Prison: les surveillants de la Santé à Paris votent la poursuite du mouvement

Source : Liération. 07 mai 2009

Une quarantaine de surveillants de prison de la Santé ont voté la poursuite du mouvement jugeant le projet d'accord, négocié cette nuit, insuffisant.

Des surveillants de prisons bloquent l'accès à la prison de la Santé, à Paris, le 6 mai 2009

Des surveillants de prisons bloquent l'accès à la prison de la Santé, à Paris, le 6 mai 2009 (AFP Jacques Demarthon)

Une quarantaine de surveillants de la prison de la Santé à Paris (XIVe) réunis en assemblée générale ce matin, ont voté la poursuite de leur mouvement, estimant les propositions de Rachida Dati insuffisantes.

Toutefois, l’accès à l’entrée de la prison qui était bloqué par des pneus a été dégagé sans violence par les forces de l’ordre vers 07H00, et les manifestants restaient maintenus à distance, empêchant toute action de blocage.

«Le compte n’y est pas» a affirmé un responsable local de FO, Christophe Vande-Walle. «La lutte continue et va s’intensifier», a ajouté Achile Ramsham de la CGT.

A Fleury-Mérogis (Essonne), où la prison n’était pas bloquée, «une assemblée générale est convoquée pour midi et le personnel votera pour ou contre la poursuite du mouvement», a indiqué Gérald Ferjul, de l’Ufap.

L’Ufap-Unsa et FO-Pénitentiaire ont annoncé dans la nuit qu’un nouveau projet d’accord contenant de «réelles avancées» sur les conditions de travail en prison serait soumis jeudi aux surveillants pénitentiaires par les deux principaux syndicats de la profession.

Il est prévu de suggérer aux surveillants de «transformer les piquets en assemblées générales devant les établissements» et de ne plus bloquer les extractions de détenus ni les intervenants extérieurs, avait précisé Jean-François Forget de l’Ufap (majoritaire).

«Réelles avancées», «progression sensible», les représentants de l’Ufap-Unsa et de FO-Pénitentiaire sont sortis satisfaits de sept heures de négociations Place Vendôme, une séance à laquelle s’était jointe la garde des Sceaux Rachida Dati vers 21H30 après le départ de la CGT-pénitentiaire ulcérée par l’absence de propositions concrètes.

En définitive, le nouveau texte négocié sans le troisième syndicat de l’«entente» contient la garantie de 174 créations d’emplois s’ajoutant aux 177 déjà promises en février par la Chancellerie, selon une copie distribuée à la presse.

Jean-François Forget, de l’Ufap, et Christophe Marquès, de FO, se sont également félicités qu’une «mission» confiée à un membre du Conseil d’Etat envisage de se pencher sur «l’évolution du droit disciplinaire», ainsi que du maintien d’une prime de risque en cas de congé maladie.

«On n’a pas décroché la lune (…) mais ces avancées non négligeables méritent d’être appréciées par les personnels», a affirmé M. Forget.

Le leader syndical a appelé à des «discussions sereines» jeudi pour débattre de ce nouveau texte, en suggérant de «transformer les piquets en assemblées générales devant les établissements» et de ne plus bloquer les extractions de détenus ni les intervenants extérieurs.

«Nous espérons une signature d’un accord le plus rapidement possible, demain (jeudi) ou peut-être dans les jours qui viennent», a déclaré le porte-parole de Rachida Dati, Guillaume Didier.

Les 174 emplois supplémentaires de surveillants seront créés «au budget 2010», mais certains établissements «bénéficieront de ces renforts dès l’automne», a-t-il souligné. «C’est un engagement du gouvernement».

Après le rejet sur le terrain des propositions formulées mardi à l’issue d’une journée entière de négociations, les représentants syndicaux avaient souhaité renégocier mercredi.

Pour Céline Verzeletti, de la CGT, qui a accusé Rachida Dati d’être «sourde» aux revendications, les propositions du premier «relevé de conclusions» n’étaient «largement pas suffisantes au regard des attentes».

Au troisième jour du mouvement, mercredi, les surveillants étaient toujours aussi mobilisés à travers le pays.

La tension est même «montée d’un cran» face à «la répression (des manifestations) vécue comme une provocation de la part du ministère de la Justice et du gouvernement», a affirmé Céline Verzeletti.

Mercredi soir, plus de 300 surveillants pénitentiaires ont bloqué les abords de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) et fait brûler des barricades, mais sans que les forces de l’ordre n’interviennent. Ils prévoyaient de réitérer leur blocage jeudi.

Mercredi matin, un surveillant a été blessé au genou devant la prison de la Santé à Paris lors d’une bousculade avec les gendarmes mobiles venus dégager un barrage afin d’ouvrir le passage aux fourgons cellulaires.

Conformément au mot d’ordre d’extension progressive du mouvement, l’accès était bloqué pour les intervenants extérieurs (avocats, enseignants, prestataires de services, etc.) à Fresnes (Val-de-Marne), à Borgo (Haute-Corse) ou aux Baumettes à Marseille.

(Source AFP)

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