Sarkozy défend et recadre Besson

Sarkofrance. 27 décembre 2009 par Juan

Depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy tente de recadrer le débat sur l'identité nationale conduit par son ministre éponyme Eric Besson. Ce dernier s'est planté. Survalorisé par le président français, Eric Besson s'est révélé provocateur, sanguin, bref, inefficace.

Dérapages en cascade
L'Elysée aurait dû se méfier. Brice Hortefeux avait créer la polémique, en septembre dernier, avec une blague douteuse et filmée sur le "trop-plein" d'Arabes, en marge de l'université d'été de l'UMP. Quand Eric Besson lui a proposé cet opportun débat juste avant les élections régionales, Nicolas Sarkozy s'est réjoui de l'idée. Annoncé dans la précipitation, le débat fut lancé le 2 novembre dernier. Une circulaire, publiée au Journal Officiel, laissait comprendre combien le sinistre ministre était davantage préoccupé par l'immigration que par l'identité française. Le débat version Besson ne cherchait pas, dès son lancement, à redéfinir ce qui constitue l'identité nationale - un sujet qui, à en croire les sondages - ne suscite pas d'interrogations chez nos concitoyens -, mais plutôt à stigmatiser les soitdisants dangers que représentent l'immigration et l'islam. Un référendum suisse sur la place des minarets a achevé de dévoiler l'imposture. Nombre de personnalités à droite ont suivi l'opposition pour critiquer ce débat malsain et opportuniste.

Plus récemment, une secrétaire d'Etat jusque là discrète, Nora Berra, a claqué la porte d'une réunion parlementaire UMP quand un député de son camp, ancien garde des Sceaux de surcroît, s'est lâché en déclarant que "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France".

Même Copé dérape
Le même jour, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, grillait la politesse à une commission parlementaire constituée sur la Burqa, en déclarant qu'il allait déposer un projet de loi contre le port du voile intégral. Le président de l'Assemblée nationale n'a pas apprécié l'initiative :

« Sur une telle question de société, mettant en jeu les principes fondamentaux de notre République, la recherche prioritaire d'un large consensus s'impose.

Toute initiative législative, avant même l'aboutissement des travaux de la mission, ne manquerait pas d'apparaître prématurée par rapport à la réponse que la représentation nationale pourrait donner à cette pratique, qu'il s'agisse d'une résolution et de la perspective de dispositions règlementaires et/ou législatives. »

Jean-François Copé n'a pas attendu les conclusions de la commission parlementaire. Le lendemain de sa fâcheuse proposition, Copé tente de corriger le tir: « Quand elle aura rendu ses conclusions, s'il y a des éléments qui viennent compléter notre dispositif, je suis évidemment, comme mes amis députés, très ouvert à tout ça. » Il s'est surtout contredit. Lui qui voulait revaloriser le rôle du Parlement, le voilà qui joue cavalier seul, sur le pire des sujets au pire des moments... Bravo !

Sarkozy recadre en vain
Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a tout de suite déploré ces «dérapages». Reçu par Nicolas Sarkozy, il s'est dit "rassuré". Le chef de l'État aurait «également souhaité que, sur les débats actuels sur l'identité nationale, le CFCM soit associé, et qu'il ferait tout pour que ce débat reste serein, paisible et non stigmatisant pour les musulmans».

«C'est au ministre en charge d'expliquer et d'éclairer. Il ne faut plus réagir à chaud aux attaques » a confié un conseiller élyséen au Figaro. Sarkozy recadre Besson.

Pourrait-il enfin réaliser l'incompétence de son ministre favori ?

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