TVA dans la restauration : Si si, les prix baissent, j'te jure ! Ah doup-doup-doup...

Les mots ont un sens. 3 décembre 2009

Les restaurateurs ne respectent pas leurs engagements ? Pas de lézard, Hervé Novelli gère la com' : 9 millions d'euros de pure propagande pour faire gober aux consommateurs qu'en fait, si si, les prix baissent... Gare à l'indigestion.

Baisse de la TVA : Novelli organise la propagande des restaurateurs

Le 1er juillet 2009, la TVA appliquée au secteur de la restauration est passée de 19,6% à 5,5%. Un ticket-resto à 3 milliards d'euros. A l'époque, Christine Lagarde sautillait comme un cabri en poussant de grands "hourra" : les consommateurs allaient bientôt pouvoir trinquer à la santé du gouvernement, défenseur du pouvoir d'achat devant l'Éternel. Trois mois plus tard, cependant, l'INSEE douchait les ardeurs de la meilleure ministre de l'Economie européenne 2009. Les prix n'avaient chuté que de 1,5%. Pas vraiment de quoi sabrer le champagne. Du coup, Hervé Novelli a pris le relai, organisant un tonitruant Comité de suivi qui devrait révéler son "bilan définitif en matière de baisse des prix" le 15 décembre. Et si les résultats devaient être décevants, attention ! "Le gouvernement en tirera toutes les conséquences" a décrété le secrétaire d'Etat au Commerce, laissant planer la menace d'un rétablissement de la TVA à 19,6%. Chaud devant !

On allait voir ce qu'on allait voir...

Et on a vu ce qu'on a vu : Nicolas Sarkozy rabrouant violemment ses "collaborateurs". "Jamais je ne reviendrai sur la baisse de la TVA sur la restauration" a-t-il affirmé le 24 novembre. En réalité, le chef de l'Etat s'est appliqué à nous expliquer qu'on avait mal compris : cette baisse n'était ni une mesure en faveur du pouvoir d'achat, ni une ristourne, mais bien la réparation d'une injustice puisque la TVA dans la restauration rapide était déjà à 5,5%. Dont acte. En moins de cinq secondes, pas moins cinq mois de communication gouvernementale sont tombés à l'eau. Et les ministres tentent maintenant de rallier la berge à la nage, une jolie enclume sculptée du visage de l'Élu sur le dos...

En France, on n'a pas de pétrole mais on a Novelli

Selon La Tribune, qui s'est procuré un document confidentiel du cabinet du secrétaire d'Etat, le gouvernement s'apprête à utiliser les 9 millions d'euros (sur trois ans, dont 500 000 € mobilisables "immédiatement") du budget "Promotion" du Fonds de modernisation de la restauration (FMR) géré par Oséo, afin de mener une "campagne coup de poing sur une période resserrée pour communiquer positivement sur la baisse de la TVA". Objectif : "créer un climat médiatique et politique favorable avant cette date du 15 décembre". En clair, il faut absolument retourner "l'opinion publique largement alimentée par les médias qui constituent aujourd'hui une menace forte pour la bonne marche de la réforme". Pas vraiment sympas les médias...

Une merveille de Storytelling

Cette note a été envoyée le 16 novembre à plusieurs agences de communication. Donc au moment où Hervé Novelli faisait mine de taper sur les restaurateurs en les menaçant de relever le taux de TVA, son cabinet avouait dans ce document ne pas s'attendre à "une forte évolution des indices des prix". Pire, à aucun moment la bafouille ne met en demeure la profession de respecter ses engagements, se contentant de constater qu'"il parait difficile de remonter la pente" des sondages défavorables. Conclusion : il faut s'atteler à multiplier les opérations de propagande pour retourner l'opinion au plus vite et faire croire que "la baisse de la TVA est bénéfique aux consommateurs". C'est "urgent", puisque le Comité de suivi se réunit le 15 décembre.

On efface tout et on recommence

En résumé : le gouvernement a dépensé 3 milliards d'euros pour une mesure dont l'efficacité économique est hautement sujette à caution, tout en faisant croire que les consommateurs y gagneraient en pouvoir d'achat. Comme les restaurateurs ne jouent pas le jeu (à tort ou à raison, là n'est pas le sujet), plutôt que de tenter de se faire respecter, le gouvernement dépense encore quelques millions d'euros pour enfumer la population.

Un pousse café, avec ça ?

 

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