Manipulation et coup tordu Coup d'État au Brésil

Source : extraits d'un article publié sur Pressenza, mais en ligne le 25 avril 2016.

La Nouvelle Campagne de la Légalité, impulsée par plus de huit mille juristes de tous les États du Brésil, vient de commencer. Elle cherche à transmettre au monde le manifeste qui dénonce le coup d’État en cours au Brésil.

 

Le coup detat en cours au bresil 720x574La Présidente Dilma Roussef a été la cible d’attaques systématiques provenant de l’opposition politique, des grands médias et des secteurs conservateurs de la société, depuis l’annonce officielle de sa victoire au second tour des élections de 2014.

En 2015, le Président de la Chambre des Députés, Eduardo Cunha, qui fait l’objet d’investigations pour son implication dans les affaires de corruption de la Petrobras et mis en cause pénalement pour avoir reçu des pots de vin sur un compte bancaire suisse, a reçu la demande d’impeachment, fondée sur les fameux « pédalages fiscaux » (bidouillage des chiffres des de l'économie du Pays) et l’édiction de six décrets non énumérés responsables de l’ouverture de crédits supplémentaires, sans autorisation législative. Aucune de ces deux actions pourtant ne répond à l’exigence constitutionnelle d’offense à la Loi de Finances et ne constitue ainsi un crime de responsabilité, qui serait la seule et unique raison pour laquelle l’ordre juridique brésilien autorise le procès d’impeachment. Eduardo Cunha, encore non suspendu par la Commission d’Éthique de la Chambre des Députés, exerce en toute impunité ses fonctions de Président de la Chambre. Dans ces circonstances, et avec l’appui de l’opposition vaincue par les urnes en 2014, il s’apprête à conduire la première et plus importante phase du procès d’impeachment. Par ailleurs, avec le risque de perdre son mandat, sans preuves, investigation ou accusation de fraude fiscale ou de dissimulation d’informations sur ses biens et son patrimoine, la Présidente Dilma Roussef, qui n’a pas de compte bancaire à l’étranger, et dont le nom ne figure sur aucune liste de politiciens impliqués dans des affaires de corruption, n’apparaît sur aucune opération de repentance pour avoir reçu ou offert des pots de vin, et ne figure pas comme accusée ou mise en cause dans des investigations policières ou criminelles.

Ob 3a5674 bresil coup d etatD’un côté, le principe de présomption d’innocence, de l’autre, la présomption de faute comme règle politique du moment. La Commission Spéciale du procès d’impeachment de la Chambre des Députés est composée majoritairement d’hommes politiques qui ont notoirement reçu des donations de campagne électorale de la part d’entreprises soumises à enquête dans les détournements de la Petrobras. Les membres de cette Commission sont des députés également soumis à enquête par cette même opération policière…

 

Plus de 8 000 juristes, avocats et professeurs de Droit du pays tout entier lancent une campagne et un manifeste par lequel ils entendent :

1) Affirmer l’État de Droit Démocratique et Constitutionnel, qui doit être soumis aux lois et se réaliser par la loi, qui ne peut admettre aucune violation de garanties fondamentales établies ainsi qu´aucune instauration d’un État d’exception par le truchement d’un procès d’impeachment sans fondement juridique.

2) Défendre l’impartialité de la Justice, qui doit pouvoir fonctionner selon les règles de la Constitution et de l’ordre juridique, refusant son fonctionnement sélectif ainsi que les persécutions politiques de quelque nature.

3) Défendre la répression de la corruption, qui doit être réalisée de manière éthique, républicaine et transparente, sans que cela ne conduise à quelque restriction ou infléchissement des droits des citoyens ou l’utilisation irresponsable de moyens de communication quant à l’établissement artificiel et impropre d’actes judiciaires. La lutte contre la corruption ne peut s’exercer à l’encontre des droits et garanties du citoyen.

4) Affirmer que nous lutterons pour la préservation de la stabilité et du respect des institutions politiques, ce qui en ce moment de crise se révèle être une position prudente, afin d’assurer le respect de la volonté populaire, qui doit se manifester par les règles définies dans la Constitution, au moyen d’élections directes régulières et périodiques.
Le Brésil traverse actuellement une grave crise au cours de sa récente démocratie. Pendant les années de dictatures, nombre de citoyens ont souffert et se sont sacrifiés pour que nous puissions aujourd’hui exercer pleinement nos droits.

 

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