Nouvel incident sur le site de Cadarache : le débat fait rage

Maxisciences.com. 28 octobre 2009

France - Alors qu'une deuxième erreur d'évaluation concernant cette fois une quantité d'uranium plus importante que prévue a été constatée sur le site du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Cadarache (voir article), le réseau Sortir du Nucléaire estime nécessaire la mise en place d'"expertises indépendantes réalisées par des experts internationaux".

Après qu'une quantité de plutonium bien supérieure aux prévisions a été découverte lors du démantèlement de l'Atelier de plutonium (ATPU) de Cadarache, le CEA a fait état d'un nouvel écart, concernant cette fois une rétention d'uranium faiblement enrichi. Cet écart serait supérieur de 6 kilos à la limite autorisée de 4 kilos dans dans une autre structure en cours de démantèlement. Cette quantité pourrait en effet atteindre 10 kilos dans une cellule blindée de 130 mètres cubes de la Station de traitement, d'assainissement et de reconditionnement (STAR).

Le réseau Sortir du nucléaire prévoit de "nombreuses autres mauvaises surprises" sur le site de Cadarache et estime qu'il "faut des expertises indépendantes réalisées par des experts internationaux, avec accès à toutes les parties du site".

Le CEA a suspendu tous les travaux de démantèlement du site jusqu'à ce que soit dressé un bilan complet des poussières de matières radioactives présentes sur le site. Mais selon le réseau, le site de Cadarache n'est qu'un révélateur de l'état de l’exploitation nucléaire française. "Le CEA, AREVA et EDF ont construit en France, depuis 50 ans, d’innombrables installations nucléaires qui sont aujourd’hui dans un grave état de délabrement, qui contiennent des quantités souvent indéfinies de diverses matières nucléaires" estime l'association.

De son côté, le CEA assure que "à aucun moment, il n’y a eu de risques ni pour le personnel, ni pour la population avoisinante, ni pour l’environnement ; la limite de sûreté n’a jamais été dépassée durant la phase d’exploitation. La masse totale d’uranium dit de rétention, soit 10 kg, est restée largement en dessous des 184 kg d’uranium autorisés vis-à-vis du risque de criticité".

L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé ce nouvel incident au niveau 1 de l'échelle INES, qui en compte 7.

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