO»

Les résultats de cette étude ont été communiqués la semaine dernière à la Confédération Paysanne.

D’après Pierre Jabert, directeur de la DDSV 09 joint au téléphone lundi 7 avril: «ils écartent l’intoxication à la Perméthrine car les doses relevées sont très faibles. Nous cherchons actuellement des financements pour demander une enquête sanitaire sur cinq écosystèmes différents [...]

Concernant le dépouillement des questionnaires régionaux envoyés aux apiculteurs, bien que les pesticides soient peu présents, nous recherchons des traces de pesticides autres que la Perméthrine,
ajoutait Pierre Jabert.

Face aux problèmes que rencontrent les abeilles pas seulement dans le département de l’Ariège, la voie du virus est également envisagée»

La récente semaine sans pesticide (du 20 au 30 mars 2009) a mis au jour des chiffres qui prêtent à réflexion: la France est le premier consommateur européen de pesticides et se situe au 4e niveau mondial avec 76 000 tonnes par an.

Des chiffres à méditer…


Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009

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