Sarkozyyyyyy... sous le soleil qui chante-iiii !

Marianne2. 21 janvier 2009 par Juan


A Mayotte, le Président à parlé d'écologie, de Haïti et de la République. Mais il n'a été question ni des chômeurs sans indemnités, ni des retraites, ni du salaire d'Henri Proglio...



Louison


Nicolas Sarkozy s’était éclipsé deux jours pour souhaiter ses voeux à l’Outre-Mer depuis Mayotte puis la Réunion. Les services de l’Elysée nous ont expliqué que c’était une première pour un président de la République. Et c’est vrai. Seulement, le Monarque a choisi la facilité : Mayotte, qui a récemment plébiscité sa transformation en département dans l’espoir d’accéder aux minima sociaux nécessaires, puis la Réunion, où il est allé vanter les mérites de la voiture électrique. De retour mercredi, il a pu mesurer que son voyage n’avait pas décroché de couverture médiatique particulière.

Sarko, écolo à distance

Le président français a achevé sa tournée des vœux en Outre-Mer. Après Mayotte, il était à la Réunion mardi 19 janvier. Il a inauguré un centre photovoltaïque, à Pierrefonds, et prôné « l’autonomie énergétique » du territoire : « L’océan est là, le soleil également. S’il est bien des territoires qui peuvent être autonomes énergiquement parlant, ce sont bien ceux d’Outre-mer ».  Il a même mêlé Renault, dont il a houspillé les tentations de délocalisation samedi dernier en recevant Carlos Ghosn à l’Elysée, à cette belle affaire : La Réunion sera « la première utilisatrice de masse (des) véhicules électriques », le « laboratoire grandeur nature de la mobilité du XXIe siècle, propre, silencieuse et durable ». Inutile de préciser que la Réunion ne dispose d’aucune centrale nucléaire ni d’usine Renault à proximité. Le centre de Pierrefonds ne produit que pour 800 foyers.

Sarko mise sur le soleil et ... l’exportation depuis la métropole de véhicules électriques : « il faut lancer dès maintenant la construction d’une infrastructure de rechargement performante ». Prôner les énergies alternatives à quelques dizaines de milliers de kilomètres ne coûte pas grand chose. La Réunion importe pour 500 millions d’euros par an d’énergie, mais les énergies renouvelables représentent déjà 37 % de sa consommation, contre 12 % en métropole. Dans les récentes priorités du Grand Emprunt, Sarkozy a promis de dépenser autant (4 milliards) pour le nucléaire que pour les énergies renouvelables. La métropole aura les centrales insécures, les îles d’outre-mer les panneaux solaires... Sarkozy veut s’offrir à bon compte une virginité écologique sur le dos de DOM-TOM démunis.

De retour à Paris pour un Conseil des Ministres, il a pu écouter Jean-Louis Borloo lui présenter, comme prévu, sa nouvelle mouture de la taxe carbone. Le gouvernement est prudent. Il ne parle pas de « projet de loi », qui n’est pas prêt. Borloo n’a fait qu’une « communication ». Le ministre du développement durable a maintenu le tarif de 17 euros par tonne de CO2 émise, le principe, injuste, de bonus-malus forfaitaire et non progressif pour les ménages, et l’exonération partielle de l’agriculture et la pêche (75% de réduction) et ... le transport de marchandise (35% de réduction). Concernant les 1018 entreprises exclues de la précédente taxe carbone tuée par le Conseil Constitutionnel en décembre dernier, le gouvernement prévient de sa méthode... prudente: il reporte à février une « concertation avec les entreprises, les partenaires sociaux et les organisations non gouvernementales environnementales » pour « élaborer un dispositif adapté aux caractéristiques des entreprises des secteurs soumis au système des quotas d’émission ». En résumé, le gouvernement se laisse encore un bon mois pour trouver quelques astuces pour exclure les principaux pollueurs.

La France marginalisée en Haïti ?

Même en voyage, Nicolas Sarkozy devait rager sur les tensions diplomatiques entre la France et les Etats-unis à propos d’Haïti. Alors qu’Haïti était frappé par un nouveau séisme, moins violent que celui du 12 janvier dernier, Barack Obama a suggéré qu’un trio Etats-Unis, Brésil et Canada s’organise pour diriger les opérations de sauvetage. C’est un coup dur pour la diplomatie française, si prompte à mettre en scène le volontarisme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Pierre Lelouche, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a tenté de rassurer les journalistes sur les intentions d’Obama : « C’est une tendance qu’il a... non je plaisante. Je crois que la pire des choses, c’est d’essayer de monter les uns contre les autres. Il faut qu’on travaille tous ensemble ». l’Europe, sur place, est inexistante. Mais est-ce vraiment le sujet prioritaire ?

