Préserver un maillage territorial pour l’hôpital

L'Humanité, 18 mai 2009.

Santé . Alors que le projet de loi Bachelot pourrait être adopté prochainement au Sénat, les défenseurs des hôpitaux de proximité poursuivent la bataille.

Ils sont venus d’Arcachon, Amiens, Aubenas, Bordeaux, Clamecy, Douarnenez… Au total, près de 200 personnes ont

assisté, ce week-end, aux 12es Rencontres de la Coordination nationale des comités de défenses des hôpitaux et maternités de proximité, organisées à Creil, dans l’Oise. Exception à la règle, cet événement s’est tenu dans une ville où l’hôpital local n’est pas directement menacé. « Mais il l’est par la fermeture des autres établissements car il n’a pas les moyens d’absorber d’autres patients », résume Jean-Claude Villemain, le maire socialiste, qui entend bien « porter le fer face à ceux

qui veulent démanteler l’hôpital ». Comme tous les participants à ces rencontres, il compte bien se battre jusqu’au bout pour obtenir le retrait de la loi Bachelot. En témoigne d’ailleurs la pugnacité avec laquelle se battent les membres du collectif de défense d’Ivry (Val-de-Marne), dont la maternité doit fermer ses portes aujourd’hui même (lire notre article demain).

Petits et gros

Établissements

Si la Coordination a été l’une des premières à demander le retrait de la loi et dénonce inlassablement les conséquences des restructurations qui préfigurent cette réforme, elle se veut aussi force de propositions. « Tout le monde est aujourd’hui concerné, les petits établissements comme les gros, le rural comme l’urbain. Il faut réagir et voir ce qu’on peut faire », a lancé à l’assemblée Michel Anthony, le président de l’association.

Deux tables rondes thématiques ont justement eu lieu pour faire émerger des pistes, notamment sur l’importance de conserver un maillage territorial. À ce sujet, la loi Bachelot propose des coopérations via des groupements de coopérations sanitaires. Les défenseurs de l’hôpital public lui opposent des réseaux de soins. « Les regroupements doivent être pensés de manière à améliorer l’accès aux soins des patients et les conditions de travail des personnels, et non le contraire », a proposé Évelyne, du collectif de Luçon. Pour Agnès Dingival, conseillère municipale à Creil, « il faut mettre en avant ce qui existe et fonctionne bien, tout en donnant plus de moyens ».

Fort contrôle public

Tandis que certains estiment que le partenariat avec le privé « doit rester une exception », d’autres n’y sont pas farouchement opposés, à condition, comme l’a souligné Viviane Claux, conseillère régionale communiste de Picardie, de privilégier « le privé à but non lucratif ». L’expérience menée à Gisors, où existe un partenariat public-privé, tend d’ailleurs à montrer que cette solution est possible à condition qu’il y ait un « fort contrôle par le public ». « Nous sommes toujours très vigilants et ne considérons pas cette solution comme pérenne. On est toujours dans la lutte », a précisé Guy Soury, élu municipal à Gisors (Eure).

En un mot, la coordination veut « aller de l’avant ». Et comme l’a rappelé Paul Cesbron, président du comité de Creil, « la loi n’est pas votée, on a encore de la marge ».

Alexandra Chaignon

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