Souillac. Entreprise Pivaudran : manif contre un avenir bien sombre

La Dépêche. 12 septembre 2009 par B.-H. S.-P.

Hier, la direction a confirmé le douloureux plan de sauvegarde et a présenté des pistes de diversification.

Hier, une centaine de salariés a de nouveau défilé en ville avant de manifester sous les fenêtres de la direction. DDM O.Le Gall
Hier, une centaine de salariés a de nouveau défilé en ville avant de manifester sous les fenêtres de la direction. DDM O.Le Gall
Hier, une centaine de salariés a de nouveau défilé en ville avant de manifester sous les fenêtres de la direction. DDM O.Le Gall

Plus d'une centaine de salariés de l'entreprise Pivaudran ont de nouveau parcouru la ville, hier matin, du centre Leclerc au marché en passant par Blazy, avant de s'arrêter devant les services administratifs, rue de la Frégière. Les locaux accueillient en effet une réunion entre direction et comité d'entreprise (CE) de la société souillagaise spécialisée dans la fabrication de bouchons pour l'industrie cosmétique et la parfumerie.

Venus soutenir leurs délégués et représentants, ils ont rencontré partout sur leur passage sympathie et manifestations de soutien de la part des commerçants et de la population, parmi laquelle des «anciens» avaient les larmes aux yeux.

L'inquiétude est forte car, au-delà des 112 suppressions de postes annoncées, tous pensent aux 287 emplois actuels. C'est toute une entreprise qu'il faut sauver !

«Il faut que ceux qui restent voient leurs emplois maintenus encore longtemps et que ceux qui partent le fassent dans les meilleures conditions possibles, souligne un salarié de production».

La solidarité grandit, la colère aussi. Quinze jours après l'annonce d'un plan de sauvegarde, 112 licenciements ont été décidés. Depuis un an, tous vivent la situation de chômage partiel, ils ne sont informés «que depuis un mois et ce sont les médias qui relayent ce que la direction exprime».

«Pour en arriver là, nous avons le ressenti d'une mauvaise gestion car, malgré la crise, il y a eu trois plans sociaux en 7 ans. C'est un constat d'échec que les dirigeants doivent assumer, conclut un employé».

Déception et action

Au terme de plus de deux heures de réunion, William Gout, délégué syndical CGT et membre du CE ne cachait pas sa déception: «Il n'y a aucune avancée sur la vision d'avenir, le plan de développement, la stratégie commerciale, ni sur les garantie. Tout le monde, y compris parmi des membres du CE, agissent comme si les licenciement étaient inéluctables. Nous appelons la population locale et les élus à peser pour qu'il n'y ait pas de licenciements. Il vaut mieux des aides à l'investissement dans un outil pour se diversifier, plutôt que des aides pour les plans sociaux!»

Après la journé de grève de jeudi, et les manifestations des deux derniers jours, les salariés refusant les licenciements ne baissent pas les bras : ils se retrouveront, mardi prochain, de nouveau sous les fenêtre des locaux administratifs où le CE se réunit à nouveaux. «Nous envisageons de tenir une assemblée générale, mardi, afin d'informer l'ensemble des salariées et décider des suites à donner».


Le calendrier des prochaines réunions

Le répondeur de la société Pivaudran indique que l'entreprise est fermée du 11 au 21 septembre.

Pour autant, plusieurs réunions sont programmées. Celle rassemblant les représentants de Pôle Emploi, de la CRAM et de la cellule de reclassement se tiendra le 21 septembre prochain, dans les locaux de l'entreprise : il s'agit de répondre aux questions des salariés, et présenter les missions respectives de ces organismes.

Auparavant, une nouvelle réunion du comité d'entreprise est programmée mardi prochain, à propos des mesures d'accompagnement via la cellule de reclassement. «Une réunion technique», selon Jacques Pivaudran. Puis le CE est de nouveau convoqué le 25 septembre. Enfin, la deuxième réunion formelle, dans le cadre du PSE est programmée au 25 octobre.


Jacques Pivaudran : «Je m'en vais aussi»

Fils du fondateur et père de l'actuel PDG, Jacques Pivaudran est l'actuel directeur général de la société souillagaise. Hier, à l'issue de la réunion du comité d'entreprise, il a confirmé son intention de quitter l'entreprise.

Avez-vous annoncé une modification du plan de sauvegarde de l'entreprise?

Il n'y a pas de modification. Nous restons sur 112 suppressions d'emplois tel que cela a été indiqué dans les médias. Nous aurions souhaité qu'il n'y ait pas de licenciements, mais nous n'avons pas le choix. L'administrateur judiciaire, M. Baron, qui était présent à la réunion, nous a d'ailleurs donné raison.

Pour ma part, je l'ai déjà annoncé mais on ne m'a pas cru: je m'en vais aussi. Je ferai partie des quelque 30 départs à la retraite ou en préretraite sur les 112 emplois supprimés.

Une réunion technique sur les mesures d'accompagnement aura lieu, mardi prochain.

Quelles pistes se dessinnent pour l'avenir des établissements Pivaudran?

Le cabinet indépendant que nous avons missionné a présenté les grandes lignes de la nécessaire réorganisation de l'entreprise. Il a montré les points forts et les points faibles afin de réorganiser efficacement.

Pour cela, nous devons mettre tout à plat et effectuer de petits investissements.

Vers quelle diversification?

La diversification a déjà commencé. Nous avons des projets dans l'industrie et les techniques de luxe. Nous affectuons des projections sur les bases de la restructuration de 2010. Pour cela, faut-il que l'on arrive en 2010...

Commentaires

  • castagné
    • 1. castagné Le 30/09/2009
    aucun c

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