Les Etats-Unis viennent par ailleurs de décider d’envoyer 12 500 soldats supplémentaires sur place. L’effort est massif, sans doute pas désintéressé, et ridiculise la compassion française. Lundi, Alain Joyandet, le secrétaire d’Etat à la Coopération (et à la Françafrique) avait commis une belle bourde en déclarant : «J’espère que les choses seront précisées quant au rôle des Etats-Unis. Il s’agit d’aider Haïti, il ne s’agit pas d’occuper Haïti». Sarkozy a tenté de calmer le jeu. Son gouvernement ne sait pas se tenir.

En Martinique, Le « Plan Blanc » d’Eric Besson, qui exonérait les Haïtiens de visa préalable a été suspendu dès mardi, faute de blessés à soigner. Il paraît que les transports sont mobilisés à Haïti et ne peuvent acheminer des blessés vers la Martinique. Eric Besson aurait pu attendre. Et bien non. Il lui a semblé urgent de rétablir « l’ordre », le filtrage d’éventuels sans-papiers. On ne se refait pas. Une partie du personnel médical des CHU ne comprend pas pourquoi cette précipitation à annuler une disposition humanitaire. Il s’agace des demandes d’enregistrement des blessés haïtiens fixées par les services de l’Identité nationale comme un préalable aux soins.

La France au pas

En l’absence de Nicolas Sarkozy, le redécoupage électoral, qui réattribue une trentaine de circonscriptions en faveur de l’UMP sous prétexte de réévaluation des populations, a été adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale mardi 19 janvier. L’intégralité des députés d’opposition ont quitté l’hémicycle et n’ont pas pris part au vote.

De son côté, la commission d’enquête parlementaire constituée sur les études d’opinion de l’exécutif ne traitera pas des sondages de l’Elysée. Nicolas Sarkozy a réussi son coup. Sous prétexte de séparation des pouvoirs, les 38 députés UMP et Nouveau Centre de la Commission des Finances ont adopté l’amendement de l’un des leurs qui exclue l’Elysée du champ d’enquête. L’auteur de cette disposition, Olivier Carré, explique la proposition socialiste d’organiser une telle enquête « embrasse un champ trop large qui fragilise l’objet même de la commission d’enquête. »

Il y a plusieurs mois déjà, le projet d’une commission parlementaire sur les seuls sondages élyséens avait été tué dans l’œuf par la commission des lois de l’Assemblée Nationale, avec l’appui de l’Elysée et du gouvernement. Rappelons que la Présidence de la République avait dépensé quelques 3 millions d’euros pour plus d’une centaine de sondages. Pour 2009 et 2010, le chef de cabinet de Nicolas Sarkozy a promis une réduction de ces dépenses. Les cabinets évincés ont retrouvé leur budget d’enquête … à Matignon.

Autre sujet d’inquiétude, la loi Loppsi II arrive sur les bancs de l’Assemblée. Ce texte, préparé par Michèle Alliot-Marie et présenté par Brice Hortefeux, prévoit notamment la création d’une nouvelle plate-forme de lutte contre tout type de cybercriminalité, la mise en oeuvre d’outils de géolocalisation des internautes, la création d’un délit d’ « usurpation d’identité sur Internet »,  le filtrage des sites internet par les FAI (sur instruction policière), et l’autorisation de la mise en place de logiciels mouchards. Le coût de ces nouveaux dispositifs est estimé à 2,5 milliards d’euros par an.

Le nombre de faillites augmente

En Outre-Mer, Nicolas Sarkozy a parlé immigration, devoirs républicains et écologie. Pas de place pour le social. Les inquiétudes sont pourtant grandes, les situations précaires. De retour en France, Nicolas Sarkozy pourrait commenter quelques nouvelles sur le front économique. Il pourrait se féliciter, trop vite, de la fulgurante progression du nombre de créations d’entreprises : 580 193 créations en 2009, contre 331 439 en 2008 (216 214 en 2000). Le statut d’auto-entrepreneur, qui simplifie les démarches administratives et forfaitise les charges sociales, a fait fureur. Fin novembre, un autoentrepreneur sur 5 avait déclaré un chiffre d’affaires. Le statut plaît, mais l’activité ne suit pas. Evidemment.

En revanche, le nombre de faillites, surtout de PME, a fortement augmenté, pour atteindre 61 595 en 2009 (on craignait 75 000 au début de l’année), soit +11,4% sur un an. Gageons que Nicolas Sarkozy ne commentera pas ce chiffre, comme hier cette alarme des syndicats sur le million de chômeurs en fin de droits.

Des informations moins glorieuses qu’un panneau solaire à la Réunion ou une saillie sur les devoirs de la République.



Un million en fin de droits, et toi, et toi, et toi....
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