Obama épouse les thèses populistes

Backchich Info. Le 12 Février par Doug Ireland

 

En annonçant le gel des dépenses pour le reste de son mandat, le président américain Barack Obama ne fait que confirmer son virage à droite.

Le dramatique virage à droite de Barack Obama est un désastre économique et politique. Le président américain a annoncé, le 27 janvier, dans son discours au Congrès sur « l’état de l’Union », le gel de toutes les dépenses du gouvernement pour le reste de son mandat (à l’exception du budget militaire, le plus gros dans l’histoire du pays). Le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, chroniqueur au New York Times et, jusqu’à récemment, ardent supporter d’Obama, l’a immédiatement condamné comme « révoltant à tous les niveaux, alors que l’économie souffre encore du chômage massif ». Il a jouté que, pour lui, ce gel était « une trahison perfide de tout ce pour quoi les supporters d’Obama pensaient oeuvrer » et « une capitulation au reaganisme ». Quant à Joseph Stiglitz, autre Nobel d’économie, ce gel ne fera« qu’empirer les choses ».

RÉACTIONNAIRE

La thèse principale du parti républicain, reprise en plus véhément par les Tea Party (le nouveau mouvement populiste de droite), est que le gouvernement fédéral est l’ennemi du peuple. Avec le gel des dépenses, Obama épouse cette proposition réactionnaire. Et il coupe l’herbe sous les pieds des démocrates au Congrès avant les législatives de novembre, quand toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat se présentent pour une réélection. C’est pourquoi, dans les coulisses du Congrès, les démocrates pestent en « off » et avec des gros mots : comment provoquer l’enthousiasme de l’électorat démocrate, au plus bas niveau depuis des décennies, si le président démocrate adopte le dogme central du parti concurrent ?

SUICIDAIRE

Le mouvement des Tea Party, dont la force motrice est la crise économique, est désormais beaucoup plus populaire que les démocrates et les républicains, selon le sondage le plus fiable du pays. Ce constat, et la perte par les démocrates du siège au Sénat de feu Teddy Kennedy, qui a créé un séisme dans le paysage politique, a semé la frayeur à la Maison Blanche. Le virage à droite n’est que la réponse paniquée d’un Obama dont les yeux sont rivés sur sa réélection en 2012. Mais c’est une réponse suicidaire car elle équivaut à avouer l’impuissance du gouvernement fédéral au moment où, selon les chiffres officiels, un Américain sur dix est au chômage (le taux de chômage réel se situe plutôt vers 18 % si on ajoute ceux qui ont abandonné la recherche d’un job et ceux qui ne trouvent que des boulots à mi-temps).

RISIBLE

Les économistes réclament un plan Marshall pour l’emploi, au lieu de quoi Obama n’a proposé que trente petits milliards pour créer des boulots.Risible, comparé aux 3 800 milliards de budget total du pays. Le Congressional Budget Office, organe bipartite établi par le Congrès, prévoit que, dans les circonstances actuelles, le chômage ne descendra pas à un niveau « supportable » avant 2014, soit deux ans après la présidentielle. En faisant les yeux doux aux électeurs de droite, Obama risque de lutter pour sa réélection dans un climat économique aussi morose qu’aujourd’hui.

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