Violence à l’école : l’UMP coupable !

Plume de Presse. 16 février 2010 par Olivier Bonnet

Des "Etats généraux sur la violence à l’école" pour avril, annonce le ministre Luc Chatel dans la précipitation, confronté au mouvement des enseignants exigeant davantage de surveillants. Et pourquoi pas un "Grenelle" ? Ou un comité Théodule ? Le seul vrai remède est pourtant connu de longue date : arrêtez les suppressions de poste, sinistres tartuffes !



Alors même que les élèves scolarisés seront 20 000 de plus à la rentrée de septembre, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a annoncé que le gouvernement allait supprimer, excusez du peu, quelque 10 000 postes, dont 8 000 dans le domaine "des emplois aidés et de tout ce qui concourt à la vie scolaire dans le second degré, en ne remplaçant pas un emploi équivalent temps plein sur deux." Autrement dit, on prétend lutter contre la violence à l’école tout en diminuant constamment le nombre d’adultes remplissant l’indispensable fonction d’encadrement. Ne vous étonnez pas que ce soient les mêmes qui viennent ensuite pleurer des larmes de crocodiles quand un dramatique fait divers survient. Et parions qu’ils nous reparleront bientôt d’une présence policière à l’école !" Ce texte date de mai 2007, débutant un billet titré Les fossoyeurs de l’Education nationale. En juillet, le chiffre des suppressions d’emplois était réévalué : 17 000 postes sur le carreau. Voilà toute l’hypocrisie de l’UMP : elle fait mine d’être scandalisée par la violence à l’école mais démissionne lorsqu’il s’agit d’allouer les moyens pour endiguer le phénomène. "Puisqu’il faut des moyens, mais des moyens bien utilisés, je veux mettre en débat la possibilité de créer, auprès des recteurs, une force mobile d’agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle", déclarait le même Darcos deux ans plus tard, cité dans un autre billet, L’escalade sécuritaire. Il proposait alors de créer une "police des écoles". En ce même jour, deux enfants de 6 et 10 ans avaient été arrêtés devant leur école à Floirac (Gironde). Soupçonnés d’un vol de bicyclette - à tort -, ils avaient été amenés au commissariat pour y être interrogés durant deux heures.

Aujourd’hui, c’est Luc Chatel qui détient le portefeuille de l’Education nationale. Et il se trouve confronté à la contestation d’enseignants exigeant davantage de postes à la suite d’agressions survenues dans l’enceinte de leur établissement. Au lycée Aldophe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), ils mettront fin demain à une grève de quinze jours mais entendent poursuivre leur mouvement sous d’autres formes, revendiquant toujours le doublement du nombre de surveillants. Imaginez : ils sont actuellement 11 pour... 1500 élèves ! Tiens, c’est amusant : le chiffre est identique dans le lycée voisin de Thiais, Guillaume-Apollinaire, où vient de se produire une autre agression. Les collègues prennent le relais de ceux de Vitry : droit de retrait, manifestation. Et il faudra bien forcer ce gouvernement à assumer ses responsabilités. Quel insupportable discours tient-il jusqu’à présent, par la bouche du ministre, roi du marketing politique surnommé "Chatel consulting" par L’Humanité ? "On doit systématiquement refuser la banalisation de la violence", déverse-t-il dans l’Obs.com, tout en estimant qu’elle était "l’affaire de tous" et que le nombre de surveillants ne réglait pas tout. "Mettre un surveillant derrière chaque élève dans chaque établissement, [...] ce n’est pas possible et ce n’est pas la solution", a-t-il jugé, ajoutant notamment qu’un dispositif de vidéo-protection serait mis en œuvre à Chérioux "dans les mois qui viennent". Alors les surveillants ne sont pas la solution mais la vidéo"protection" - vidéo-surveillance en novlangue sarkozyste -, le serait, alors qu’il est établi qu’elle ne protège de rien du tout ? Il suffit maintenant : ce sont avant tout de moyens humains dont a besoin l’Education nationale. Soyons solidaires des enseignants et souhaitons que leur lutte fasse tache d’huile : "le fer de lance du mouvement est en fait la Seine-Saint-Denis, où 50 à 80 établissements étaient en grève la semaine passée et où plusieurs écoles primaires pourraient rejoindre le mouvement, espère la CGT", résume le site de TF1. "Les syndicats - notamment la CGT Educ’ et le Snes-FSU - misent sur le fait que le mouvement reprendra après les vacances, tant les motifs de mécontentement sont profonds et nombreux - manque de postes, sentiment d’abandon face à la violence, impression d’un métier dévalorisé, inquiétudes sur la réforme du lycée… Ils appellent ce mardi à une manifestation à Paris, et encore jeudi à deux jours de la fin des cours. Ils espèrent une extension du mouvement au-delà de leur département afin d’arracher des concessions au ministère", précise Libération. Face au début de révolte, Chatel annonce dans la précipitation des "Etats généraux sur la violence à l’école", qui se tiendront en avril. Grotesque ! Et pourquoi pas un "Grenelle" (sic), ou un comité Théodule ? Le seul vrai remède est pourtant connu de longue date : arrêtez les suppressions de poste, sinistres tartuffes ! Assez de tergiversations : l’UMP s’applique, une rentrée scolaire après l’autre, à grands coups de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, à organiser tranquillement la casse du service public de l’Education nationale. Sur ce sujet comme sur tant d’autres, forçons le gouvernement à arrêter le saccage !

Commentaires

  • Julien
    • 1. Julien Le 22/02/2010
    Ne revennons pas sur la reforme de l'ecole et la suppression de postes. Je pense que pour de nombreuses aggression la presence de surveillants supplementaires ne changerais pas grand choses. Nous avons tous connus les surveillant qui sont de jeunes etudiants et qui n'ont souvent pas le dessus sur de jeunes eleves qui sont de plus en plus violents. Je pense aussi qu'il faut responsibiliser les parents. En effet si l'etat doit prendre en charge l'education des enfants alors pourquoi laisser les enfants avec leurs parents. La proposition de point d'ecoute semble interessant, mais faut-il encore que le jeune enclin a la violence fasse la demarche de s'adresser a ces psychologues. Donc mettre des points d'ecoute oui, mais comment les rendre efficaces la est la vrai question.
  • jackind
    • 2. jackind Le 21/02/2010
    outre le nombre de surveillants a augmenté,il faut aussi prendre en compte les problèmes sociaux des familles (et je ne parle pas seulement dans les milieux dits défavorisés car les milieux aisés sont aussi générateurs de souffrance pour les enfants quand ils sont seuls ou enpermanence laissés à la garde de nourrices)en mettant en place un véritable suivi sans oublier les suivis psychologiques en créant des points écoutes dans chaque collège, lycée mais aussi dans les écoles élémentaires puisque , à présent, la violence est là à ce niveau ,en augmentant les effectifs de la médecine scolaire, véritable interface entre le monde de l'éducation nationale et les relais extérieurs

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