Quand l'Etat fait interner les militants, sans procès, sans recours...

Le Lot en Action. 30 mars 2012 par Bluboux

enfermement-pshychiatrique-sans-consemtement-2.jpgLundi dernier (26 mars), un militant défenseur de l’environnement a été arrêté, lors d’une action non violente pour protester contre la décision de la municipalité de déclasser une zone Natura 2000, et est depuis interné de force dans un hôpital psychiatrique et mis à l’isolement. Tout ceci sans aucune possibilité ni de se défendre, ni de voir un avocat… C’est une des conséquences directe de la loi du 5 juillet 2011 concernant les hospitalisations psychiatrique sans consentement. Vous trouverez ci-dessous le communiqué publié par la LDH du Languedoc-Roussilon.

enfermement-pshychiatrique-sans-consemtement-1.jpgCe type de réaction, de la part des forces de police et des élus est malheureusement de plus en plus fréquent. Cette loi votée au moment des vacances n’est qu’un outil de plus dans l’incroyable dérive sécuritaire à laquelle nous assistons. Les dénis de démocraties s’enchainent (songez qu’en Grèce et en Italie les chefs du gouvernement n’ont pas été élu mais « placés » par  la fameuse troïka), les libertés et droits individuels sont piétinés et nous assistons à ce qu’il convient de définir comme une prise du pouvoir par l’oligarchie financière. Les dictatures constitutionnelles sont en train de s’installer en Europe.

Il est urgent de réagir. Vous trouverez à la fin du communiqué de la LDH les contacts de la mairie de Loupian…

 

Communiqué de la LDH

Lundi 26 mars 2012, un militant défenseur de l’environnement s’est rendu à la mairie de son village vers 18 h, ayant appris que le maire de la commune avait demandé le déclassement de l’unique zone terrestre Natura 2000 du village. Il a alors entamé une action non violente dans les locaux de l’hôtel de ville en s'enchaînant à un puits.

Elus, gendarmes et pompiers se rendent sur place et décident, bien que l'action se déroule dans le calme, de l'hospitalisation d'office du militant par arrêté municipal !

60 heures plus tard, personne n'a pu communiquer avec ce militant. La municipalité refuse toute information. La gendarmerie indique que l'action troublait l'ordre public et que le militant présentait un danger... pour lui-même.

Depuis la promulgation de la nouvelle loi du 5 juillet 2011, sur les hospitalisations psychiatrique sans consentement, des situations analogues sont malheureusement de plus en plus fréquentes envers les militants ou les syndicalistes. En effet, tous les « troubles à l’ordre public » peuvent être dorénavant psychiatrisés, solution de facilité qui entraîne une privation de liberté pendant au moins 48h.

A l'heure actuelle, il n'est pas possible d'accéder au dossier de cette personne, seule autorisée à accéder aux pièces et de fait dans l'impossibilité de communiquer.

C’est une atteinte considérable portée aux libertés et aux droits sociaux. De nombreuses organisations signataires de l’appel commun contre les soins sécuritaires dénoncent avec force cette loi liberticide, entre autres : la Ligue des Droits de l’Homme, l’Union Syndicale de la Psychiatrie, SUD santé sociaux, le Parti de Gauche ou le Parti Communiste.

La section de la Ligue des Droits de l’Homme « Loupian et les communes du Nord du bassin de Thau » et la LDH Languedoc Roussillon condamnent cet internement.

De telles pratiques s’inscrivent dans les dérives autoritaires actuelles et ne sont pas compatibles avec un Etat de Droit.

Nous exigeons que cette privation de liberté cesse le plus tôt possible.

Pour contacter la Mairie de Loupian : 04 67 43 82 07

Adresse courriel : mairie@loupian.fr

 

Pour en savoir plus :

Psychiatrie : une loi à rendre fou

http://www.liberation.fr/societe/01012352239-psychiatrie-une-loi-a-rendre-fou

"La loi sur la psychiatrie est absurde, incohérente et inapplicable !"

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/28/la-loi-sur-la-psychiatrie-est-absurde-incoherente-et-inapplicable_1498654_3232.html

La nouvelle loi sur la psychiatrie suscite déjà de vives tensions. Entrée en vigueur le 1er  août, la nouvelle loi sur les soins psychiatriques impose le contrôle systématique, par un juge, des hospitalisations sous contrainte.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/La-nouvelle-loi-sur-la-psychiatrie-suscite-deja-de-vives-tensions-_NP_-2011-08-02-695213

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