Visite à Béziers mouvementée pour Roselyne Bachelot

Agoravox. 27 avril 2010 par Nozinan

Quand des Infirmiers-Anesthésistes (IADE) s’invitent à une visite ministérielle à Béziers

Les Infirmiers-Anesthésistes Diplômés d’Etat (IADE) se sont invités ce matin à la visite officielle de Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé, à Béziers.
Après la visite de deux cliniques, Mme Bachelot accompagnée par de nombreuses personnalités politiques et administratives s’est rendue au centre Hospitalier de Béziers pour présider une réunion consensuelle et visiter un service de chirurgie ambulatoire.
 
Dès son arrivée, des infirmiers anesthésistes issus du collectif régional du Languedoc Roussillon ont pu lui remettre, ainsi qu’à la presse, une lettre ouverte. Les Infirmiers-Anesthésistes sont en effet grandement lésés dans un protocole censé revaloriser la filière infirmière. Les chiffres sont formels, ce sont ceux qui étudient le plus et qui exercent les plus grandes responsabilités qui sont le moins revalorisés.
 Au gré des déplacements dans la structure, le cortège était baigné de slogans tels que :"Allez vous enfin reconnaitre la profession d’Infirmier-Anesthésiste ?" "Mme Bachelot, les IADE méritent un meilleur traitement !" Au point d’agacer la directrice générale du centre hospitalier apparemment frustrée de ne pouvoir exercer la censure, les agents manifestants n’étant pas de l’hôpital de Béziers. Elle perdit son sang froid en empoignant et en invectivant vivement les manifestants.

Une délégation d’infirmiers-anesthésistes fut reçu par une collaboratrice ministérielle chargée de gérer les partenaires sociaux lors des déplacements.
Les Infirmiers-Anesthésistes semblent déterminés, ils appellent à manifester le 4 Mai 2010

Voici la lettre ouverte :

Béziers, le 26 Avril 2010

Collectif des Infirmier(e)s-Anesthésistes Diplômé(e)s d’Etat du Languedoc-Roussillon élargi

LETTRE OUVERTE à Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé


Madame la Ministre,


Vous n’êtes pas sans connaître la colère qui anime actuellement les Infirmiers-Anesthésistes Diplômés d’Etat (IADE) de France.

Il faut que vous compreniez que les Infirmiers-Anesthésistes, dévoués quotidiennement aux patients, ne peuvent pas rester les bras croisés devant la dévalorisation flagrante que votre protocole inflige à l’ensemble de leur profession.

Au cours de ces deux derniers mois nous avons rencontré nombre d’élus de votre majorité qui partageaient et comprenaient les raisons de notre colère. Les manifestations du 11 et du 30 Mars avec plus de 80% de grévistes sur le territoire, la moitié de la profession dans la rue, le soutien des principales instances médicales, tout cela ne vous a toujours pas fait réagir.

Dans un protocole d’accord sensé revaloriser la filière infirmière en contrepartie de la perte de la catégorie active (accordée par M.Fillon en 2003 !), vous revalorisez le moins ceux qui ont fait le plus d’études et qui exercent les plus grandes responsabilités. De plus, les principes de VAE entérinés par ce protocole laissent présager une perte de notre exclusivité d’exercice, mettant en péril la sécurité anesthésique.

Madame, notre pratique n’est pas anodine, l’actualité en est malheureusement témoin.

Comment, aux degrés de responsabilités exercées, avec les risques que l’anesthésie comporte, peut on ainsi traiter une profession pourtant essentielle à cette activité ?

Quel infirmier voudra se spécialiser, repasser un concours très sélectif, reprendre des études difficiles en mettant sa vie personnelle et familiale entre parenthèses pendant deux années, pour se voir attribuer de grandes responsabilités et ce, sans différence significative de traitement ? Encore une perte d’attractivité de notre statut.

Lorsque l’on vous a demandé, en débat à l’assemblée nationale, pourquoi cette différence de traitement à l’égard des IADE, vous répondiez « ceux-là on déjà été revalorisés en 2002 ».

Nous pouvons vous affirmer, démonstration à l’appui, qu’il n’y eu à l’époque qu’une régression de notre statut. Le dossier « nouveaux IADE 2002 » que nous joignons à cette lettre, reconnu par la direction générale de l’APHP et par votre ministère comme très complète et très sérieuse, en est une preuve flagrante.

Alors que se profilait, avec ce protocole, une reconnaissance attendue depuis si longtemps par notre profession, nous nous sentons bafoués, trahis et méprisés.

Il nous semble qu’il serait pourtant facile pour vous de contenter les 7500 infirmiers-Anesthésistes Français qui oeuvrent quotidiennement pour la sécurité en anesthésie, restant vigilants et rigoureux à chaque instant, comme la discipline l’impose.

Sachez Madame la Ministre que la mobilisation des Infirmiers-Anesthésistes de faiblit pas et tend malheureusement à se radicaliser. Malheureusement pour les patients, pour l’institution qu’est l’hôpital et pour les professionnels eux-mêmes.

Le 4 Mai prochain les Infirmiers-Anesthésistes viendront encore une fois en nombre vous demander justice.

En espérant que vous saurez trouver le temps et la lucidité nécessaire au juste traitement de notre profession, veuillez agréer Madame la Ministre, l’expression de nos salutations.

le collectif IADE LR+

Contact : collectifiade.lr@gmail.com

Rappel des revendications :

Nous exigeons une grille indiciaire à la hauteur de nos compétences et de notre niveau d’étude soit un différentiel de 100 points INM entre les grilles IDE et IADE (25 points par semestres d’études spécialisées).

Nous réaffirmons la volonté de voir notre formation reconnue à un niveau Master (Bac+5), les pratiques avancées ne devant pas en être un pré-requis, et pour cause, notre rôle actuel étant déjà reconnu par les instances médicales et la société savante comme « avancées ».

Le maintien de la catégorie Active.

NB : A ce propos vous laissiez sous entendre à l’assemblée que le passage en catégorie A rendait systématique le passage en catégorie sédentaire. Apprenez que les IADE, pourtant classés catégorie (petit) A, avaient su garder la catégorie active et le caractère de pénibilité de leur profession, octroyés en 2003 par M. Fillon lui même. Le métier aurait-il changé en sept ans pour qu’il perde cette reconnaissance de pénibilité ?

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