Une station de métro, une rue de Cahors ?

Le Lot en Action mag n°42. 21 octobre 2011 par Maya.

louise-michel-1.jpgSi je vous dis que ce personnage est connu de nous tous, « rejetons » de l’enseignement secondaire, sans que pourtant nous n’ayons jamais lu et encore moins étudié ses poèmes, ses pièces de théâtre, ses contes, ses romans, son traité d’éducation, ses articles de journaux, ses textes philosophiques, ses observations botaniques ou son opéra ….A qui pensez-vous ?

Si je vous dis que ce personnage mystèreimagina un nouvel instrument de musique en remplaçant les marteaux du piano par des archets, qu’il eu pour amis Victor Hugo, Paul Verlaine, Henri Rochefort et Clémenceau et que tous lui écrivirent leur admiration pour sa dignité et son courage: « Viro Major » (plus grande qu’un homme en latin) pour Hugo, « Ange Gardien des pauvres pour Verlaine » et « la Vierge Rouge » dans notre mémoire…..Car oui, c’est une femme, et je suis presque sure que vous êtes nombreux à ne plus avoir aucun doute sur son identité.

Qui est cette femme qui aimait à dire « Je suis ambitieuse pour l'humanité; moi je voudrais que tout le monde fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût. » ?

C’est cette même femme qui ouvrira deux écoles « libres » en France, gèrera une école libertaire en  Angleterre et sera institutrice à Nouméa sans jamais oublier que «  La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »

Si de plus je vous cite parmi ses recueils de contes « Légendes et chansons de gestes canaques » écrit en 1875 lors d’un long séjour forcé à Nouméa, je ne doute pas que vous savez déjà que c’est sa participation plus qu’active à la Commune qui lui donne l’occasion de nous offrir ce travail d’ethnologue. Tout comme elle avait transformé le banc des accusés lors de son procès en tribune politique, elle mettra à profit ces années de déportation en Nouvelle Calédonie pour soutenir la lutte des canaques et nourrir sa réflexion libertaire.

louise-michel-2.jpgA son retour en 1880, elle reprend ses activités militantes, donne des conférences, intervient dans des meetings, défend l'abolition de la peine de mort, les ouvriers et les chômeurs. Elle s’installe à Londres en 1890 où elle gère une école libertaire. A la demande de Sébastien Faure, elle revient en France en 1895. Arrêtée à plusieurs reprises lors de manifestations, elle est emprisonnée pendant trois ans avant d'être libérée sur l'intervention de Clemenceau.

Si je vous dis qu’elle est une des rares féminine  à avoir donné son nom à une station du métro parisien et que dans quelques jours elle le donnera à une rue de Cahors ?....Louise Michel.

Louise Michel est née le 29 mai 1830 au château de Vroncourt d’une femme de chambre et de père inconnu. (très vraisemblablement le châtelain, Laurent Demahis) elle est décédée à Marseille le 9 janvier 1905 d’une pneumonie, quelques semaines après une tournée de conférences en Algérie, dont les thèmes étaient antimilitarisme, athéisme, anticolonialisme et anarchisme…. Une foule de 120 000 personnes l’accompagne lors de ses funérailles jusqu’au cimetière de Levallois. Et je suis prête à parier qu’encore aujourd’hui une majorité d’entre vous garde le souvenir de son visage, des portraits de son procès               .

Alors si comme moi vous découvrez  tardivement la Louise Michel poète, écrivain et conteuse, voici un peu de la Louise Michel femme, dans un poème qu’elle écrit à la mort de Théophile Ferré. Elle rencontre ce militant blanquiste « Théo » dans les années qui précèdent la Commune et il semble que Louise l’ait passionnément aimé.  Délégué de Montmartre, de ceux qui consentirent à l’exécution des otages, on l’accuse aussi d’avoir donné l'ordre d'incendier le Ministère des Finances.  Théo Ferré est exécuté le 28 novembre 1971. Louise Michel écrit :

L’Œillet Rouge

Si j’allais au noir cimetière,
Frère, jetez sur votre sœur,
Comme une espérance dernière,

De rouges œillets tout en fleurs.

Dans les derniers temps de l’Empire,
Lorsque le peuple s’éveillait,
Rouge œillet, ce fut ton sourire
Qui nous dit que tout renaissait.

Aujourd’hui, va fleurir dans l’ombre
Des noires et tristes prisons.
Va fleurir près du captif sombre,
Et dis-lui bien que nous l’aimons.

Dis-lui que par le temps rapide
Tout appartient à l'avenir
Que le vainqueur au front livide
Plus que le vaincu peut mourir.

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