Pollution de l'eau à Cahors : on vous l'avait bien dit !...

Article publié dans le n° de mars (n°109), par Peau-Bill Rage, mis en ligne le 18 avril 2017

Coup de gueule on vous l avait bien dit tableau de la resurgenceDébut mars, la commune de Cahors a lancé un appel à tous les administrés les invitant à ne pas boire l'eau du réseau public et à ne pas l'utiliser pour la préparation des repas et ce, sur toute la durée de l'épisode, du 5 au 15 mars, durant lequel 120 000 bouteilles d'eau ont du être distribuées par la municipalité. Ce nouvel épisode de pollution, a priori dû aux fortes pluies tombées en fin de semaine dernière, fait suite à celui de janvier 2016 et inquiète le Gadel : « C'est assez inquiétant dans la mesure où chaque fois qu'il y des pluies soutenues le phénomène ressurgit, ce qui pourrait être la preuve d'une pollution chronique du réseau des Chartreux...

ll y a des victoires dont on se passerait volontiers et nous n'avons aucune satisfaction d'avoir eu raison. Depuis le temps qu'une multitude de mises en garde ont été émises sur les pollutions et leurs conséquences potentielles, les préjudices sur l'environnement et donc sur notre quotidien ont fini par nous retomber sur la tête. Dans le Lot, une des questions environnementales prioritaires reste la gestion des ressources en eau et particulièrement en eau potable. La nécessité d'une technologie de filtrage plus performante de l'eau avait été jugée indispensable par différents organismes, tels que certains syndicats des eaux concernés. Tout cela est resté en l'état de bavardages oiseux pré-électoraux.

D'épisodes pluvieux en épisodes pluvieux, l'état des eaux provenant de la résurgence de la Chartreuse n'a cessé de se dégrader. À Cahors, cette inconséquence idiote, ce refus de prendre en compte la nécessité de ces travaux et donc de prévoir le budget nécessaire, a eu pour résultat d'obliger la municipalité à fournir à la population cadurcienne 120 000 bouteilles d'eau (payées sur on ne sait quelle ligne budgétaire). Cette même municipalité qui ne cesse de se goberger d'être la pionnière du Cahors du XXIème siècle, nous a embarqués dans un voyage dans des temps plus rustiques. Une belle régression que nous saluons !

Coup de gueule on vous l avait bien dit coupe du reseau karstiqueLes études ne manquent pas sur la nature très particulière de la géologie des plateaux calcaires karstiques. Et le L.E.A se fait souvent l'écho des risques qu'une telle structure du sous-sol induit. Rappelons que les eaux de surface des plateaux s'infiltrent dans les failles karstiques et de ce fait ne sont pas filtrées (les merdes d'en haut se retrouvent directement dans l'eau d'en bas).

Il faut une bonne dose d'idiotie ou de cynisme additionné de mauvaise foi pour refuser de comprendre et de prendre en compte de tels particularités géologiques. Il est certain qu'il est préférable de prévenir plutôt que de guérir. Et pourtant on a maintenu et favorisé des pratiques destructrices pour l'environnement pendant des décennies. La situation devenant catastrophique, une législation tente d'encadrer, si ce n'est d'interdire, les usages polluants. Mais prendre, comme cela s'est fait, des mesures drastiques après que le mal soit devenu aussi visible, c'est vouloir faire porter un gilet pare-balles à la victime d'une rafale de AK 47 après son décès.

Il est plus qu'urgent aujourd'hui, de prendre des mesures concrètes comme la mise en œuvre de système de filtration à membranes, pour pallier, au minimum, les conséquences désastreuses de ce laisser-faire antérieur. Il s'agit là de mesures de santé publique prioritaires. Songez que ce projet de système de filtration est dans les cartons depuis de nombreuses années mais que l’exécutif communal traîne des pieds. Pendant que les cadurciens boivent de la pisse d'âne, les choix d'investissements, pour des raisons douteuses de prestige, se sont portés sur l'érection du Best machin ou du ciné multitruc-muche.

Finalement le Cahors du XXIème siècle se résumerait à du béton sans eau potable. Réjouissante perspective !

Sauf que de nombreuses protestations s'élèvent qui dénoncent avec justesse et vigueur cette incurie : de la lettre ouverte (1) d'Isabelle Eymes, élue municipale (liste d'opposition de gauche L'Humain d'Abord), à l'interview donnée à la Dépêche par Monsieur Daniel Coupy (2), élu municipal, en charge pendant quarante six ans du suivi de l'eau dans les services techniques. Elles ne sont que l'écho audible d'un ras-le-bol général sur la question, et dont les responsables, on l'espère, sauront tenir compte. Souhaitons vraiment que ce soit pas un vœu pieux !

Le plus désespérant dans ces conneries à répétition est qu'aucune leçon n'en soit tirée, et que nos bureaucrates réitèrent, de site en site, pour des raisons de profits économiques à court terme, les mêmes aberrations qui vont peser sur les générations futures (cf le projet surdimensionné du méthaniseur de Gramat).

 

Notes

(1) À lire dan son intégralité sur le site du journal à l'adresse suivante : http://bit.ly/2nz8oKo

(2) Article publié par La Dépêche dans son édition du 23 mars : http://bit.ly/2mBYd8m

 

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