Quand la CRAM n’assure plus....

TV bruit. 15 mars 2010

Le collectif « Justice et Dignité pour les chibanis et les chibanias, pour le droit à vivre dignement ici et là-bas » est un collectif national qui s’est constitué pour veiller, alerter, se mobiliser autour des conditions de vie indignes, des pratiques discriminatoires et des contrôles abusifs dont sont victimes les immigrés retraités.

Durée 7m

Après une vie entière passée à faire les travaux les plus pénibles en France, on ne laisse pas le droit à ces retraités de passer une fin de vie tranquille, que ce soit ici ou auprès de leur famille restée au pays.

Depuis l’été dernier, la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie) de Midi Pyrénées et la MSA (Mutualité sociale Agricole) ont effectué un contrôle massif sur un des plus gros foyer ADOMA (ex-SONACOTRA) de Toulouse, le foyer « Fronton » 2, place du Papyrus, 31200 Toulouse. Des centaines de contrôles ont ainsi eu lieu en France en direction des habitants des foyers de travailleurs migrants. Cette population est vulnérable, la plupart de ces hommes âgés ne savent ni lire, ni écrire le français, et ont des difficultés à remplir les papiers. Il ne s’agit en aucun cas de leur part d’une organisation frauduleuse vis-à-vis de l’administration française.

Selon la HALDE ,ces contrôles sont illégaux : le caractère discriminatoire fondé sur la nationalité est prohibé par la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH, la convention 118 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et la directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003.

Malgré ce précédent, les contrôleurs qui ont agi sur le foyer de Fronton ont demandé les passeports de ces vieux retraités qui, souvent intimidés, ont répondu à cette injonction discriminatoire. A partir de ces documents, la CRAM et la MSA ont opéré des redressements allant de 1000 jusqu’à 22000 euros pour certaines personnes. En plus du redressement s’additionne la suppression des prestations minimum vieillesse et allocation logement, il reste aujourd’hui à un résident 30 euros pour vivre par mois !

Angoissés, ces retraités n’osent plus retourner voir leurs familles au pays depuis le début de ces contrôles. Ils sont assignés à résidence et l’Administration reste sourde à ce qui leur arrive.

La plupart ont des retraites de misère car leur vie de travail précaire a été souvent faite de travaux non déclarés. Comment peut-on demander 22000 euros à des vieux hommes de plus de 75 ans touchant à peine 600 euros pour vivre et faire vivre leurs familles ?

De telles situations existent dans d’autres régions de France. Il faut que cela cesse !

Nous occupons actuellement les locaux du siège de la CRAM Midi-Pyrénées à Basso Cambo (2 r Georges Vivent 31100 TOULOUSE-Métro Basso Combo) pour exiger :

- Annulation de toutes les procédures basées sur un contrôle discriminatoire, notamment la présentation du passeport

- Annulation de tous les indus de toutes les personnes contrôlées
Contact presse : contact@chibanis.org

Jérôme Host (« La case de santé ») : 06 28 33 18 31

Kadija Rafai (« CIRRVI ») : 06 07 51 38 46

Site internet : www.chibanis.org

Commentaires

  • La Caboche
    • 1. La Caboche Le 07/05/2010
    Quelle bonne fée s'est un jour penchée sur le berceau d'un enfant, pour qu'il devienne plus tard... fonctionnaire? Contrôleur de surcroit... Car ne vous y trompez pas. Les fonctionnaires qui défilent dans la rue avec leurs banderoles et leurs revendications , ils ne le font pas pour la justice et l'équité sociale. Ils le font d'abord pour leur petite pomme. Un fonctionnaire ne se pose jamais la question de savoir si une loi est inique ou non. La loi, il l'applique et puis c'est tout. Des fois, certains ont une prise de conscience mais il faut que le berceau ait été trop près du mur.. si vous voyez ce que je veux dire. Comme faisait dire Michel Audiard à Maurice Biraud dans un taxi pour Tobrouk: Mon père est un fonctionnaire, il a la légalité dans le sang. Pour l'instant il est à Vichy. Si les chinois débarquaient, il se ferait mandarin. Si les nègres prenaient le pouvoir, il se mettrait un os dans le nez. Si c'est les Grecs...Bon passons... Finalement, le seul espoir, c'est la mansuétude des hommes politiques, le bon vouloir du Prince, qui fait les lois mais qui sait les défaire ou ne pas les appliquer, quand les circonstances l'exigent. On appelle ça du discernement, qualité dont est complétement dénué tout bon fonctionnaire qui se respecte. C'est pour ça que le Prince est prince et que le fonctionnaire restera toujours fonctionnaire. Mais il sait qu'il peut dormir sur ses deux oreilles. Malgré toutes les déportations qu'il aura pu effectuer durant sa carrière, il sait que le nouveau Prince lui accordera son pardon et le confirmera dans ses fonctions, par mansuétude, ou par calcul? A méditer

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