Une plante remarquable par sa composition, ses usages multiples et innovants

Le Lot en Action. Source : Start Hemp

Trois parties de la plante sont utilisées, les graines (chènevis), le coeur des tiges (chènevotte) et la fibre de la plante.

Le Chènevis


Le chènevis est la graine du chanvre. Il est composé d’une amande contenue dans une coquille. Le chènevis Bio trouve sa meilleure valorisation dans l’alimentation humaine et la cosmétique Bio. Les lots de qualité moindre trouvent des applications industrielles et techniques diverses telles que vernis et peintures écologiques.

Une composition en tous points remarquable

Sans allergène et sans gluten, la graine de chènevis est riche en acides gras essentiels polyinsaturés - type oméga 3 et oméga 6 - dans des proportions idéales pour les besoins humains.

Elle est également riche en protéines facilement digestibles et contient de multiples oligo-éléments et vitamines, dont une part intéressante de vitamine E.

Nous ne sommes qu’à l’aube de nos connaissances sur les atouts du chènevis, mais ses effets positifs sur la santé humaine, tant comme aliment que comme complément alimentaire, sont indéniables.

De multiples produits et usages alimentaires

L’huile tirée de l’amande est une huile d’assaisonnement qu’il ne faut pas cuire et qu’il convient de stocker à l’abri de la lumière et au frais. Elle concentre les acides gras essentiels présents dans la graine. Elle est donc particulièrement riche en oméga 3 et oméga 6.

La farine extraite de l’amande, coproduit de l’huile, est utilisée dans de multiples préparations alimentaires soit pure, soit dans des recettes en substitution à hauteur de 15 à 20 % des farines traditionnelles : galettes, béchamel, pâtes diverses. Elle est particulièrement riche en protéines.

L’amande nue s'utilise pour agrémenter les salades, entremets et autres préparations. Elle possède à la fois les vertus des acides gras essentiels de l’huile de chanvre et la richesse des protéines de la farine. Elle est emballée sous vide et se conserve au frais.

Les graines entières sont aussi consommées. On peut les faire germer soi-même à domicile ou en faire des préparations à snacker : toastées et salées ou toastées et aromatisées, caramélisées ou sucrées, voire enrobées de chocolat.

Les laits et fromages de chanvre se positionnent, à l’exemple de certaines céréales et du soja, comme des produits d’avenir, tant par la nouveauté qu’ils représentent que par leurs qualités gustatives et nutritionnelles.

Une nouvelle place dans la cosmétique Bio

La plupart des usages aujourd’hui recensés sont basés sur l’utilisation des lipides : huiles, savons, shampooings, crèmes, onguents…de nombreuses marques si elles ne l’ont déjà inclus dans leur gamme, s’intéressent de plus en plus à l’usage du chanvre dans leur ligne cosmétique Bio.

Les protéines du chanvre sont elles aussi riches de potentialités. Si elles ne sont encore aujourd’hui que des sujets d’études, elles deviendront sans doute demain de nouvelles sources de valeur.

La Chènevotte

La chènevotte, bois de la plante, est constituée à 45 % de carbone. Elle se présente, après transformation des pailles, sous forme d’agrégats légers. Ces agrégats, d’une taille moyenne de 2 x 5 x 20 mm, ont une masse volumique voisine des 100 kg/m3. A l’observation microscopique on s’aperçoit qu’ils sont constitués de microporosités de tailles différentes. Ce sont ces microporosités qui donnent à la chènevotte ses spécificités :
- bon hydrophile (absorbe près de quatre fois son poids en eau)
- bon isolant thermique
- atouts phoniques et acoustiques

Un matériau d’avenir pour le bâtiment...

Jusqu’à présent, la chènevotte était essentiellement utilisée comme litière pour animaux d’élevage ou de compagnie, ou comme paillage végétal pour jardins familiaux, d’ornement ou espaces verts.

Tant par ses performances naturelles d’isolant et le confort de vie et le bien-être qu’elle propose - amélioration acoustique et phonique, régulation hygrométrique naturelle, économies d’énergie - que par ses qualités écologiques - l’usage du béton chanvre/chaux permet de fixer plus de 100 kg d’équivalent carbone par m3 (pdf analyse du cycle de vie du chanvre), là où la plupart des matériaux ont des bilans carbone largement négatifs – la chènevotte est un matériau sain et renouvelable promis à un fort développement dans le domaine de la construction comme dans celui de la rénovation.

Pour tenir sa place sur ce marché du Bâtiment, la chènevotte doit cependant présenter certaines caractéristiques minimales : - respect de la granulométrie prédéfinie
- absence de poussières, graines, feuilles et autres déchets ou corps étrangers
- absence complète ou présence contrôlée de fibres dans l’agrégat
L’association Construire en Chanvre pilote les travaux destinés à affiner cette définition dans la perspective de la mise au point des normes et labels à venir.

Elle peut être utilisée directement par voie sèche en remplissage de vides pour isoler planchers et plafonds ou bien par voie humide, en mélange avec de la chaux, pour enduits, dalles, murs banchés, isolation de toiture, en comble ou sous rampants (voir les préconisations des « Règles de la Construction en Chanvre » qui permettent depuis fin 2006 à un artisan de faire valoir une garantie décennale pour l’ouvrage concerné).

