Toulouse : Freescale supprime 1.000 emplois. Source : La Dépêche.fr

La Dépêche.fr Publié le 23/04/2009 08:00 - Modifié le 23/04/2009 à 14:58 | Gérald Camier


Freescale, le géant américain des puces électroniques, veut stopper la production de son usine locale qui emploie 1 700 salariés.


Les techniciens de Freescale qui travaillent en salle blanche ont appris hier l'arrêt de la production de leur usine d'ici 2011.  Photo DDM  Michel Labonne
Les techniciens de Freescale qui travaillent en salle blanche ont appris hier l'arrêt de la production de leur usine d'ici 2011. Photo DDM Michel Labonne

À peine sortis de deux semaines de chômage partiel, les 1 700 salariés de Freescale, fabricant de puces électroniques à Toulouse, ont appris une très mauvaise nouvelle. Un comité d'entreprise extraordinaire leur a annoncé hier matin que l'usine arrêterait sa production en 2011. Huit cents emplois directs seront supprimés sur le site de Basso-Cambo. Néanmoins aucun plan de licenciements n'a été lancé car la direction de l'usine se donne trois ans pour reclasser tout le personnel menacé. La décision de fermeture vient du siège américain de Freescale à Austin au Texas. Elle est irrévocable. La firme veut se séparer de ses deux usines mondiales qui fabriquent des « wafers » de six pouces, c'est-à-dire des plaques de silicium servant à la fabrication de puces électroniques. L'autre usine fermée se situe au Japon.

Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, l'activité téléphonie mobile de Freescale à Toulouse, en vente depuis plusieurs mois, n'a toujours pas trouvé de repreneur. Deux cents salariés sont donc là aussi sur la sellette alors que la crise économique amenuise chaque jour un peu plus les espoirs de trouver une sortie par le haut. Au total, les restructurations vont supprimer 1 000 emplois après avoir déjà organisé deux vagues de départ volontaires, - la dernière en 2008 portant sur 102 et 170 emplois soit 272 postes. En 2011, il restera donc 500 salariés dédiés à la recherche et au développement sur le site toulousain.

déferlement du chômage

Cette annonce ne fait qu'allonger la longue liste des plans sociaux. Après Continental, Molex (lire ci-dessous), Caterpillar… les suppressions d'emplois déferlent sur les salariés. Martin Malvy s'inquiète pour les employés toulousains et pour les sous-traitants : « il appartient au Préfet d'organiser sans délais une rencontre avec la direction de Freescale jusqu'au niveau européen » a réagi le président de région. Un nouveau comité d'entreprise sera convoqué demain.

Chez les salariés, silence radio

Comme tous les jours vers 17 heures, c'est l'incessant ballet des véhicules qui franchissent le portail de la société Freescale Semi-conducteurs à Toulouse, centre d'excellence pour la fabrication de circuits intégrés de puissance intelligente dans le secteur de l'automobile et la téléphonie cellulaire. Dans les voitures, les salariés ont le visage fermé. Hier matin, s'est tenu un comité d'entreprise peu folichon d'où rien n'a filtré durant la journée. Les journalistes n'étaient pas spécialement les bienvenus hier après-midi. Et les employés de Freescale sont de braves soldats qui savent faire silence sur des informations de taille : 1 000 suppressions de postes prévues. Silence radio.

« On a en effet appris des choses, mais on ne peut rien dire, je préfère ne pas commenter », lâche pressé un ingénieur qui travaille sur le site depuis 8 ans. « J'ai entendu parler de certaines choses mais je ne suis pas habilité à parler », dit un autre.

À l'intérieur de l'entreprise, les consignes ont été prises de ne rien divulguer sur un probable plan social d'envergure. Syndicats et responsable de la communication restent injoignables. « Il y a sûrement des raisons légales à ce silence, confie un salarié au volant de sa voiture. Si quelqu'un vous dit quelque chose, c'est que ce n'est pas normal ». « On est un peu inquiet », avoue chichement une femme. Seul un sous-traitant, qui ne veut pas non plus donner son nom, se lance comme une bouteille à la mer. « On m'a parlé d'une fermeture de l'usine de fabrication en 2011, dit-il. J'ai de bons contacts avec certains qui m'ont assuré que près de 1 000 postes sont menacés. C'est une catastrophe ». En octobre dernier, Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées, avait déjà alerté la préfecture sur la menace qui planait sur l'entreprise qui emploie 1 750 personnes dont près de 800 cadres.

« On reclassera tout le monde »

Pourquoi décidez-vous de fermer l'usine toulousaine ?

Nous arrêtons la fabrications des puces car les standards utilisés à Toulouse ne sont plus rentables. Ce n'est pas une délocalisation ! Le groupe a décidé d'arrêter la technologie utilisée à Toulouse et n'entend pas la transférer ni aux états-Unis ni ailleurs.

Que vont devenir les 1 000 salariés menacés ?

Même si nous n'avons toujours pas trouvé de repreneur pour notre activité téléphonie mobile qui emploie 200 salariés, nous sommes ouverts à tout montage : alliance, rachat… Pour les 800 salariés impliqués dans la fabrication de puces, nous trouverons une solution pour chacun. Ici nous respectons nos collaborateurs, nous ne sommes pas comme Caterpillar ou Continental à Clairoix ! Je me suis battu pour informer les salariés avant les marchés financiers.

Quel avenir pour le site toulousain au-delà de 2011 ?

Nous avons trois ans pour travailler à la reconversion du site ; nous ne sommes pas au pied du mur. Nous nous sommes déjà lancés dans la recherche sur le véhicule électrique. Si ça marche, on peut espérer dépasser la barre des 500 salariés pour l'instant maintenus sur le site.

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