Toulouse : Le manifestant blessé porte plainte contre la police

Justice. Un étudiant avait été atteint à un œil vraisemblablement par une balle de flash ball devant Monoprix.

La Dépêche.fr. Article publié le 09 avril 2009. Jean-Noël Gros.

Joan, blessé lors de la manifestation du 19 mars 2009 à Toulouse.
DDM

Grièvement blessé à un œil lors de la manifestation du 19 mars et des incidents survenus devant Monoprix, Joan, un étudiant de 25 ans, a porté plainte. Cette plainte, déposée mardi matin auprès du parquet, vise explicitement les forces de police qui sont intervenues ce jour-là. Les avocats du jeune homme, Mes Julien Brel et Pascal Nakache, ont retenu l'intitulé suivant : «Violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation ».

Joan ne retrouvera peut-être jamais l'usage de son œil droit. Trois semaines après sa blessure, « il perçoit uniquement un filet de lumière sur le côté droit. Et les médecins sont très réservés sur l'évolution », indique un de ses avocats. L'étudiant, qui a subi de lourdes interventions chirurgicales, doit encore se faire opérer. Et sa blessure provoque toujours de vives douleurs.

balle de caoutchouc

Ce jeudi 19 mars, en fin d'après-midi, plusieurs étudiants pénètrent dans le Monoprix pour charger des chariots pendant que d'autres bloquent les accès. Leur objectif : « Un blocage économique avec redistribution de nourriture », selon leurs termes. Du vol, selon le gérant du supermarché qui appelle la police. Joan, selon ses dires (notre édition du 23 mars), ne participe pas à l'opération. Il a manifesté, puis est resté aux abords du Monoprix. Les policiers repoussent d'abord sans ménagement les bloqueurs. Un peu plus tard, ils tirent au flash ball. L'étudiant se trouve dans une chaîne, « bras dessus, bras dessous, en train de reculer », selon ses avocats, quand il est atteint par un projectile, vraisemblablement une balle de caoutchouc de flash ball. Son entourage en est en tout cas convaincu. « C'est évident, martèlent ses avocats. Il y a eu quelques projectiles tirés par des manifestants, mais depuis l'arrière. » Le certificat médical mentionne en outre « des lésions compatibles avec une balle de flash-ball ». Décrit comme un jeune homme posé, réfléchi, Joan, ne comprend pas pourquoi les policiers ont tiré. Il doit s'exprimer publiquement cet après-midi en compagnie de ses avocats.

Sollicités, la direction de la police et le procureur de la République n'ont pas souhaité s'exprimer pour l'instant. Le représentant du syndicat de police Unsa, Didier Martinez, « déplore » cette blessure, « s'il s'agit bien d'une balle de flash ball », mais fait observer que les policiers agissaient « dans le cadre d'un maintien de l'ordre, face à un groupe de personnes. Ces moyens de défense ont été utilisés pour disperser les gens, pas pour cibler une personne », indique-t-il.

 

 

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