Vers une pose facilitée : une projeteuse spécifiquement dédiée à la pose mécanisée de ce mélange est en cours de développement. La chènevotte entre également dans la production de blocs ou briques de chanvre-chaux, préfabriqués et prêts à assembler.

La chènevotte représente jusqu’à 60 % du poids de la paille mais, difficilement compressible, elle constitue plus de 80 % de son volume. L’enjeu de son usage dans la perspective d'un développement durable passe par la réalisation d’une première transformation relocalisée sur les territoires de production puis par la construction d’une logistique de distribution locale limitant son transport à un seul déplacement de courte distance de son lieu de production jusqu’à son lieu de mise en application finale.

La Fibre

La fibre de chanvre est dite libérienne parce que située dans l’écorce (le liber). La longueur et la résistance de ses faisceaux en ont fait de tous temps une fibre particulièrement adaptée à des usages textiles divers : cordes, voiles de marine et toiles pour vêtements. Les fibres représentent jusqu’à 30 % du poids de la paille. Plus fine et plus douce, la fibre rouie ouvre la voie à des applications plus techniques.

Des applications en pleine mutation :

L’industrie papetière

Elle utilise les fibres de chanvre pour la fabrication de papiers spéciaux aux qualités mécaniques supérieures à celles de la fibre de bois : papiers de filtration, renfort du papier recyclé, papier à cigarette... Cette dernière application tend à se délocaliser, ce qui entraîne le déclin rapide des usages du chanvre en papeterie au profit de nouvelles applications.

Les matériaux composites et textiles techniques

Ils sont aujourd’hui en pleine expansion et en innovation permanente. Selon les procédés de fabrication et les longueurs des fibres, les applications sont diverses :

Matériaux composites : le moulage injection de fibres de chanvre de 25 mm environ, mélangées dans un compound avec des liants tels le polypropylène (PP), est utilisé dans la fabrication de pièces industrielles telles qu'intérieurs de voiture, hélices de ventilateurs, capots d’ordinateurs, boitiers de téléphones portables.
Textiles techniques : le nappage consiste à organiser des fibres d’une longueur moyenne de 60 mm environ sous forme de tapis (nappe) continu. Cette nappe peut être constituée de fibres de chanvre pur ou d’un mélange de fibres aux qualités (charge, résilience…) et fonctions (colle) complémentaires.
L’aiguilletage est un procédé mécanique de liage des fibres : des milliers d’aiguilles traversent la nappe et entrecroisent les fibres leur donnant une cohésion, un comportement et une résistance mécanique nouvelles. Bâtiment, automobile, électroménager, géotextiles, horticulture… nombreux sont les secteurs concernés par cette activité.

Le thermoliage consiste à faire fondre dans un four en continu des fibres thermo-fusibles, polypropylène le plus souvent, préalablement mélangées à une nappe de chanvre. Les applications sont tout aussi diverses que pour l’aiguilletage. Permettant de produire des nappes plus épaisses – jusqu’à 20 cm – et de densités variables - 30 à 120 Kg/m3 - ce procédé est essentiellement utilisé pour produire des nappes appelées laine de chanvre parce destinées à remplacer les laines minérales dans l’isolation écologique des bâtiments.

Demain, le renforcement des matériaux composites avec l’usage de fibres plus longues et la mise au point de biomatériaux, totalement renouvelables et recyclables avec l’usage de liant « verts » non pétrochimiques (voir programme MaiHeC ), ouvriront de nouveaux marchés. Start hemp a choisi ses sujets de Recherche et Développement et travaille à certains outils spécifiques de transformation pour se positionner résolument sur ces créneaux des fibres de renforcement longues et des biomatériaux à destination des industriels éthiques ciblant des produits à forte soutenabilité : isolation « douce », véhicules « propres », énergies renouvelables...

Le programme MaiHeC, acronyme pour « une Maison pour un Hectare de Chanvre », est une opération de Recherche & Développement qui vise à produire la première laine de chanvre 100 % renouvelable et recyclable avec des fibres de chanvre Bio et un liant végétal remplaçant l’actuel polypropylène. Cette opération, labellisée par le pôle de compétitivité AgriMip Innovation et par l’ ADEME qui en porte une partie du financement, regroupe autour de Start hemp : la PME Tarnaise SOTEXTHO spécialisée dans la production de nappes de fibres végétales, NEOTIM, S.A.R.L. proche de l’Ecole des Mines d‘Albi experte en caractérisation des matériaux, et le C.R.I.T.T. CATAR, centre de transfert de technologie spécialiste des agro-ressources, adossé à l’E.N.S.I.A.C.E.T., Ecole Supérieure de Chimie de Toulouse.
Les travaux devraient aboutir, selon le programme déposé, en juillet 2010.

Le textile habillement

Aujourd’hui, seuls subsistent des outils et des productions vestiges du XIXème siècle, essentiellement en Europe de l’Est et en Chine. Diverses expérimentations sont conduites, mais le chemin sera long avant de retrouver une filière textile complète à l’image de la filière lin. Le renouveau de cette filière passera par la convergence et la collaboration de tous dans une phase de R & D préalable : des fournisseurs de matières premières aux équipementiers et aux concepteurs des process, sans oublier bien sûr les fabricants de produits intermédiaires et de produits finis.

Commentaires

  • Besson
    • 1. Besson Le 22/01/2015
    Bonjour, je cherche un fournisseur de chenevotte pas cher dans le lot, impossible !!!!quelqu'un a t il une adresse, merci

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