Quatre cents mètres de berges réalisées avec des traverses de chemin de fer menaceraient le milieu naturel

La Voix du Nord. 16 avril 2010

 

 Le président de Lestrem nature a écrit au préfet pour faire  retirer les 400 m de traverses créosotées classées déchets dangereux.

Jean-Louis Wattez, président de Lestrem nature demande au préfet de retirer les 400 mètres de berges installés en début d'année avec des traverses de chemin de fer traitées à la créosote, qui menaceraient le milieu naturel.

Le fait a été révélé en février : « L'un de nos adhérents, Alain Coppin, de passage à Claimarais, constate qu'une entreprise est à l'oeuvre, réalisant le renforcement des berges dans le périmètre du parc naturel et marais d'Opale, près de la grange nature. Ce renforcement est réalisé sur plus de 400 mètres avec des traverses de chemin de fer usagées traitées à la créosote. Le créosote est un déchet dangereux classé comme tel par décret », clame le président de Lestrem nature. Il a écrit au préfet, à l'Agence de l'eau, aux élus du département et de la région pour les avertir du danger et demande de faire retirer ce qu'il considère comme une bombe à retardement. Car le créosote est essentiellement composé d'hydrocarbures aromatiques mais ses propriétés proviennent aussi des phénols et crésols qu'elle contient dont la concentration totale peut atteindre 85 % du produit : « Le décret cité plus haut classe clairement ces traverses parmi les déchets dangereux en raison de leur caractère cancérogène, ce qui interdit leur revente par la SNCF aux particuliers. En théorie seulement, car n'importe qui peut s'en procurer sur internet et notamment aux enchères sur Ebay et ainsi on les retrouve dans les parcs et jardins ». Mais ce qui inquiète encore plus le président lestrémois, c'est l'impact sur la faune naturelle : « C'est un vrai danger sur la faune et notamment sur les anguilles présentes dans les cours d'eau de Clairmarais, anguilles dont un programme de repeuplement vient d'être lancé. Nous ne comprenons alors pas que l'utilisation d'un tel matériau soit autorisé dans le parc naturel régional Cap et Marais d'Opale », explique Jean-Louis Wattez qui s'inquiète de l'usage fait d'un produit classé comme dangereux. Selon l'association Robin des bois, les chemins de fer Français changent chaque année 900 000 traverses de bois dont 10 000 tonnes (une traverse pèse environ 80 kg) sont cédées par la société Sidénergie qui les transforme en charbon de bois. Le reste est utilisé pour la construction de murs antibruit, pare avalanches ou encore les retenues de terre. Pour l'heure, le président de l'association lestrémoise a constitué un dossier, photos et documents à l'appui et suit de près l'évolution de ce qu'il considère comme un danger immédiat et bien réel pour l'environnement de Clairmarais.

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