Une grosse envie

Le Lot en Action. Article paru dans le mag n°8, par Le Lutin qui lutte

J’avais envie ! …  J’avais envie d’en mettre une couche sur le scandale de la campagne de vaccination contre le H1N1, sur la quantité astronomique de doses commandées, sur la gabegie orchestrée sciemment par la ministre de la santé, sur la morgue qu’elle ose afficher lors de ses dernières apparitions télévisées, pour tenter de justifier l’injustifiable, sur sa voix fausse, ses yeux plissés, son regard fuyant et inquiet, mais toujours cynique et sans scrupules, sa bouche pincée au rictus mauvais, le tout caché sous une épaisseur insondable de fard poisseux et abject, maquillage très onéreux, mais pour le cas présent, totalement inefficace, fabriqué par une grande marque de cosmétiques, parce que, mââdââme la Miiniistre, elle aussi le vaut bien, quoique, nous sommes désormais bien assurés, qu’en vérité elle ne vaut pas grand chose. (1).

J’aurais pu, dans la foulée, m’essuyer les croquenots bien glaiseux, à force d’arpenter les chemins du Lot, sur cette grande marque de cosmétiques évoquée plus haut, raconter le passé obscur de ses membres fondateurs lors de la deuxième guerre mondiale,(2), dénoncer sarcastiquement, comment cette même entreprise florissante utilise de nos jours le travail des prisonniers dans les geôles françaises, pour réduire considérablement ses coûts salariaux et assurer à ses actionnaires de confortables dividendes, rebondir sur la privatisations des prisons en France et parler des grosses entreprises qui se lancent tête baissée dans cette brèche commerciale forcément très juteuse.(3)(4). J’aurais pu ironiquement revenir sur la deuxième guerre mondiale, sur les camps de concentration nazis, comme celui de Dachau, par exemple, à 15 kms de Münich, où pendant toutes ces fructueuses années, une entreprise de fabrique de moteurs bavaroise, réduisit en esclavage des dizaines de milliers de prisonniers, avec la complicité des dignitaires du régime.(5).

Il m’eût été ensuite facile de parler du tristement célèbre consortium IG Farben, fleuron de l’industrie chimique et pharmaceutique allemande, qui pratiqua des milliers d’expériences médicales sur les cobayes humains des camps. Puis, laissant dériver facétieusement mon esprit pervers, j’aurais pu retracer l’historique de ce groupe après la guerre, son démantèlement,(6), la fusion de sa branche pharmaceutique avec un puissant groupe français, entreprise elle-même absorbée par un autre groupe plus puissant, composé entre autre par une filiale de la célèbre marque de cosmétiques dont nos chères femmes ne vanteront jamais assez les mérites, ni ne chanteront les louanges.

Enfin, pour finir en beauté, et boucler ce petit tour improvisé, j’aurais stipulé que ce nouveau grand groupe possédait une filiale, spécialisée dans la fabrication de vaccins humains,(7), à qui Mââdââme la Miiniiistre, avait commandé un nombre impressionnant de doses contre la grippe porcine, au cas où que….

Pour définitivement conclure, j’aurais pu mentionner que la fabrique de moteurs bavaroise qui s’illustra pendant la guerre, est en 2010, une magnifique entreprise automobile, qui produit de somptueux modèles, certes chers, mais à la technologie ô combien sécurisante, sachant séduire et faire rêver un large éventail de conducteurs amoureux de la belle mécanique, du simple ouvrier, au capitaine d’industrie, en passant par le petit fils de déporté ou l’anarchiste allemand des années 70, car comme le disait si bien Michel Audiard : « Le prix à payer s’oublie, la qualité reste !!! » E

nfin, pour rester dans la couleur locale, j’aurais pu vous signaler que l’entreprise de BTP qui se propose d’implanter une usine d’enrobage à chaud sur la sympathique commune de Thémines,(8), créant ainsi de nombreux emplois valorisants et sauvant votre département miteux de la famine et de la crise sociale, est également très active dans la construction et la gestion de centres d’incarcérations privés, afin de redonner dignité, fierté, travail et chances de réinsertion à des milliers de détenus, tant les méthodes de l’administration pénitentiaire française sont nulles et obsolètes. Oui, j’aurais pu, j’aurais pu …

Mais j’ai la malchance et la fâcheuse manie de m’intéresser à l’art en général, et à la peinture en particulier. C’est ainsi que j’ai appris qu’il y avait une rétrospective au Petit Palais à Paris, sur Fernand Pelez, peintre peu connu de la fin du XIXème siècle. Ne pouvant me rendre de ce pas dans la capitale, j’ai consulté le site internet du petit palais, ce que je vous recommande vivement de faire. Les tableaux présentés se passent de tous commentaires, particulièrement, sans asile, un nid de misère, ou le marchand de violettes.


Il est bientôt 19 heures. La nuit est tombée, et pour égayer la maisonnée, je vais brancher le poste de télévision, regarder d’un œil morne la sempiternelle succession d’émissions paillettes à la gloire de vedettes bronzées et impeccablement habillées, qui roulent dans de renversantes et rutilantes automobiles, vous savez de quelle marque je veux parler, en compagnie de superbes femelles racées et provocantes, et qui surtout le valent bien, ou d’hommes d’affaires à la réussite sociale époustouflante, grâce à la seule force de leur volonté, de leur ténacité et de leur courage, chantres de l’esprit humain, quand il ose entreprendre et se frotter à l’ Histoire. Sacrée soirée en perspective … Heureusement, il existe encore des personnes qui ont le goût pour les commémorations et qui surtout ont de la mémoire. Il y a cinquante ans, disparaissait Albert Camus, dans un accident automobile, comme par hasard ! On pourrait écrire des pages et des pages sur cet immense écrivain, mais d’autres l’ont fait beaucoup mieux que moi. Afin de créer le lien avec Fernand Pelez, je ne retiendrai qu’une seule phrase, avant de vous laisser vaquer à vos occupations :        

« L’artiste ne peut se mettre au service de ceux qui font l’ Histoire. Il est au service de ceux qui la subissent. »


Liens Internet
(1)    Pharmacritique  # Roselyne Bachelot a passé au moins 12 ans…                                  
(2)    Histoire secrète de l’Oréal[Voltaire]
(3)    Gonzague Rambaud # France Inter>émissions>le cinq sept#  l ivre : Le travail en prison, enquête sur le business carcéral
(4)     Prisons privées en France # dossier Pollens…
(5)    Historique de BMW  Paragraphe débutant par Karl Sommer...
(6)    IG Farben
(7)    Sanofi
(8)    Le lot en action  N°6

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