Sarkozy off : une journaliste de France 3 encore convoquée

Rue89. 23 juillet 2009.

Carine Azzopardi lors de sa convocation par la police (DR)

Photo : Carine Azzopardi lors de sa convocation par la police (DR)

Trois semaines après son collègue Joseph Tual, la journaliste de France 3 Carine Azzopardi a été entendue ce jeudi matin par la police judiciaire. Elle aussi a été confrontée à un technicien de la chaîne qui pensait l'avoir reconnue, et qui s'est rétracté.

En sortant de son audition d'une heure, la jeune femme a déclaré espérer que « cette affaire va s'arrêter » :

« A la fin de l'audition, je leur ai donné mon numéro de carte de presse, en rappelant que je travaille depuis dix ans à France Télévisions. Je leur ai dit que mes activités à l'intérieur de France Télévisions sont strictement professionnelles, et que je trouve inadmissible d'avoir été entendue sur plainte de mon employeur. »

Le 1er avril, Carine Azzopardi avait déjà été entendue par la brigade de répression des atteintes à la personne de la police judiciaire, tout comme Joseph Tual et deux journalistes de Rue89, le directeur de la publication, Pierre Haski, et Augustin Scalbert. A chaque fois, les personnels du service public ont observé un mouvement de grève.

Depuis, Rue89 est sans nouvelle de cette affaire. Notre avocat, Me Antoine Comte, a envoyé ce jeudi une lettre au parquet de Paris, dans laquelle il demande, en substance, que les deux journalistes de Rue89 aient accès au dossier.

Un traitement comparable a celui proposé à Julien Dray par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Début juillet, il a recommandé que le dossier rassemblé sur le député socialiste et les autres protagonistes de l'enquête Tracfin soit communiqué à leurs avocats. Souhait justement exaucé ce jeudi.

Rue89 demande la communication du dossier, comme pour Julien Dray

Après avoir retracé le déroulement de l'affaire, Me Comte conclut sa lettre en demandant « l'équité » (c'est lui qui souligne) :

« Il m'apparaît conforme à l'équité que mes clients soient traités exactement de la même manière que d'autres personnes qui ont fait l'objet d'une enquête préliminaire et qui ont été entendues comme témoins, sans plus connaître d'ailleurs les tenants et aboutissants de la procédure les concernant, en dehors de ce que la presse pouvait en savoir.

Je vous demande donc de bien vouloir autoriser leur défenseur à prendre connaissance de l'ensemble de la procédure dilligentée par votre parquet, afin que, conformément à l'article préliminaire du code de procédure pénale, la procédure soit équitable, contradictoire et préserve l'équilibre des droits des parties. »

Le 30 juin 2008, Rue89 avait révélé des images de propos « off the record » de Nicolas Sarkozy, ce qui avait conduit l'Elysée à pousser France 3 à déposer une plainte contre X pour « vol, recel et contrefaçon ».

Pour mémoire, l'objet du délit (Voir la vidéo).


 

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