Naomi Klein veut passer la COP-15 au détecteur de mensonges

Les nouvelles news. 9 décembre 2009 par Arnaud Bihel

 

naomieEn vedette pour l'ouverture du Klimaforum, Naomi Klein.

La journaliste canadienne, auteure en 2007 de "The shock doctrine - La montée du capitalisme du désastre", n'a pas mâché ses mots, devant le "contre-sommet" de Copenhague, contre la responsabilité du capitalisme dans la crise climatique.

Et, si elle ne croit pas à la conclusion d'un accord efficace, elle appelle les citoyens à jouer le rôle de "détecteur de mensonges".

 

Invitée à ouvrir le Klimaforum, Naomi Klein a voulu se montrer réaliste : « D'un côté, c'est formidable que le monde entier parle du changement climatique, qu'au plus hauts niveaux du pouvoir il semble il y avoir consensus sur ce problème (…) Mais il y une étrange dissonance, parce que (…) nous savons que ce qui est proposé au Bella Center [le centre des congrès où se tient la COP-15] ne permettra pas de faire face à la crise climatique. Ce n'est pas sur la table. Il faut être réaliste. »

Nous savons, assène-t-elle, que les promesses de réduction d'émissions des pays riches sont bien en deçà de ce qui est nécessaire, nous savons que les niveaux d'aides financières aux pays pauvres sont « insultants ». Parce qu'« il ne s'agit pas de charité, il s'agit d'une crise que nous avons créée, avec notre consommation ».

 

Dette climatique des pays riches envers les pays pauvres

Le cheval de bataille de Naomi Klein, c'est la « dette climatique » qui incombe aux pays riches. Elle aime à répéter ces chiffres : les nations industrialisées « sont responsables de 75% des émissions de gaz à effet de serre. Les pays pauvres subissent 75% des conséquences climatiques. » Pour payer cette dette, les plus riches n'ont donc pas à mesurer leurs efforts à Copenhague, tant pour réduire leurs émissions que pour financer l'adaptation des pays en développement.

C'est seulement si des avancées considérables sont faites que la COP-15 sera un succès. Et les milliers de participants à ce «contre-sommet » du Klimaforum doivent être « des détecteurs de mensonges », assure Naomi Klein. Il y aura un accord, certes, « mais nous devrons faire la différence entre un accord et un succès. »

La mobilisation des citoyens, pour Naomi Klein, est le signe de la force, et des mutations du mouvement altermondialiste, médiatiquement né il y a 10 ans dans les rues de Seattle, contre l'Organisation Mondiale du Commerce. De Seattle à Copenhague, le rôle des militants a changé : à l'époque, nous disions « Non », estime Naomi Klein. Aujourd'hui nous disons « Oui », et notre rôle est de dénoncer ceux qui ne veulent pas changer.

Et de dénoncer le principe du marché du carbone, les mécanismes financiers « envisagés en ce moment au Bella Center comme solutions à la crise climatique ». Alors qu'il y a seulement un an « les mêmes mécanismes ont fait fondre le système financier global ».

Ce système capitaliste responsable de ces crises, financières et climatique, est de nouveau sous le feu des critiques depuis un an, se réjouit Naomi Klein. Et celle qui s'était fait connaître avec "No Logo",  livre dénonçant l'empire des marques, s'en est également pris dans son discours à l'opération Hopenhagen (jeu de mots sur "hope", "espoir" en anglais) - une campagne publicitaire qu'on peut voir même en France. Le globe lumineux, symbole de l'opération au centre de la capitale danoise, "arbore à son pied le logo Siemens, et l'événement est sponsorisé par Coca-Cola. C'est la capitalisation de l'espoir, mais c'est au Klimaforum que le réel espoir se trouve", a conclu Naomi Klein.

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