Ruralité sacrifiée : L'hôpital de Sarlat, enfin ce qu'il en reste…

Article puiblié dans le numéro de juin (n°111), par Bluboux (Laurent Cougnoux), mis en ligne le 14 juin 2017

Regional hopital de sarlat en danger carte des zones a risque pour accoucherDepuis quatre ans l'ARS, avec la complicité des élus du Sarladais, s'est fixé pour objectif la fermeture de l'hôpital de Sarlat. Entendez sa transformation en centre de gériatrie avec consultations externes et, éventuellement, le maintien d'un pôle d'urgence.

Cela ne vous rappelle-t-il pas le sort réservé à l’hôpital de Gourdon ? Mêmes méthodes employées chez nos voisins périgourdins. En juillet 2015, l'ARS décide de ne pas « renouveler l’autorisation de chirurgie conventionnelle ». En clair, toute intervention chirurgicale nécessitant une hospitalisation complète, en urgence ou programmée, doit être orientée sur le site du Centre hospitalier de Périgueux, situé à près d'une heure de route de Sarlat. Une appendicite aiguë, une rate éclatée ne peuvent plus être traitées en urgence, même si le pronostic vital est engagé.

Au même moment, l'avenir de la maternité est déjà sur la sellette puisque le départ d'un des gynécologues-obstétriciens, non remplacé, fragilise le service. Et depuis l'été 2015, on assiste comme partout en France à un défilé permanent de gynécologues intérimaires, avec pour conséquence l'explosion du budget de fonctionnement et des dysfonctionnements chroniques, notamment dans le suivi, qui n'incite pas vraiment les mamans à vouloir accoucher à tout prix (même à celui du militantisme) à la maternité de Sarlat. Songez que ces intérimaires des hôpitaux peuvent gagner jusqu'à 15 000 euros par mois. Un rapport (1) du député PS Olivier Véran, publié en décembre 2013, dénonce cette gabegie d'argent public et la chiffre à 500 millions d'euros au niveau national. Dès lors, on peut légitimement se poser la question suivante : les ARS et l'État sont-ils laxistes, totalement incompétents ou organisent-ils machiavéliquement le démantèlement des hôpitaux ? Revenons à Sarlat, où la direction de l'hôpital, l'ARS et les élus ont eu deux ans pour recruter un gynéco, sans résultat… C'est alors les personnels et les usagers qui se sont mobilisés pour alerter la population sur la possible reconversion de la maternité en Centre de périnatalité de proximité, structure médicale qui assure des consultations pré et post-natales mais plus d'accouchements. Et les habitants de l'ouest du Lot sont touchés, car après la fermeture des maternités de Gourdon et Figeac, la zone géographique comprise entre Cahors, Villefranche-de-Rouergue, Brive, Périgueux et Villeneuve-sur-Lot n'a plus de maternité… Et mieux vaut ne pas avoir de souci particulier pour les futures mamans. On se souvient du tragique accident survenu en octobre 2012, qui a coûté la vie à un bébé dont la maman, lotoise de 35 ans, a accouché sur l'autoroute A20 alors qu'elle tentait de gagner la maternité de Brive...

Depuis quatre ans, le Comité de Défense de l'Hôpital et de la Maternité de Sarlat se poste tous les jeudis devant l'hôpital, pour informer les usagers et faire signer une pétition, qui a déjà récolté plus 18 000 signatures. Parce qu'il ne faut jamais baisser les bras et que nous devons mettre les élus devant leurs responsabilités et la dichotomie de leur discours, qui mettent en avant les efforts pour améliorer l'attractivité de nos territoires d'un côté et laissent nos services publics disparaître de l'autre.

 

Contact

Association de défense de l'hôpital et de la maternité de Sarlat.

Mail : sauvons_hopital_sarlat@wanadoo.fr

Tel : 07 81 05 78 14 / 06 85 31 19 79 / 06 38 50 48 69

 

Notes

(1) Lire à ce sujet l'article « Ce qu'il faut savoir sur les médecins "mercenaires" qui ruinent l'hôpital public », L'Express, publié le 17 décembre 2013 : http://bit.ly/2qpVk7U

 

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