Parisot invente le principe du pollueur-payé !

Marianne2. 3 septembre 2009 par Gérald Andrieu

La dirigeante du Medef «souffre de la crise». Elle l’a dit ce matin au micro de RTL. Elle «souffre» à un point tel qu’elle voudrait que le produit de la future taxe carbone soit redistribué aux entreprises!



(capture: RTL)

«Nous sommes pour la contribution climat énergie. C’est différent d’une taxe. Quelle est la différence ? Ce n’est pas un impôt de plus qui a un objectif de rendement fiscal pour le budget de l’Etat ». Elle manque pas d’air, Laurence Parisot. Invité de RTL ce matin, la « matrone » des patrons a refusé d’utiliser une expression pourtant simple, « taxe carbone », pour lui en préférer une autre : « contribution climat énergie ». Tout comme Nathalie Kosciusko-Morizet hier. Pour la secrétaire d’Etat à la Prospective, l’usage de cette périphrase à la Magritte (« Ceci n’est pas une taxe ») avait pour objectif de ne pas effrayer l’électeur-contribuable. Mais pour la dirigeante du Medef, l’objectif était tout autre.
Puisque le gouvernement semble envisager de « redistribuer intégralement aux ménages le produit de la contribution climat énergie qu’ils supporteront » sous la forme de « chèques verts », Laurence Parisot s’est engouffrée dans la brèche. Pourquoi ce qui est valable pour les ménages, ne le serait pas aussi pour les entreprises qu’elle représente ? En somme, Laurence Parisot vient d’inventer, sans le nommer, le principe du pollueur-payé (1) ! Voire du pollueur-remboursé!

«Moi aussi je souffre de la crise»!

Si la cheffe du Medef ne manque pas d’air, elle ne manque pas non plus d’arguments : « Je vous rappelle que les entreprises françaises subissent le fardeau fiscal le plus lourd au monde : 15% environ du PIB français provient des taxes que payent les entreprises alors que la référence en Allemagne est de 9%. »

 

« Les-entreprises-françaises-payent-trop-d’impôts », un argument usé jusqu’à la corde ? Laurence Parisot a mieux en réserve : faire pleurer dans les chaumières sur son propre sort. Alors que Jean-Michel Aphatie l’interroge sur les rapports banques-entreprises, voilà que la présidente du Medef, par ailleurs à la tête de l’IFOP, sort les mouchoirs : « Peut-être que vous l’avez oublié, mais je suis patronne de PME et moi aussi je souffre de la crise. On a eu des moments difficiles et ce n’est pas facile, y compris avec mon banquier figurez-vous » ! Laurence Parisot « souffre » messieurs les ministres. Un petit effort serait le bienvenu. Ralliez-vous donc à son concept de pollueur-remboursé. Il ne restera plus personne pour payer la taxe carbone ? Qu’importe. Si Parisot « souffre », on lui doit bien ça, non ?  

(1) Un concept qu’elle a déjà essayé de placer dans un entretien donné au Monde daté d’aujourd’hui .

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