NOUS SOMMES TOUS DES GRECS !

La chronique du Lutin. 6 mai 2010

Le constat est amer et le couperet vient de tomber. Et nous aussi, éditeurs du Lot en action, n’échappons  pas à la règle. Et pourtant, ce n’est pas faute d’y avoir cru. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, nous batifolions sur les hauteurs où poussent  l’herbe verte, la sarriette et le serpolet. Nous pensions, candides et crédules, que notre enthousiasme, notre volubilité, la légèreté de notre plume, néanmoins trempée dans une encre corrosive, notre investigation scrupuleuse, notre soif de justice sociale, suffiraient amplement à convaincre et rallier à notre cause un large public, en demande des mêmes valeurs que nous voulions promulguer au fil de nos colonnes, doriennes, cela va sans dire, pour reprendre notre introduction. C’est la raison pour laquelle, nous n’avions pas pris le temps, dans notre insouciante innocence, de nous occuper plus sérieusement de l’aspect bassement financier de notre exaltante entreprise. Notre philanthropie nous poussa même à proposer un prix de vente singulièrement peu élevé, au regard des efforts fournis, sans que l’idée d’un quelconque lucre, bénéfice aussi minime soit il, nous effleure l’esprit, car comme chacun sait, quand on aime, on ne compte pas ! De surcroît, nous avions quelques économies, l’été avait été chaud, l’automne était plaisant, l’avenir semblait radieux, nous avions confiance, comme les Grecs !

Mais le loup rôdait et il rôde toujours ! En un mot comme en cent, pour parler cash, comme on dit maintenant, le flouze s’est envolé, la maille s’en est allée, le blé s’est volatilisé, bref les caisses sont vides. Les experts du FMI, qui se sont penchés à notre chevet, sont formels. Il faut, dans un premier temps, augmenter MASSIVEMENT le prix de vente, afin d’équilibrer en urgence les comptes et de pouvoir payer celui sans qui vous ne pourriez pas lire ces lignes : L’Imprimeur (nous vous rappelons, au passage, que toutes les personnes qui participent à l’élaboration du journal sont entièrement BENEVOLES. Quand on connait le talent de certains, on se dit qu’ils sont bien idéalistes et fidèles, car cela fait longtemps que Paris Match ou l’Equipe ont tenté de les débaucher). Avant de poursuivre, nous aimerions remercier chaleureusement tous ceux et toutes celles qui nous ont soutenu jusqu’à maintenant et ont régulièrement fait l’effort d’acheter notre parution. Mais ce qui va suivre risque de créer un gros choc. Donc asseyez  vous dans le fauteuil, respirez par le nez, servez vous un double scotch et préparez vous à recevoir le tsunami en pleine face. Oui nous le savons, votre budget vacances à la neige va en prendre un sacré coup. Il va falloir vous serrer la ceinture, comme les Grecs ! Nous avons décidé de passer le prix de vente du journal à 2,20 €, au lieu de 1,50.  0,70€ d’augmentation par numéro, soit  1,40 par mois...  Voilà c’est dit. Maintenant,  on attend que la poussière retombe et les premiers rapports des équipes de secours. Pour les anciens, cela représente 2 croissants par mois ou 1 SMS à la Nouvelle Star. Pour les nouveaux, c’est un demi pression tous les 15 jours. C’est dur, très dur, mais nous avons mis en place une cellule psychologique pour les plus fragiles.

2ème solution préconisée par nos experts : augmenter le nombre d’exemplaires vendus. Encore une fois, fidèles amis lecteurs, nous vous sollicitons. La 2ème lame arrive, avant que le poil ne se rétracte… Quand vous achetez le journal, pourquoi ne pas en prendre un autre pour l’offrir à la concierge qui s’occupe de vos chats, à l’institutrice de vos enfants, à vos amis qui vous invitent à manger… Les fleurs, c’est dépassé et puis ça salit tout. La bouteille de vieux Cahors, c’est démodé et puis, à cause des contrôles, on ne peut plus picoler. Les gâteaux ça fait grossir. Par contre, un bon LEA fraîchement imprimé qui sent encore l’encre, rempli d’indiscrétions croustillantes, ça c’est original !  Petit message à certains clients d’estaminets, où notre journal est gracieusement mis à leur disposition : tout en buvant votre demi ou votre pastis, vous consultez librement notre journal et vous en faîtes vos choux gras. Mais si vous voulez que cela dure, ACHETEZ- le !   On vous l’a dit : 2,20 €. ,1 malheureux petit demi en moins. Cela fera du bien à votre couperose.                       

Pour finir, supplique à nos édiles locaux, responsables politiques et syndicaux qui n’arrêtent pas de s’indigner sur les politiques libérales d’un gouvernement réactionnaire et qui se plaignent de n’être jamais informés en temps voulu. A votre avis, qu’est ce donc que l’on dénonce au fil de nos pages ? Donc,  ABONNEZ-vous au LEA, et en plus pour vous, c’est GRATUIT, pris en charge par la communauté. Vous saurez tout avant tout le monde. Ah bien sûr, il faut consentir à vous faire écornifler le coin du museau, mais seulement si vous avez fait de grosses bêtises…


Voilà mesdames et messieurs, vous savez tout. Ainsi, nous avons besoin de votre compréhension et de votre indéfectible soutien pour que nous puissions continuer cette belle aventure commune. Nous vous souhaitons une bonne lecture et croyons vivement qu’il y en aura encore beaucoup d’autres.

 

Commentaires (2)

1. Le Lutin qui lutte 21/09/2010

Cher Monsieur Bong
Tout d'abord veuillez accepter nos plus plates excuses pour ne pas avoir répondu plus tôt à votre message si gracieusement laissé sur le site internet de notre modeste mais génial journal. Mais sachez que nous étions en vacances. Maintenant que le travail a repris ses droits, je vais donc enfin pouvoir vous répondre.
Ce qui frappe tout de suite à la lecture de votre prose, c'est votre sens inné de la formule lapidaire qui ne tolère aucune réplique. Je ne sais pas si vous exercez un quelconque emploi, mais si vous êtes au chômage, vous pourriez aisément vous faire embaucher par Monsieur Hortefeux qui adore s'entourer de collaborateurs tels que vous, afin de mener à bien sa politique de reconduites à la frontière. Des hommes peu diserts dont les rares phrases qu'ils prononcent résonnent comme des coups de matraque.
La rubrique que vous avez si complaisamment commentée était à l'origine destinée au journal papier qui parait tous les quinze jours, et dont nous ne doutons pas un instant que vous allez très bientôt être un des fidèles abonnés, à moins que cela ne soit déjà chose faite. C'est la raison pour laquelle nous avions insisté sur le coût de l'impression. Sur le site internet, nous reproduisons des articles parus sur le journal papier, ou bien nous créons quelques inédits qui n'ont pas pu être insérés sur le journal. Mais au départ, le Lot en Action est un journal classique, avec du papier et de l'encre, un imprimeur et des points de vente auquel il faut se rendre, en prenant sa voiture si on habite loin, ou en marchant, quel effort!, si l'on est plus près, en disant bonjour à des passants, à des voisins, en discutant avec la patronne du magasin de presse,en s'arrêtant acheter du pain à la boulangerie d'à côté, en rencontrant des amis, s'enquérant de leur santé, les invitant à venir prendre un verre au bistrot d'en face, bref toute une foule de petites actions anodines, désuètes, inutiles, mais qui maintiennent encore le lien social.

Une bonne journée Monsieur Bong

2. bong 01/07/2010

sur le net y pas d'imprimeur.

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