Régionales: l'UMP est verte. Et ce n'est pas fini.

Marianne2. 15 mars 2010 par Reversus

Celui du Modem s'étant dissous, c'est maintenant l'électorat vert qu'il s'agit de capter pour les autres formations politiques, et surtout pour l'UMP. L'analyse de David, de Reversus.



Louison

Louison

On annonçait un échec de l’UMP, il s’agit en réalité d’un naufrage. Cette soirée des élections régionales marque un tournant à mi-mandat. Outre l’abstention record, on note le retour d’une gauche plurielle en passe de réaliser un véritable grand chelem au second tour…

Les résultats:

L’abstention atteint avec ces élections régionales, un record historique : 53,5 % de Français ne se sont pas déplacés pour aller voter.

Comme prévu, l’UMP s’est saisie de l’abstention comme d’un argument imparable. Pour F. Fillon, cette «faible participation ne permet pas de conclure à des analyses nationales » et d’accuser les présidents de régions socialistes qui « n’ont pas su mobiliser les Français ». On croit rêver…

En ce qui concerne les résultats, on pourra également regretter que certains instituts de sondages n’aient pas réalisé une péréquation pour certaines formations qui ne sont pas présentes dans toutes les régions. J.L Mélenchon s’est plaint par exemple que le score du Front de Gauche soit comptabilisé sur 22 régions alors que son parti n’était présent que dans 17 d’entre elles.

Incompréhensible aussi, le fait que le score de Debout la République ne soit toujours pas comptabilisé alors qu’il frôle les  5% en Ile de France. Nicolas Dupont-Aignan s’insurge sur France 3 : « Je ne suis pas perdant puisque vous êtes incapable de me donner mon score »

Le naufrage de l’UMP :

Ce soir la droite parlementaire a réalisé son score le plus bas de l’histoire de la Vème république. Mais à l’UMP, on continue de feindre que rien n’est joué et on refuse d’évoquer une défaite : « ça va se jouer dans un mouchoir de poche », confie X.Bertrand. Daniel Cohn-Bendit visiblement énervé par cette mauvaise foi répliquera : « Je trouve ça con. Pourquoi vous ne voulez pas dire que vous avez perdu ? »

Second argument de taille des caciques de l’UMP : affirmer que le vote écolo n’appartient à personne. F.Fillon décidément très en forme ira jusqu’à affirmer : « Rien n’est joué pour le second tour, les électeurs ne sont la propriété d’aucun partis ! ». Et Xavier Bertrand de surenchérir sur les « arrangements de second tour entre le PS et Europe Ecologie » alors que la droite est d’ores et déjà rassemblée.

Le grand objectif de l’UMP pour le second tour est donc de capter le vote vert.  De F. Fillon déclarant que « l’écologie n’est ni de droite, ni de gauche » à C. Jouanno sous entendant que l’UMP va siphonner l’électorat d’Europe Ecologie, la donne est claire


Le PS et Europe Ecologie caracolent en tête

C’est le grand retour de la gauche plurielle ! Le PS est à 29,1% et semble en mesure de conserver toutes ses régions. Quant à Europe Ecologie, le mouvement écolo s’inscrit plus que jamais comme la troisième force politique en France.

A ce sujet Sandrine Bélier eurodéputée d’Europe Ecologie confiait vendredi : « Le PS ne pourra pas gagner sans nous et nous ne gagnerons pas sans eux. C’est bien le début d’une nouvelle donne politique. Il doit donc y avoir un respect mutuel, une culture de partenariat. Lors des négociations de second tour, les discussions ne porteront donc pas sur des questions de places ou de personnes, mais bien sur la question du projet et un vrai engagement de partage sur des objectifs programmatiques. »

Le FN est de retour

Contrecoup de cette abstention record, le FN est de retour dans le jeu politique et va pouvoir se maintenir dans la moitié des régions. Le parti frontiste réalise certes un score plus bas qu’en 2004 mais plus élevé que le laissaient présager les derniers sondages.

En région PACA, J.M. Le Pen atteint même les 20,28 % tandis que sa fille Marine pourrait dépasser l’UMP dans la région Nord Pas de Calais.

Effondrement du Modem

Dernière conclusion à tirer de ces élections régionales, l’effondrement du Modem qui n’atteindra pas les 5% (pas de remboursement des frais de campagne), « c’est la grande leçon de ces élections, le PS ne viendra plus nous casser les pieds avec cette alliance », déclare ainsi Jean-Luc Mélenchon. Le score définitif du pari centriste serait de 3,4%

F. Bayrou justifie le mauvais score du Modem par l'inexpérience de ses colistiers. Cet argument, guère crédible et dépourvu de remise en question, risque de mal passer auprès des militants.

Le Béarnais aura en effet beaucoup de mal à éviter l’implosion de son parti. « Facile ou difficile peu importe, il faut continuer le combat » conclut-il. La traversée du désert continue pour F.Bayrou...

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau