Troisième nuit agitée à Firminy

Le JDD. 10 juillet 2009 par M.P (avec Reuters)

Pour la troisième nuit consécutive, Firminy, dans la Loire, a connu des violences. Plusieurs commerces et des voitures ont été incendiés et les pompiers qui intervenaient ont été caillassés. Ces incidents ont débuté vers 23h00, alors que le sit-in au pied de l'immeuble de la famille de Mohamed Benmouna, pour rendre hommage au jeune homme mort en garde à vue, se dispersait. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

Encore une nuit de violence à Firminy, dans la banlieue de Saint-Etienne. Les affrontements entre des jeunes et les forces de l'ordre se sont déroulés vers 23h, au pied de l'immeuble de la famille Benmouna, qui avait organisé un sit-in en hommage à Mohamed, 21 ans, mort mercredi après une garde à vue. Cailloux contre gaz lacrymogène, voitures brûlées, commerces incendiés: les dégâts sont importants. "La pharmacie, la boulangerie, le salon de coiffure et le bureau de tabac du centre commercial du quartier ont été détruits par l'incendie", a indiqué à l'agence Reuters le directeur de cabinet du préfet de la Loire, Sébastien Lime.

D'après ce responsable, les pompiers ont été caillassés et ont peiné à éteindre les feux à cause des rideaux de fer baissés des commerce. "On compte également deux incendies volontaires de véhicules à Firminy et quelques-uns à la Ricamarie", a-t-il encore annoncé. "Le but n'était manifestement pas de tendre un guet-apens aux forces de l'ordre ni de piller les commerces mais de détruire", a estimé Sébastien Lime. Cette explosion de violence a pris fin vers minuit. Un important dispositif de sécurité a été déployé: un renfort de 150 policiers était sur place et un hélicoptère survolait les lieux. Bilan des heurts: six interpellations.

Plainte contre X

Toute la journée de jeudi, la thèse de la "bavure policière", relayée par la famille de Mohamed et les jeunes de Firminy, a été battue en brèche par la justice. L'autopsie montre que le jeune homme est mort d'un "arrêt cardiaque par suffocation". Le procureur de Saint-Etienne, Jacques Pin, a affirmé que le corps du jeune homme "ne révèle aucune trace de violence". Les légistes confirment donc la thèse du suicide par pendaison. Retrouvé mardi inanimé dans sa cellule, le jeune homme de 21 ans avait été conduit à l'hôpital, où il a succombé à ses blessures mercredi. La famille, elle, a porté plainte contre X jeudi et n'écarte pas la piste de violences policières maquillées en suicide.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur a également confirmé la thèse du suicide. Invité de RTL, Brice Hrotefeux a déclaré: "Au cours de sa garde à vue, il a voulu se suicider et malheureusement il y est parvenu. Le procureur a indiqué qu'il n'y avait pas eu de violences policières, pour parler clair, qu'il n'y avait pas eu de bavure". Prié de dire s'il excluait toute faute des policiers, il a répondu: "à ce stade, il y a deux choses, l'expression du procureur et il y a naturellement une enquête de l'Inspection générale de la police nationale".

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