Professeur poignardé à Toulouse : communiqué du Snes et du SNFOLC

lundi 18 mai 2009 (16h53)  Bellaciao

Communiqués Agression d’une enseignante au collège F. Mitterrand de Fenouillet (31) 16 mai 2009

Une enseignante du collège François Mitterrand à Fenouillet (31) a été blessée d’un coup de couteau dans sa classe vendredi matin par un élève de 5ème qu’elle avait puni la veille pour un travail non rendu. Elle a été opérée pour une hémorragie interne et son pronostic vital n’est heureusement pas engagé, mais l’agression dont elle a été victime a créé une vive émotion dans l’établissement et bien au-delà.

Le SNES assure son total soutien à l’enseignante agressée comme à l’ensemble de la communauté éducative du collège.

Selon nos premières informations, l’établissement scolaire serait un collège « sans histoires » de la banlieue de Toulouse où les incivilités sont toutefois nombreuses, comme dans la plupart des collèges, et l’élève ne serait pas spécialement connu pour des problèmes de comportement. Cette agression montre donc une fois de plus que l’école n’échappe pas aux tensions souvent violentes qui marquent la société actuelle, et qu’aucun établissement n’est à l’abri d’un acte de violence.

Alors que les médias et le Gouvernement ont récemment focalisé la violence scolaire sur les intrusions extérieures, cette agression rappelle que la violence à l’école se joue le plus souvent dans l’enceinte même de l’établissement avec les élèves qui le fréquentent. Le SNES rappelle que la lutte contre la violence en milieu scolaire commence par une réflexion approfondie sur les causes et les mécanismes multiples de cette violence. Cette lutte suppose une politique qui donne les moyens aux établissements scolaires de faire un travail éducatif de qualité et dans la durée auprès des élèves et de leur assurer de bonnes conditions d’apprentissage au sein de la classe. Elle suppose également l’amélioration de la vie des jeunes en dehors de l’école, ainsi qu’une politique ambitieuse de la ville, de l’emploi, de l’aménagement du territoire qui lutte réellement contre les exclusions et les ghettos.

Loin de se satisfaire de quelques effets d’annonces interministérielles en matière de sanctuarisation des établissements scolaires, le SNES demande avec insistance au ministre de l’éducation nationale de privilégier l’éducatif sur le « tout sécuritaire », de privilégier les moyens humains permettant le dialogue et l’accompagnement plutôt que de développer les « portiques » et dispositifs de vidéo-surveillance. Cela nécessite de revenir sur les suppressions massives de postes dans le second degré qui dégradent les conditions d’enseignement et dégarnissent les vies scolaires. Le SNES exige le recrutement, en nombre suffisant, de personnels statutaires et formés pour apporter, dans le cadre d’équipes pluriprofessionnelles complètes, des réponses éducatives sérieuses qui prennent en compte tous les facteurs qui engendrent ou aggravent les phénomènes de violence dans l’école.

De : Snes

Le syndicat SN FO LC insiste sur la protection juridique due au fonctionnaire par l’administration en vertu de la loi du 13 juillet 1983. Le Snes ignorerait-il son existence ?

La situation dans les établissements se tend de plus en plus, elle est souvent devenue intenable : dégradations sans précédent des conditions d’exercice, violences verbales, intrusions, voire agressions physiques. Quel collègue n’y a pas déjà été confronté ? Le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures contre la violence à la suite des déclarations du président de la république du 19 mars. S’agit-il de prendre les mesures de sauvegarde indispensables à la sérénité des établissements scolaires ou de poudre aux yeux sécuritaire ? Une circulaire a été adressée aux recteurs et préfets de police le 24 mars par les ministres de l’intérieur et de l’éducation. Il s’agit « de procéder à la systématisation du dispositif de policiers référents dans les établissements sur la base de ce qui a été mis en place en 2006 dans les collèges des Hauts-de-Seine ». Qui peut croire que la présence des forces de l’ordre dans les établissements scolaires rétablira le calme ? 50 000 postes de surveillants ont disparu des établissements depuis septembre 2003 : cela n’aurait aucun lien avec la dégradation du climat ?

La protection statutaire des fonctionnaires existe déjà. Elle doit être appliquée ! Le Président de la République a demandé à la ministre de la Justice « de bien vouloir engager une réforme des qualifications pénales sanctionnant l’intrusion (…) non plus comme une infraction passible d’une simple contravention de 5è classe, mais comme un délit » et de modifier le code pénal pour « assurer aux enseignants la protection dont bénéficient les agents dépositaires de la force publique », l’agression d’un enseignant devenant une « circonstance aggravante ». Qui peut croire qu’en assimilant enseignants et forces de l’ordre, la sérénité serait rétablie ? Les personnels seraient ainsi incités à porter individuellement plainte et à faire appel à la justice pour se défendre en cas d’agression verbale ou physique. Mais la protection des fonctionnaires existe déjà et incombe à l’administration : celle-ci est tenue de protéger ses fonctionnaires en application de l‘article 11 du statut de la Fonction publique. Tout fonctionnaire menacé ou agressé peut demander à ce titre la protection juridique. Que les recteurs commencent par l’appliquer et que le ministre la fasse appliquer ! Le SNFOLC entend défendre tous les personnels qui demandent cette protection aux autorités.

Les postes supprimés doivent être rétablis Les réformes successives ont aussi pour conséquence de saper l’autorité des professeurs : les conseils de classe ont été privés de leurs prérogatives, des heures de non cours (TPE, IDD,…) ont été substituées aux heures disciplinaires, des dédoublements supprimés… C’est ce que M. Darcos veut encore faire pour récupérer des postes avec le bac pro 3 ans, c’est encore ce qu’il voulait faire avec la réforme des lycées qu’il a dû reporter. Les suppressions de postes ne font qu’accroître la violence et les tensions dans les établissements. Il faut rétablir les postes supprimés, postes d’enseignants, postes de surveillants et créer tous les postes de CPE, d’assistantes sociales, de psychologues scolaires nécessaires.

Le SNFOLC propose aux personnels de se réunir dans les établissements, avec les organisations syndicales afin d’établir les revendications pour pouvoir enseigner normalement, notamment les postes statutaires nécessaires à rétablir ou créer et à prendre les initiatives nécessaires pour les faire aboutir.

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