Vote par erreur de Lamour : de qui se moque-t-on ?

Plume de presse. 24 octobre 2009 par Olivier Bonnet

 

La taxation des banques ne passera pas !

bdajflBanques : les députés votent une surtaxe "par erreur" titre France Info : "Cela pourrait s’appeler une grosse gaffe : les députés ont adopté une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques en 2010, un amendement dont ne voulait surtout pas le gouvernement. Simplement, parce que l’UMP Jean-François Lamour se serait trompé de bouton... Mais, mal voté ne veut pas dire adopté : il devrait y avoir un nouveau vote. Le gouvernement pourrait en effet obtenir gain de cause, puisqu’il a la possibilité de demander une seconde délibération... après cette "erreur technique". Explication plus complète dans L’Obs.com : "L’amendement 48, auquel s’oppose la ministre de l’Economie Christine Lagarde, avait dans un premier temps été adopté par 44 voix pour et 40 contre. Mais le député UMP Jean-François Lamour, qui votait pour deux, a ensuite indiqué s’être trompé de bouton. Ce dernier a fait rectifier le vote, aboutissant à une égalité (42 pour, 42 contre) Conséquence : l’amendement sera soumis à un nouveau scrutin lundi." Triple Bonnet d’âne, dont un doublé pour Jean-François Lamour. D’abord, il assume une fausse manipulation grotesque. Incapable de réussir une opération aussi simple que choisir entre oui et non : de quoi, déjà, passer pour un crétin. Mais là où ça touche au sublime, c’est quand on se penche sur les propos de Lamour durant le débat parlementaire :"On peut le dire, les banques se sortent très bien de cette affaire, à tel point qu’on entend deux choses : elles reviennent vers leurs profits et, excusez-moi Madame la ministre, elles font des provisions pour payer des bonus à leurs traders. (...) Et je ne vous cache pas, Madame, que c’est particulièrement irritant." Voilà donc un Lamour qui explique pourquoi il va voter en faveur de la taxation des banques, qui vote effectivement pour, puis qui prétend soudain s’être trompé. Heureusement que le ridicule ne tue pas, ni l’absence totale d’amour-propre. Notre troisième Bonnet d’âne va aux médias : nulle part nous ne lisons que la volte-face du député est en contradiction flagrante avec le débat ayant précédé le vote et personne n’en tire donc l’hypothèse logique de pressions gouvernementales pour le pousser à se renier et, ainsi, faire procéder à un nouvelle délibération. En violation de l’article 68 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, alinéa 4 : "Aucune rectification de vote n’est admise après la clôture du scrutin". En invoquant une "erreur technique", le Pouvoir réalise en fait un coup de force. Il va faire revoter, cette fois dans le sens voulu : un véritable déni de démocratie. Ou alors Lamour fut-il pris de remords, une fois qu’il a constaté que la mesure passait grâce à lui, sans que quiconque ne l’y pousse ? Peu probable. Mais toujours davantage que cette farce du vote "par erreur" ! De qui se moque-t-on ?

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