Manifestations : 2000 selon la police, 5000 selon... la police !

Les mots ont un sens. 4 décembre 2009 par

Un comble, pour une procession de profanes appelant à la guerre sainte contre... "la religion du chiffre". Désarmés et désabusés devant la baisse des effectifs, les pressions hiérarchiques et autres quotas imposés par le gouvernement, les poulets ont, hier, volé dans les plumes de leur hiérarchie.

Manifestations police policiers

2000 suppressions de postes de policiers sont officiellement prévues pour 2010. Cette année, 800 policiers ont été accueillis dans la maison poulaga, contre 4 500 en temps normal. Sept centres de formation ont fermé. Ajoutez à cela les 18 millions d'heures supplémentaires non payées qui marinent depuis plusieurs années, et que le ministère propose de rémunérer en dessous du SMIC. Saupoudrez d'une pincée de pression politique. Accompagnez le tout d'une sauce pimentée à base de quotas de gardes à vue et de contraventions. Et vous obtenez un magnifique chicken-strike... Servir très chaud.

Raz-le-képi

Hier, donc, à l'appel de l'Union SGP-FO/Unité police, premier syndicat de gardiens de la paix, les policiers ont mangé leurs képis et exprimé leur "raz-le-bol" face à la "politique du chiffre", aux "quotas de contraventions", aux effectifs en baisse, au vieillissement du matériel non remplacé, aux heures sup' non payées... "Policiers usés, policiers démotivés" scandaient les manifestants parisiens, postés devant le ministère de l'Economie (pourquoi pas devant le ministère de l'Intérieur ? Mystère...), entre midi et deux (les policiers en service ont interdiction de faire grève et de manifester). A la sauvette, donc...

"La profession la plus affectée par les suicides"

"Jour après jour, les policiers nationaux s'épuisent à réussir des objectifs inatteignables - la politique du chiffre - loin des réalités d'une délinquance mobile, violente, dont vous avez ou pouvez être victime" dit un tract distribué au public devant Bercy. La révision générale des politiques publiques (RGPP) est dans la ligne de mire, qui "n'a qu'un but : réduire les dépenses de l'Etat et démanteler les services publics essentiels". Dans cette "lettre aux citoyens", les polissons soulignent encore que "la police nationale est la profession la plus affectée par les suicides", cinquante tous les ans.

Quelques illustrations de cette "politique du chiffre", à lire sur Libélyon.

Si ce n'était un secret pour personne, ça va mieux en le disant...

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