Natixis : 1,5 million pour regarder sa boîte couler

Natixis : 1,5 million pour regarder sa boîte couler

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Banque. «Libération» révèle une nouvelle rémunération choc.


Dans la série, les dirigeants s’en mettent plein les poches en entraînant leur entreprise dans la faillite, voici Natixis. Selon le rapport annuel de l’entreprise, publié hier, et que Libération a épluché, son ex-directeur financier, Jean-Pascal Beaufret, limogé en novembre, devrait toucher au total 1,5 million d’euros alors qu’il n’a travaillé que neuf mois dans la banque d’investissement. Mais, plus que la somme elle-même, c’est la manière dont elle se décompose qui est choquante.

Aucune expérience. Jean-Pascal Beaufret a en effet pris ses fonctions le 14 février 2008. C’est Dominique Ferrero, le président du directoire de Natixis, qui était allé le chercher. Les deux hommes sont proches : ils ont fréquenté dans les années 80 les cabinets ministériels de la gauche. Sa nomination est alors contestée. Beaufret vient de se faire virer de son poste de directeur financier d’Alcatel-Lucent, une autre entreprise qui ne s’est pas vraiment illustrée par la qualité de ses finances… L’homme n’a aucune expérience dans la banque d’investissement et ses passages dans le monde bancaire n’ont pas laissé un souvenir impérissable dans les années 90. Alors représentant du Trésor, il avait été administrateur du Crédit lyonnais au moment de sa quasi-faillite. Et avait occupé un temps le poste de sous-gouverneur du Crédit foncier, avant de voir sa nomination annulée pour pantouflage.

Mais cela n’empêche pas Ferrero de mettre les moyens pour aller chercher Beaufret. Il lui accorde, en plus de son salaire annuel de 500 000 euros, une prime d’arrivée du même montant. Dans le jargon anglo-saxon, on appelle cela un golden hello. Beaufret reste quelques mois, le temps de compter les pertes qui s’accumulent (2,8 milliards d’euros pour 2008).

«Préjudice». A l’automne, les deux actionnaires de Natixis, les Caisses d’épargne et les Banques populaires, demandent sa tête. Pour garder son poste, Dominique Ferrero sacrifie son directeur financier. Ce dernier part le 30 novembre, mais obtient de pouvoir bénéficier d’un préavis de six mois, ainsi que d’une indemnité de départ d’un montant équivalent. «La rupture du contrat de travail a entraîné le versement en 2009 d’une indemnité pour préjudice», indique le rapport annuel de Natixis. Au final, Jean-Pascal Beaufret aura touché 500 000 euros pour venir, 500 000 euros pour neuf mois de travail, et 500 000 pour s’en débarrasser. Le prix de l’incompétence ?

 

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