Patrick Sébastien : Populiste, pour moi, c'est pas péjoratif

Rue89. 10 avril 2010 par Augustin Scalbert

L'animateur-saltimbanque en homme politique ? A 56 ans, Patrick Sébastien vient de lancer son mouvement, « le Dard », mais ce « n'est pas un parti politique ». Créé le 24 mars, ce « Droit au respect et à la dignité » a déjà 16 000 membres, selon son fondateur. Objectif : en 2012, Patrick Sébastien veut apporter aux deux candidats du second tour de la présidentielle des propositions issues du « peuple ».

Invité de Parlons Net, le club de la presse Internet de France Info, il se pose en défenseur « des gens » oubliés par les « élites ». Son Dard, « mouvement de conscience et de pression », attire des gens « de partout, des gens vieux, des gens jeunes, c'est des gens qu'on n'entend pas ». « J'ai toujours défendu des valeurs humanistes », affirme l'animateur des cabarets de France 2 :

« Je considère que le respect et la dignité sont les fondements d'une société. Le respect, la dignité, à tous les étages, que ce soit dans l'éducation, dans la justice, dans la vie courante, pour moi, c'est des fondements. […]

Je trouve que notre société, aujourd'hui, elle se délite, parce que ce respect, cette dignité sont bafoués. Et surtout, on n'accorde pas suffisamment de considération à l'être humain. […]

En lisant quelques économistes, […] je me suis aperçu qu'ils étaient tous d'accord sur le fait que si on remettait pas l'être humain au centre, et si on le mettait pas en priorité de toutes les décisions, on allait dans le mur, ce qui est en train d'arriver.

Je suis pas alarmiste, mais je pense que si on fait pas ça, on va aller vers une ultra-violence certaine. »

Dans cette première partie, Patrick Sébastien explique aussi pourquoi il a « du mal » avec les élites. « Populiste, pour moi, c'est pas péjoratif », dit-il. Mais « démagogue », si. (Voir la vidéo)


Encouragé par le succès de son mouvement, Patrick Sébastien en est certain :

« Le nombre peut nous permettre de faire pression au moment des élections, réellement. »

Deuxième partie de l'émission, l'humoriste-animateur parle de la liberté d'expression, en cette période marquée par les « affaires » Guillon ou Zemmour. Patrick Sébastien estime que la « communication a pris le pas sur la réalité effective ».

Il relativise la gravité des propos des deux chroniqueurs en évoquant sa propre expérience :

« La phrase de Zemmour, la phrase de Guillon sur le physique de Besson… Si tu savais ce que j'ai pris dans la gueule, moi, et si on avait dû faire un pataquès pareil ! Moi on m'a traité de “gros beauf”, de “gros con”, de “gros blond”…

Dieudonné a dit qu'il fallait me finir au lance-flammes. Est-ce que tu imagines si moi je disais aujourd'hui de Dieudonné, ou de n'importe qui, “tiens, celui-là il faut le finir au lance-flammes”…

Ça dépend à qui on s'adresse, aussi. Si tu es ministre, si tu es dans une certaine caste, ça prend de l'importance. »

Cela dit, concernant sa propre « beaufitude », Patrick Sébastien déclare aussi à Parlons Net :

« Je suis le beauf de service. J'ai tout fait pour. »

L'animateur s'étend aussi longuement sur le pouvoir qu'il prête aux journalistes :

« Si vous avez envie, vous les journalistes, de prendre quelque chose et de le monter en épingle, de tuer quelqu'un, vous pouvez le faire aisément. » (Voir la vidéo)


La dernière partie porte sur l'audiovisuel public et la suppression de la pub. Interviewé par un média suisse en 2008, Patrick Sébastien avait tenu des propos très libres, contrairement à tous ses confrères animateurs de France Télévisions, qui s'étaient peu exprimés sur ce sujet :

« Sarkozy place ses hommes partout, c'est la moindre des choses dans un régime comme celui-là. […] Le service public sans pub, c'est une magouille gouvernementale pour faire un cadeau à Bouygues [propriétaire de TF1, ndlr]. »

Patrick Sébastien, qui se qualifie de « caillou dans la chaussure sur le service public », « maintient » ces déclarations. Sur le fond du projet, « si on peut éviter au contribuable de payer la télé, si on peut la faire payer par des privés, moi je trouve ça vachement bien qu'il y ait de la pub ».

Il revient aussi sur les journalistes, qu'il qualifie de « complices » du système. « Vous devriez discuter avec Jean-Luc Mélenchon », lui répond le journaliste David Abiker. (Voir la vidéo)


► Parlons Net, une émission de France-info.com, animée par David Abiker, avec aussi Johan Hufnagel (Slate.fr) et Julien Mielcarek (Ozap.com).

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